Archives de catégorie : Vie de la cité

Kronix de Vix

Les guinguettes ont leur show radiophonique sur Radiomarais.fm chaque mois afin d’illustrer une des facettes de l’univers Rosa Bonheur.

Depuis son lancement en décembre 2015, le show de deux heures coanimé par Zouzou Auzou et Damien Raclot a permis de développer quelques sujets chers aux guinguettes Rosa Bonheur.

Mercredi 21 décembre, place à la fête sur la Seine !

À l’occasion de la création du Groupement des Établissements Culturels des Berges de Seine, association cofondée par Aurélien Dubois (Concrète), Ricardo Esteban (Petit Bain) et Michelle Cassaro (Rosa Bonheur sur Seine), qui unifie le discours des établissements de la Seine.

Au programme : de la fête, du clubbing et retour sur la parade fluviale de la Nuit Blanche 2016 avec Fabrice Hyber.

Un aperçu de la parade de la Nuit Blanche

 

Plus d’infos

C’est la fête à la Seine

La Seine coule à Paris en traçant une jolie courbe constellée de « bateaux mouches » drainant 10 millions de visiteurs par an, dont beaucoup saluent joyeusement les promeneurs et les fêtards.
Ceux ci sont de plus en plus nombreux avec la reconquête des Berges entamée par la Mairie de Paris sur les deux rives et sur certaines portions.
La Concrete installée sur Le Ponton a vraiment placé la Seine sur l’axe Berghain / Ibiza. D’autres barges, péniches et établissements à quai en fixe participent à ce mouvement de fond. Bien d’autres exploitants, comme Rosa Bonheur sur Seine, le Flow, La Javelle et bien d’autres attirent les visiteurs pour des afterworks, soirées, concerts et guinguettes.
Il était temps que les exploitants de la Seine se mettent en réseau avec l’appui de leurs syndicats respectifs afin de parler aux différentes tutelles de la Seine.

Communiqué –  Création du « Groupement des établissements culturels des berges de la Seine »

L’association a pour objet de représenter les acteurs et établissements culturels exerçant une activité sur les berges de la Seine, auprès des autorités administratives, collectivités locales ou établissements publics, opérateurs de l’État, Chambres consulaires, syndicats. De défendre les droits et les intérêts communs de ses adhérents et en particulier contribuer à dynamiser la vie culturelle des berges de la Seine. De réaliser des animations communes et de mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires à leur réalisation, de les promouvoir et de les valoriser. En toutes circonstances, l’association inscrit son projet dans une dimension d’intérêt général, en s’ouvrant aux acteurs exerçant une activité culturelle sur les berges de la Seine.

Membres Fondateurs :
Le premier Président est Aurélien Dubois (Concrete)
Le premier Trésorier est Ricardo Esteban (Petit Bain)
La première Vice-Présidente est Michelle Cassaro (Rosa Bonheur sur Seine)

Le Groupement des établissements culturels des berges de la Seine est ouvert à tous, pour devenir membre et se joindre aux activités, il faut en faire la demande selon la procédure communiquée aux candidats.

Contact : Aurélien Dubois

Crédit photo : Catherine Balet

Gardons la foi (en la chose publique)

Nous avons vécu notre 11 septembre. Ce début d’année est une douleur pour les humanistes, les amoureux de la liberté, les laïcs et tout être humain doué d’un minimum de raison.

La France a eu une déclaration de guerre en bonne et due forme, comme l’affirment certains politiques avec les meurtres de la rédaction de Charlie Hebdo, d’une policière municipale de Montrouge (aux abords d’une école juive) et de quatre otages de l’épicerie casher de la porte de Vincennes. La description des faits par la collaboratrice de Charlie Hebdo est flippante et démontre bien que les deux fanatiques, même si l’un d’eux a des « yeux si doux » (la mort est belle alors ?), exécutent un plan de sang froid. Après les manifestations nationales de compassion générale, que faire ? La peine de mort pour les fanatiques ? Bombarder DAECH ? Adopter notre « Patriot Act » ?

Donc, gardons la foi en la chose publique, en la République, en les autres et en soi.

Et ce ce n’est pas que je suis optimiste dans le genre humain, capable du meilleur comme du pire, que ce billet – vœux sont illustrés par cette création pictographique de mon grand père, André Le Manchec illustrant une vanité (en quelque sorte).

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La tribune de Rama Yade publiée dans Le Monde le 14 janvier 2015 est pleine de bons sens, extrait :

Enfin, la France a cru faire plaisir à sa jeunesse en l’inondant de libertés et en renonçant à la discipline. Et c’est dans des entraînements militaires éprouvants dans les montagnes arides que cette jeunesse supposée paresseuse a trouvé à se réfugier! Les adultes n’ont pas compris ce besoin de discipline et d’autorité lorsqu’ils ont supprimé le service militaire.

Sans vouloir revenir sur la suppression du service militaire, celui-ci offrait un cadre identique pour tous les appelé-e-s (les femmes pouvaient être volontaires) et servait de liant depuis la Révolution. Aujourd’hui, alors que les gouvernements usent et abusent des interventions militaires à l’étranger, l’armée n’est pas le cadre adéquat, quoi que…

Dans un premier temps, généraliser le port d’un uniforme obligatoire dans les écoles publiques pourrait être une idée pour réduire les différences existant entre les élèves. C’est en usage dans énormément de pays et pas simplement dans des pays dictatoriaux. Sparte arrachait les enfants aux familles pour les éduquer. Là l’État arracherait les scolaires aux griffes des distinctions religieuses et soulagerait un peu les familles des coûts prohibitifs des modes, récurrentes chez les ados.

Il ne serait pas inutile non plus de prodiguer un minimum de théologie, un cours sur les religions, histoire de ne pas aussi abandonner les enfants à leur obscurantisme respectif. Dans un État laïc qui ne sait pas accompagner la construction de mosquées indépendantes et qui ne sait pas quoi faire des milliers d’églises vides, ces cours de religion rempliraient un espace que les familles remplissent à leur manière, les écoles confessionnelles se portent bien.

Cet escogriffe d’André Malraux n’avait il pas dit que le XXIème siècle sera mystique ou ne sera pas ?

Le business gay n’est plus

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Cela pourrait être un article à la Perrec (« je me souviens, je me souviens… »), le business gay, c’est un rainbow flag sur Sunset Boulevard entouré de boutiques sur 500 mètres ou dans moult quartiers « libérés » dans les pays démocratiques. C’est aussi des pubs de grandes entreprises qui précisaient qu’elles avaient toutes des gays et des lesbiennes pour faire plaisir à leur clientèle. Il semble que ce parfum des eighties a disparu avec la crise, mais pas que.

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Un projet fort intéressant a été lancé il y a deux ans par un ami collaborateur de cabinet à la Ville de Paris, aussi utopiste que génial dans le travail, : pourquoi ne pas réunir les acteurs CHRD (café, hôtel, restaurant & discothèque) et de la nuit LGBT parisiens pour qu’ils mettent en place des actions communes pour promouvoir la destination « Paris » envers les LGBT européens ? Aide toi, le ciel t’aidera. Cette devise marche aussi pour les personnes dites sensibles.

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Une formalité penseriez vous ? Non, mieux vaut traverser l’Atlantique sur un Tampax en guise de bouée que de faire comprendre l’intérêt d’une action commune aux exploitants de lieu, organisateurs de soirée et autres entrepreneurs gay de la capitale. Un tel projet aurait du être porté tout naturellement par le SNEG, le syndicat national des entreprises gay. Cependant, celui-ci n’ayant pas de vision stratégique ou pas les moyens humains de travailler à long terme, alors que la crise devrait l’y pousser (sic) depuis des années, n’a pas répondu aux sollicitations de notre utopiste, collaborateur d’un élu distribuant pourtant quelques subventions aux organismes légitimes dans leur secteur.

Les personnes de la « nuit gay » ont été réunies plusieurs fois par notre héraut de la cause commune dans un lieu neutre et institutionnel. Ceux ci n’ont pas réussi à avoir de vision stratégique de leur propre intérêt, préférant imaginer organiser des soirées alors que le rôle d’un syndicat n’est pas de se substituer à ses adhérents (n’est ce pas ?). Le plus gros problème est que très peu par mi la petite vingtaine de protagonistes ont dépassé leur rancœur et rivalité.

Peut être que le casting n’était pas le bon ou qu’il ne faut pas demander aux intéressés d’inventer par eux-mêmes la bouée qui les sauvera de leur propre naufrage ? Tanpis pour la scène gay parisienne, elle restera un marécage dans un Marais, qui se rétrécit comme une peau de chagrin, comme l’a rapporté le dossier de mars 2013 sur le Marais du Nouvel Observateur. Les lieux gay ont tendance à se fondre dans la masse. Cette évolution est logique au regard de l’égalité des droits.

C’est donc un constat désolant que Tetu n’a pas reporté, vu que le projet est mort né. L’association Paris Gay Metropole n’a pas eu le temps de se développer à cause de maux multiples. Les dissensions, le dédain, l’indifférence, la passivité, la parano, etc. (liste non exhaustive) ont eu raison d’une dynamique communautaire et unitaire. Le dépassement de soi dans une action somme toute pas plus complexe qu’une association de commerçant de quartier d’une bourgade rurale est impossible. Il est désolant de constater que seuls le VIH ou l’homophobie fassent l’unanimité.

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Par dessus le marché, ajoutez l’avenir incertain du magazine Tétu, le magazine que Pierre Bergé a pouponné depuis sa création en juillet 1995. Ce porte voix du célèbre homme d’affaire, qui a repris son titre au fanzine de Loïc Prigent (rendons à César ce qui est à César), disparaît également dans les volutes de la chimère du « marché gay ». La page Wikipedia précise même en introduction de l’article que le titre perd 1,5 M €/an… Rassurons nous, il restera des blogs animés par des passionnés, des sites et applications mobiles de rencontres (qui feront déserter les fameux « lieux de convivialité » gay) et des joies et des pleurs dans les chaumières. Aujourd’hui, on pense plus au mariage et à l’homo-parentalité qu’au marché gay. Notre époque voit un vrai repli sur soi d’individus ayant peur d’un monde qui leur échappe.

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Une note optimiste quand même : la nuit parisienne se porte bien. Plus de trois ans après avoir lancé la pétition « Paris, quand la nuit meurt en silence » avec Éric Labbé et Matthieu Jaussaud, on peut dire que la vivacité est réelle, malgré un manque de place, des tarifs encore élevés et une mobilité nulle des Parisiens en Ile de France. Dans ce paysage, les gays ont disparu.

Crédit : https://twitter.com/OGGD

Paris et la nuit avec Bertrand Delanoë

Mardi 2 octobre 2012, dans une des salles de la mairie du 4e arrondissement, Bertrand Delanoë entouré de plusieurs adjoints, dont Anne Hidalgo, Mao Peninou, Bruno Juillard, etc., et d’un sociologue a développé son bilan sur la nuit face à des riverains plus ou moins fantasques, des professionnels inquiets et des électeurs curieux. Certains semblent le pister, allant de compte en rendu en compte rendu public en mairie d’arrondissement (2014 approche). Rappelons que la nuit avait mal commencé lors de la Nuit Blanche en octobre 2002…

Heureusement, ce fut léger. Malgré cette agression, la maire va à l’encontre du public avec aisance, même si son approche reste ardue (ceci explique peut-être cela). Cette pratique du compte rendu de mandat (ici un chat bien adapté à la parole municipale) a été initiée est tout à son honneur, ce n’est pas la « démocratie participative » de Ségolène, mais de la politique locale. Le Maire démontre une bonne connaissance des dossiers. Sans notes, il arrive à remémorer des faits et des engagements de mandat, même s’il évite de justifier des engagements de dépense.

Le constat principal est que le maire a pris partie. Il a houspillé deux riveraines acharnées des Halles et de la Butte aux Cailles, qui réclament un « couvre feu » face à cette ville bruyante et insupportable (une blague quand on connaît la destination ancienne des Halles). Delanoë est partisan d’une cohabitation avec la vie nocturne et a rapporté son expérience. Sa mère était infirmière de nuit et avait du mal à récupérer le jour. Plus jeune, il se couchait à l’heure où il se lève actuellement (5h30). Ces témoignages ont décrispé l’assistance, qui en avait un peu besoin. Nous avons eu droit aussi à un plaidoyer concernant l’Hôtel Dieu par des médecins de c et hôpital en décrépitude.

À ses côtés, on sentait que seul Mao Peninou, adjoint devenu « Monsieur Nuit » de la Mairie, était à l’aise avec le sujet, ce qui n’était pas le cas de l’hôte de séant, Christophe Girard, devenu maire du IVe arrondissement par la grâce municipale, qui avait quelque peu boudé les séances des États Généraux de la Nuit en 2010. Quant à Anne Hidalgo, elle reprit le fil après le départ du Maire et nous parla des Berges de Seine, le chantier emblématique de la seconde mandature.

Ce débat, que le blog de Cyril Marcant détaille avec brio, n’apporte pas de révélation particulière, juste la garantie d’un intérêt plus que certain à la vie nocturne sans que la dimension touristique soit développée, alors que c’est la première activité économique à Paris. Deux mesures phares des États Généraux ont été exposées (les Pierrots de la Nuit et les mesures de bruit dans 5 quartiers), oubliant du coup les commissions de médiation exploitants/riverains/Ville de Paris/Préfecture de Police.

Il est quand même très démocratique de constater que la mesure la plus importante, les inénarrables Pierrots, n’aient pas fait l’objet d’un quelconque débat lors des États Généraux, serait ce une résurrection du « centralisme démocratique » ?

Crédit : https://twitter.com/OGGD Photo par OGGD feels Good

Démonstration de la réussite du débat, le hashtag #CRM2012 a grimpé dans les charts du tweet français dans la soirée.

Nos amis du Zéro Zéro, le bar le plus cool de Paris, ont posé la question des abus de plainte des riverains au Maire (voir ici). Le Maire a pris l’engagement d’une médiation avec le commissariat et Sandrine Mazetier, député de la circonscription, qui avait déposé un projet de loi pour une « urbanité réussie, de jour comme de nuit« .

Le compte rendu du mardi 2 octobre sur le site de la Ville de Paris.