Archives de catégorie : Vie de la cité

Dix ans Rosa Bonheur

La guinguette Rosa Bonheur fête ses dix ans aux Buttes Chaumont.

En 2008, le Conseil de Paris votait l’attribution de la concession au projet qui prit le nom de l’artiste Rosa Bonheur. En quelques dates, parcourez l’histoire d’une guinguette qui a voulu faire autrement.

Tout commença fin juillet 2008, Mimi obtient les clefs du pavillon ex Weber, ex du Chemin de Fer.

Jeudi 2 août c’est ‪#RosaBonheur10ans‬ ! Dix ans de guinguette aux Buttes Chaumont avec le nom d’une artiste incroyable. Le livre de Suzette Robichon permet d’en savoir plus sur son héritage. Commander le Testament de Rosa Bonheur.

En 2008 Madame Figaro fait le premier article de fond sur le projet Rosa Bonheur ainsi que d’autres nouveaux lieux de l’Est Parisien, mais d’autres comme Telerama font le lien avec Le Pulp.

En 2009 l’équipe de football La Rosa Bonheur Team gagne la coupe du Tournois International de Paris pour la 1ère fois. L’équipe continue de vivre et participe cette année aux Games Games Paris 2018. La guinguette est moderne et sportive comme dit Mimi !

2010 la guinguette a comme Chef Armand Arnal de La Chassagnette On fait même rôtisserie cet hiver, Céleste s’occupe des rôtis ! Le Fooding vient festoyer avec des stars comme Arielle Dombasle et le ministre de la Culture Frédéric Mitterand remet les prix. Article de l’Express.

2011 Le 20 avril la guinguette lance sa cuvée en quatre couleurs et se sert de la contre étiquette pour éduquer nos clients sur l’artiste Rosa Bonheur et ses valeurs. Depuis la cuvée n’a pas démérité avec son champagne, ses vins de Languedoc, Camargue et du Var.

2012 Le 8 mars on organise une Journée Internationale des Droits de la Femme avec la présentation de la biographie Gonzague Saint-Bris (RIP)

2013 la guinguette dit banco à Julie Navarro artiste plasticienne pour créer le Bal Extravadanse Senior, qui mélange fête et performance artistique avec les seniors du 19e arrondissement Mairie du 19e arrondissement de Paris. Ce Bal est un tel succès que le Centre Pompidou a également son édition depuis deux ans !

2013 8 mars de nouveau une grande journée avec la compagnie de Corinne Merle qui propose le Festival Féminin Itinérant avec la pièce Bouton de Rose.

2014 Numa est un de nos DJs chouchou qui sait allier les différentes influences typiques des fêtes du Midi. Sa soirée Cigalou voit se succéder de nombreux artistes que nous aimons comme Patrick Vidal, Pedro Winter, DJ Sundae, Céline de Sundae, Romain Bno, Marco Dos Santos et bien d’autres.

2015 la guinguette fait son Grand Concours de Pétanque avec le club des Buttes Chaumont chaque été, une occasion d’offrir aux habitués des terrains de la rue Botzaris de festoyer.

2016 les soirées Pulp Is Back rappellent l’attachement de la guinguette aux musiques électroniques et n’ont lieu que quelques fois dans l’année avec des artistes amis. Avant son succès avec le film 120 BPM, Arnaud Rebotini s’est produit au Rosa Bonheur.

2017

1/2 La guinguette adore l’électro et vous régale le 21 juin comme en 2017 avec Pedro Winter, Numa et Melle Caro.

2/2 La guinguette, c’est aussi du partage comme lors de la Fête de la Gastronomie vendredi 23 septembre avec la collaboration avec l’association La Mie de Pain et le chef Gérard Cagna qui permit la distribution de repas à 150 personnes dont des réfugiés.

Et maintenant, place à l’anniversaire !

Et bien maintenant dansez !

Visuel extrait de l’instruction ministérielle.

Un bon matin de juin, baigné de soleil à un jet de pierre de l’Élysée, un texte révolutionnaire dans le rôle de l’État sur l’accès à la culture est présenté à plusieurs organisations professionnelles du spectacle vivant privé et subventionné et de la fête libre (Freeform) par le préfet délégué à la sécurité du tourisme, Étienne Guepratte. Il lui semblait assez naturel de présenter un texte déjà publié au Journal Officiel (en date du 18 mai) par l’Intérieur n’ayant pas été discuté avec les principaux destinataires en amont. C’est ainsi que « l’instruction ministérielle relative à l’indemnisation des services d’ordre » est imposée sans le moindre froncement de sourcil. On était juste là pour discuter de son application.

Les représentants des principales organisations, comme le Prodiss, Syndeac, le SMA / Syndicat des Musiques Actuelles, Profedim, etc. n’avaient pas tous le texte et donc n’avaient pas eu le temps d’en prendre connaissance. Un ange est passé avant que des questions osent être posées.

C’est un changement de « paradigme » total, du moins d’approche. Non seulement André Malraux est enterré, mais Jack Lang est balancé dans le Panthéon de la politique culturelle de notre beau pays. Alors que le ministère de la Culture s’est efforcé depuis 20 ans à démontrer l’impact des industries et la place de l’emploi culturel dans le PIB, le gouvernement actuel fait fi de cette réalité pour imposer cette mesure. Faire payer des forces de l’ordre n’est pas nouveau, le systématiser avec un texte « usine à gaz » digne d’un jeune technocrate sent le délire intellectuel et l’utopie.

La logique est la suivante : la culture est la première cible des attaques terroristes et doit être aussi la première à payer. Le texte oblige le client à assurer les forces de l’ordre pour les dommages causés aux tiers, d’ordinaire l’État est son propre assureur. La grille de tarifs se base sur un précédent arrêté de 2011, M Guepratte a insisté sur la non inflation. Un entretien préalable doit absolument avoir lieu entre le préfet ou son délégué à la sécurité pour discuter des mesures à prendre. Néanmoins, ce n’est pas un dialogue classique avec un prestataire lambda vu qu’il n’est pas possible de déroger aux mesures de police. Un refus signifie l’annulation de l’événement, surtout quand le devis tombe à quelques jours… Une personne physique peut signer, disposition indispensable pour les 4000 free parties recensées en France. Il y a aussi l’idée d’un « bouclier tarifaire » pour les manifestations non lucratives déjà facturées, qui limite l’augmentation à 30%. Un guide méthodologique devrait suivre. On sent bien que ce texte n’a pas été hautement discuté avec le ministère de la Culture et les professionnels concernés.

Une circulaire du ministère de la Culture doit suivre vu que le ministère ne co signe pas l’instruction de l’Intérieur… Ce communiqué tente de rattraper ce qu’on peut quand même qualifier une gaffe politique en pleine saison des festivals.

L’idée que la culture soit accessible à tous s’évapore, seuls les individus capables de payer des billets démentiels du fait des cachets mirobolants des artistes en tournée et des coûts de sécurité.

Ainsi les Eurockéennes voient la facture « force de l’ordre » subir une inflation de 800% :

« Les Eurockéennes de Belfort, l’un des plus grands festivals indépendants capable d’attirer 130.000 personnes, voient leur facture de «prise en charge du service d’ordre» passer de 30.000 à 254.000 euros. Une augmentation colossale de 800% dont n’ont pas encore conscience tous les festivals » (source : Le Figaro).

Par dessus le marché, le fonds d’urgence pour aider les acteurs culturels à supporter le poids sécurité après les attentas de 2015 se voit réduit à 4 M€ et ne sera pas reconduit en 2019.

Pour les acteurs de la fête libre, le texte est juste inapplicable, il est requis une police d’assurance tant pour les dommages causés aux tiers (RCO) que pour assurer les forces de l’ordre.

La première application connue est l’ardoise de 450 000 euros adressés au festival Microclimax alliant édition indépendante et musiques indépendantes. Il faut préciser que ce festival totalement réalisé par des bénévoles attendait 450 personnes par jour, waouh ! Extrait du site du festival :  » Le 7 juin, la municipalité de l’Ile de Groix interdit la manifestation, puisque l’association n’est pas en mesure de financer 40 agents de la gendarmerie sur trois jours. (Coût du dispositif 19 800 euros minimum). » Source

Niveau politique, seuls Jack Lang et le sénateur Cabanel se bougent. Le sénateur du Gard pose une question * au Gouvernement sur le sujet (à suivre ici). Comme disent certains hérauts gouvernementaux, ils reflètent « l’ancien monde ».

Histoire à suivre donc. Et comme disait madame la Marquise à ses manants : « Et bien dansez maintenant ! ».

* La question du sénateur Cabanel : Question n° 06092 adressée à M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur  À publier le : 12/07/2018 
Texte de la question : M. Henri Cabanel appelle l’attention de M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur, sur les très vives inquiétudes suscitées au sein du monde des festivals et plus généralement chez tous les organisateurs d’événements culturels et sportifs par l’instruction ministérielle du 15 mai 2018 relative à l’indemnisation des services d’ordre. Cette instruction précise dans un sens rigoureux les modalités d’application de l’article L. 211-11 du code de la sécurité intérieure qui dispose que « les personnes physiques ou morales pour le compte desquelles sont mis en place par les forces de police ou de gendarmerie des services d’ordre qui ne peuvent être rattachés aux obligations normales incombant à la puissance publique en matière de maintien de l’ordre sont tenues de rembourser à l’État les dépenses supplémentaires qu’il a supportées dans leur intérêt ». Dans la réponse publiée au Journal officiel du Sénat du 5 septembre 2013 (p. 2573) à la question écrite n° 4575 publiée le 7 février 2013, le ministre de l’intérieur indiquait alors que « ces conditions de facturation visent à limiter au strict nécessaire l’intervention des forces de sécurité ». Il apparaît que cette facturation était aussi liée à un objectif de responsabilisation financière des organisateurs d’événements. Dans le contexte créé par la menace d’attentats islamiques et marqué par des risques de mouvement de panique, personne ne comprendrait qu’il soit lésiné sur les moyens permettant d’assurer le service d’ordre des événements. Les obligations à cet égard ont d’ailleurs été renforcées et sont définies par l’État et les préfectures. Dès lors il paraît inadapté de faire peser sur les organisateurs d’événements le coût d’un recours accru aux forces de sécurité dont la décision leur échappe. La menace économique est grande pour les événements culturels ou sportifs, emportant localement de graves conséquences économiques ou sociales. Le monde des festivals est particulièrement menacé. Les organisateurs seront financièrement asphyxiés. L’adaptation de leurs tarifs se ferait au détriment du pouvoir d’achat des spectateurs. Des événements emblématiques d’identités culturelles locales risquent de disparaître à un moment où les événements qui créent de la cohésion sociale sont plus que jamais nécessaires face à l’obscurantisme. Les collectivités territoriales s’inquiètent légitimement de cette menace financière contre ce qui fait leur attractivité culturelle et touristique, et qui permet de générer des emplois. Il lui demande s’il compte adapter son instruction afin que les coûts des mesures de sécurité imposées ne mettent pas en péril les festivals et les événements culturels et sportifs ou s’il envisage de renforcer les moyens de financement auxquels peuvent recourir les collectivités territoriales ou les organisateurs.

GHB crisis

Notre époque connaît plusieurs types de désastres sanitaires. Certains sont générés par notre hyper exploitation des ressources naturelles, tels les corticoïdes, d’autres par le moteur à explosion et d’autres encore par notre désir de fuite, de plaisir, voire d’auto destruction. Il est super triste de voir des jeunes mourir par la méchanceté / cupidité de tiers, comme cela vient d’arriver au fils d’une amie, qui avait 23 ans et qui n’était pas un habitué de ce genre de produit. Il suffit qu’un débile file du GBL / GHB dans une bouteille d’eau pour que la dose soit létale et que la personne qui l’absorbe soit victime d’un AVC. Dans le cas présent, au bout de deux semaines de coma, les médecins ont débranché la victime des faits survenus au Petit Bains , les séquelles dus au manque d’oxygène étaient irrémédiables.

C’était le 3e fait relatif au GHB identifié dans un club parisien depuis décembre. Le Collectif Action Nuit (groupement de plusieurs organisations professionnelles de la Nuit) a écrit aux ministres de la Santé et de l’Intérieur pour qu’une réponse sanitaire soit trouvée à un problème de santé publique. Fermer les lieux ne poussera que les usagers vers plus d’illégalité et encore moins de prévention, comme cela se passe gaiement avec le ChemSex, qui tuerait près de 40 individus en France chaque année selon une source journalistique. Combien de morts sur le dancefloor faudra t il pour que les autorités froncent un sourcil ? Là est la question.

L’article de Slate écrit par le journaliste Sofian Aissaoui a fait une vraie enquête de terrain et reprend au mieux nos principales interrogations.

Il faut croire qu’en 2018, il est de plus en plus dur d’avoir des réponses des politiques, même quand on agit au nom d’une organisation patronale.

Source : Plus Belle La Nuit association de réduction des risques basée à Marseille

Pour en savoir plus :

Fiche produit Drogues Info Service

War on Drugs in Paris ?

Petite réaction à chaud à la lecture d’un article du Parisien, qui fait une concurrence de dingue à la ligne éditoriale de Bernard de la Villardière. Le Parisien pond des articles qui sentent bon l’Angleterre des années Thatcher et Major 30 ans après la vague Acid House des années 1988 / 1990, Vice UK a résumé cette campagne d’opinion digne de la première série House Of Cards (l’anglaise, pas la ricaine).

L’article du 14 mars sur les quais de Seine

Il est donc question de la la consommation sur les quais vers la Cité de la Teuf, le vrai nom de la Cité de la Mode, que Sarkozy nommait comme « le truc vert de Delanoë ». Ce bâtiment audacieusement réhabilité par Jacob et Mc Farlane et exploité par la Caisse des Dépôts a totalement raté sa vocation, aucune boutique, aucun défilé régulier, juste l’Institut Français de la Mode, la meilleure école pour se lancer dans le business de la mode en France. Par contre, il y a juste cinq établissements festifs, deux sur le quai, Nuits Fauves et Garage, le Wanderlust en rdc niveau rue et deux rooftops, Café Or et Communion, et pas d’action sur le périmètre, lui même relié de fait à tous les établissements festifs et culturels du quai François Mauriac devant la BNF.

Cet article fait fi des actions d’information et de réduction des risques existantes et reflète l’état de l’opinion sur la question de consommation de drogues en milieu festif. Il est tout à fait possible de réduire les risques comme le fait le Garage avec la sécurité et de mener des actions de communication envers la clientèle. Paris a la chance de disposer de Fêtez Clairs, qui est un groupement d’actions concernées par la réduction des risques en milieu festif.

L’État ignore encore l’information sur les produits toxiques, comme si la santé des consommateurs n’avait aucune importance. C’est ridicule et désolant de voir que la guerre aux drogues permet au Parisien de choquer l’électeur FN qui sommeille en nous et d’omettre les actions positives sur le sujet.

La mise en place d’une amende pour la consommation de stupéfiants décidée par Macron et Collomb est une étape importante, tout comme le rapport des députés Pouillat et Reda sur la question.

La nuit a la Gaule – Rencontres Européennes de la Nuit 2018

Alors que fleurissent de nouveau à Paris les fermetures administratives, La Machine du Moulin Rouge en est un exemple manifeste et désolant, les acteurs professionnels CHRD, Nuit et Live se réunissent en grand conciliabule dans la capitale des Gaules à l’occasion des Rencontres Européennes de la Nuit. Il y a aussi une partie publique avec les Nuits du Futur en partie public jeudi 1er février au soir.

L’ambition est grande de l’EuroCouncil of the Night : « avant de rêver, il faut d’abord comprendre » ! 10 groupes de travail s’attacheront à fignoler des propositions sur les sujets suivants : santé publique, voisinage, règlementation, Europe, fiscalité, politique culturelle… Un livre blanc sera proposé dans l’année en guise de viatique pour faire du tourisme nocturne une source d’emplois (non délocalisables) hors de l’instabilité juridique que la France ne connaît que trop bien. Moralité, malgré tous ses défauts, des spots comme Londres et Ibiza restent des destinations de prédilection pour les investisseurs. Il est en effet toujours délicat de consolider des investissements quand le pouvoir discrétionnaire d’un fonctionnaire peut rayer de la carte un projet économique. Dans la plupart des pays européens, il faut un juge pour décider de la fermeture d’un établissement et du chômage de ses salariés.

Rendez vous à Lyon jeudi 1er et 2 février 2018