Une Ecole des DJ paradisiaque

Sur invitation de Pascal Tassy, directeur de l’École des DJ / UCPA, j’ai fait une intervention sur la Techno Parade jeudi 16 juin dernier à l’École des DJ du Normandoux (près de Poitiers) créée par l’UCPA avec le soutien de l’UMIH (1er syndicat en France pour les CHRD). L’intervention portait sur deux sujets : la Techno Parade et les nuits parisiennes. Il était question de faire un témoignage utile pour la quarantaine d’apprentis de l’École pour leur future carrière.

Avec le diaporama extrait de la rubrique historique de technoparade.fr, les apprentis ont écouté avec attention les raisons de la création de la « manifestation festive & revendicative », le mode opératoire en matière technique et administrative et la présentation du Guide du Chariste de l’édition 2016. Les apprentis ont été nombreux à savoir comment réaliser son propre char. Il semblerait que la production d’un char « École des DJs » suscite de l’intérêt et serait un projet excitant pour les quatre promotions des écoles, en effet il y a deux sites pour l’école, Lyon (site historique) et le Normandoux.

La présentation des nuits parisiennes a été illustrée par la présentation réalisée pour la table ronde sur le dynamisme de la scène électronique en Ile de France avec le RIF en septembre 2014. Ce document montre la diversité des « employeurs » potentiels des futurs DJs. Une carrière de DJ se gère désormais au long cours. Avoir des gigs et des résidences à Paris est un rêve pour les apprentis. L’intervention a aussi permis de décrire le support qu’offre le réseau Technopol à ses adhérents et aux DJs en voie de professionnalisation.

Cette intervention a démontré une fois de plus l’intérêt que suscite la Techno Parade encore aujourd’hui dans l’imaginaire collectif. L’école est installée au cœur du domaine hôtelier du Normandoux dirigé par Laurent Lutse, en charge de la Nuit à l’UMIH, qui a vu le potentiel pédagogique d’une telle localisation. L’école est dans un écrin de verdure, les apprentis profitent d’un cadre idéal pour décrocher leur diplôme. C’est presque le paradis.

Visuel ELECTROSOUND

Rencontre avec Jean-Yves Leloup

Co commissaire aux côtés de No Design, Jean Yves Leloup participe à l’exposition Electrosound* de la Fondation EDF (Paris VII),  qui s’avère être une des meilleures expositions jamais présentées en France sur le sujet des musiques électroniques.

Rompant avec la manie très française de présenter un sujet jugé « segmentant » ou « trop nouveau » et de manière « pédagogique » afin d’être « accessible » (donc d’une manière rigide et souvent sans humour), les concepteurs d’Electrosound, à qui Jean-Yves a apporté son expérience de critique musical, excellent à présenter cette musique, culture et mouvement.

C’est une occasion de rencontrer Jean-Yves Leloup pour en savoir plus sur Electrosound.

Pourquoi EDF a choisi une telle exposition ?

Le nouveau délégué de la Fondation a été marqué par les musiques électroniques. Si, de manière générale, les « baby bommers » restent aux commandes, ça commence donc à changer. On dépasse à peine la contemplation effrénée du Velvet Underground pour opter pour des phénomènes apparus il y a 30 ans, comme le hip hop né en 1979 et la house et la techno nées en 1986. Paris est devenue la capitale des musiques électros mais les élites évitent d’en parler. C’était plus facile dans les années 90 (cf. la série d’expositions Global Tekno). De plus, EDF a son musée, Electropolis à Mulhouse, qui a prêté des pièces visibles au rez de chaussée de la Fondation. EDF s’intéresse aux usages rendus possibles par l’électricité.

Quel est le propos de l’exposition ?

On a préféré décrire la folle créativité engendrée par la démocratisation des outils de création (MAO) ainsi que rapporter le phénomène de l’empowerment, c’est-à-dire la liberté de création. Cette liberté est le résultat d’un climat global favorable à une explosion des créations artistiques. On a opté pour la « nouvelle lutherie » à cause de la richesse des nouveaux instruments « Made InFrance » comme le Du-Touch de Dualo ou le Touché.

Vous avez innové en matière de scénographie, dis nous en plus.

On parle principalement de technologie et surtout des usages. On préfère qu’on s’amuse avec la musique plutôt d’être « agressé » par de grosses installations sonores (reproche qu’on a pu faire à Villette Numérique par exemple avec Granular Synthesis en 2002). On a également évité les « reliques » parce que les objets personnels sont durs à exposer. On a également créé des espaces immersifs interactifs au sous sol de la Fondation comme la Boombox et la « dark room » sur les nuits avec le photographe Jacob Khrist.

Y aura-t-il une suite à cette exposition ?

Quelle est la prochaine révolution musicale ? Selon Jean-Louis Frechin, commissaire de l’expo, dans un proche avenir, les musiciens auront de plus en plus la possibilité de créer leur propre instrument. Je suis curieux de découvrir ce que donnera cette nouvelle évolution de la lutherie.

Quels sont tes projets ?

J’ai travaillé pour le CNAP (Centre National des Arts Plastiques) sur le projet « Ecouteur », un dispositif d’écoute dans la continuité des Audiolab. J’interviens dans des écoles et universités, je fais des critiques et articles de fond pour Tsugi, je réalise des edits ambient de titres électro, de pop ou de chanson (Underground Resistance, Dire Strait ou récemment Acid Washed et Féloche avec Laure Milena) et je mixe à l’occasion, comme par exemple dans un chill-out en forme de montgolfière au 6B pour Alter-Paname.

* Exposition Electrosound à la Fondation EDF, 6 rue Récamier, Paris 7. M° Sèvres-Babylone.

Du 25 mai au 2 octobre 2016 tous les jours du mardi au dimanche de 12h à 19h (sauf jours fériés). Entrée libre

Regardez les entretiens vidéos avec des artistes, passionnant.

Couverture du catalogue. Lien vers l’éditeur sur l’image.

* Le catalogue de l’exposition présente l’histoire des musiques électroniques sous la direction de JY Leloup. Cet ouvrage est indispensable et très complet.

* La playlist de l’exposition

Source RMNGP : http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/albert-marquet_le-pont-neuf-la-nuit_huile-sur-toile

C’est la fête à la Seine

La Seine coule à Paris en traçant une jolie courbe constellée de « bateaux mouches » drainant 10 millions de visiteurs par an, dont beaucoup saluent joyeusement les promeneurs et les fêtards.
Ceux ci sont de plus en plus nombreux avec la reconquête des Berges entamée par la Mairie de Paris sur les deux rives et sur certaines portions.
La Concrete installée sur Le Ponton a vraiment placé la Seine sur l’axe Berghain / Ibiza. D’autres barges, péniches et établissements à quai en fixe participent à ce mouvement de fond. Bien d’autres exploitants, comme Rosa Bonheur sur Seine, le Flow, La Javelle et bien d’autres attirent les visiteurs pour des afterworks, soirées, concerts et guinguettes.
Il était temps que les exploitants de la Seine se mettent en réseau avec l’appui de leurs syndicats respectifs afin de parler aux différentes tutelles de la Seine.

Communiqué –  Création du « Groupement des établissements culturels des berges de la Seine »

L’association a pour objet de représenter les acteurs et établissements culturels exerçant une activité sur les berges de la Seine, auprès des autorités administratives, collectivités locales ou établissements publics, opérateurs de l’État, Chambres consulaires, syndicats. De défendre les droits et les intérêts communs de ses adhérents et en particulier contribuer à dynamiser la vie culturelle des berges de la Seine. De réaliser des animations communes et de mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires à leur réalisation, de les promouvoir et de les valoriser. En toutes circonstances, l’association inscrit son projet dans une dimension d’intérêt général, en s’ouvrant aux acteurs exerçant une activité culturelle sur les berges de la Seine.

Membres Fondateurs :
Le premier Président est Aurélien Dubois (Concrete)
Le premier Trésorier est Ricardo Esteban (Petit Bain)
La première Vice-Présidente est Michelle Cassaro (Rosa Bonheur sur Seine)

Le Groupement des établissements culturels des berges de la Seine est ouvert à tous, pour devenir membre et se joindre aux activités, il faut en faire la demande selon la procédure communiquée aux candidats.

Contact : Aurélien Dubois

Crédit photo : Catherine Balet

Olivier Mosset et Yves Aupetitallot, Lausanne, 2003

Crise au Magasin : contexte de la clôture de la pétition en soutien à Yves Aupetitallot

Ou lettre imaginaire à Audrey Azoulay pour une vraie pétition.

L’art monopolise certains esprits. La pétition en soutien à Yves Aupetitallot se clôt sur fond d’amertume et d’espoir. L’amertume qu’un professionnel de cette stature n’ait d’autre choix que de plaider prochainement son droit  auprès du Conseil des Prud’hommes de Grenoble. L’espoir que le soutien affiché de nombreux acteurs du monde de l’art relayé en France par le Quotidien de l’Art & Art Press attire votre attention sur sa situation particulière dans un environnement où les pouvoirs publics semblent de plus en plus ignorants des réalités des scènes artistiques et culturelles qu’ils entendent pourtant soutenir

Votre administration a t elle par exemple voulu bien faire en mettant en place un appel à candidature pour le pavillon français de la Biennale de Venise ? Le règlement, pondu par la DGCA (Direction Générale de la Création Artistique), demande un « projet » financé équilibré ajusté et défini. L’artiste est un maillon de l’industrie culturelle, voire de l’économie tout court. L’emploi culturel est alimenté (entre autres) par 26 écoles des Beaux Arts crachant ses promotions inexorablement dans les files d’attente des CAF pour le RSA. Désormais, vos services demandent aux impétrants plasticiens de la Biennale de Venise de candidater selon des critères aussi bien artistiques que financiers (lien). Voulant faire fi du simple pouvoir discrétionnaire de l’État, cette méthode veut valoriser l’action du ministère, mais 12 commissaires d’exposition la dénoncent par voie de presse (Les Inrocks du 22 avril).

Grenoble n’est pas Venise, mais ça peut aussi prendre l’eau. Le CNAC Le Magasin reste le plus grand centre d’art soutenu par votre ministère hors de Paris et son directeur a été remercié pour faute grave en seule réponse aux deux procédures engagées par lui en raison notamment de la négation de l’autonomie de sa programmation… ce qui n’honore ni les exigences du droit du Travail ni les termes de la Loi sur la Création artistique que vous portez. En tout cas la Présidente du CNAC n’a pas manqué, dans les foisonnantes motivations du licenciement d’Yves Aupetitallot, d’invoquer son exposition Seydou Keïta au Grand Palais dont le succès public et médiatique souligne l’excellence. Les artistes et la scène artistique française doivent-ils considérer que cette exposition sera sa dernière création ?

Aujourd’hui, le comité de soutien à Yves Aupetitallot, vous remet par voie postale la pétition qui rassemble 779 signatures d’artistes et de professionnels de la création contemporaine, soit 223 membres du comité de soutien et 556 pétitionnaires en ligne.

Téléchargez la lettre à Audrey Azoulay, ministre de la Culture & de la Communication.

Illustration : Olivier Mosset et Yves Aupetitallot, Lausanne, 2003.