La nuit a la Gaule – Rencontres Européennes de la Nuit 2018

Alors que fleurissent de nouveau à Paris les fermetures administratives, La Machine du Moulin Rouge en est un exemple manifeste et désolant, les acteurs professionnels CHRD, Nuit et Live se réunissent en grand conciliabule dans la capitale des Gaules à l’occasion des Rencontres Européennes de la Nuit. Il y a aussi une partie publique avec les Nuits du Futur en partie public jeudi 1er février au soir.

L’ambition est grande de l’EuroCouncil of the Night : « avant de rêver, il faut d’abord comprendre » ! 10 groupes de travail s’attacheront à fignoler des propositions sur les sujets suivants : santé publique, voisinage, règlementation, Europe, fiscalité, politique culturelle… Un livre blanc sera proposé dans l’année en guise de viatique pour faire du tourisme nocturne une source d’emplois (non délocalisables) hors de l’instabilité juridique que la France ne connaît que trop bien. Moralité, malgré tous ses défauts, des spots comme Londres et Ibiza restent des destinations de prédilection pour les investisseurs. Il est en effet toujours délicat de consolider des investissements quand le pouvoir discrétionnaire d’un fonctionnaire peut rayer de la carte un projet économique. Dans la plupart des pays européens, il faut un juge pour décider de la fermeture d’un établissement et du chômage de ses salariés.

Rendez vous à Lyon jeudi 1er et 2 février 2018

 

Global Tekno en 2018

L’information vaut le détour : GLOBAL TEKNO revient sous forme d’une exposition originale dédiée aux musiques & cultures électroniques au centre d’art universitaire La Fabrique à Toulouse. Sous l’impulsion de son directeur, Jérôme Carrié, la série d’exposition née sous l’impulsion d’Henri Maurel en 1995 à l’American Center grâce à l’énergie de sa directrice Marie-Claude Beaud (aujourd’hui à Monaco) va voir sa 7ème édition !

Jérôme Carrié souhaite synthétiser les créations plastiques, photographiques, vidéo, graphiques en lien avec les musiques électroniques de manière contemporaine, pas une énième exposition sur l’histoire, d’autant plus que la Philharmonie va produire en 2019 sa première exposition sur le sujet.

Coïncidence incroyable, le livre Normal People du photographe Olivier Degorce sort de nouveau en 2018 en version augmentée grâce aux bons soins de Pedro Winter. Ce sera une édition augmentée par son label Ed Banger de celle (épuisée) de 1997 éditée par Crash Magazine.

En utilisant la marque Global Tekno, détenue par Radio FG et qui va collaborer activement, et en collaborant avec Jean-Yves Leloup et moi même comme conseillers artistiques, Global Tekno 7 risque d’être plus qu’une renaissance.

Vernissage : jeudi 3 mai 2018

La Fabrique de Toulouse

 

Affaire à suivre

Lollapalooza, pratique amateur et politique culturelle

Ce qui a été fait au livre a été refusé en 1985 par les majors, normal elles ne produisaient de la musique que pour alimenter les machines qu’elles construisaient. Pour preuve, les majors dépendaient de la convention collective de l’industrie métallurgique… Aujourd’hui il n’y a que notre Jack pour l’ouvrir face à des fonds d’investissement voyant les festivals comme des marchés captifs de porte monnaie et de « temps de cerveau ». Source

« On aurait été ravis d’accueillir M. Lang sur le festival afin qu’il se rende compte que c’est une initiative locale, faite par une société française qui s’appelle Live Nation France, qui compte 65 salariés et emploie pour l’organisation de Lollapalooza 1.500 personnes, toutes rémunérées, sans bénéficier d’aucune subvention publique », a réagi Matthias Leullier, directeur général adjoint de Live Nation France, filiale de Live Nation.

« C’est dommage de nous mettre dans le même sac que des opérations capitalistiques, alors qu’on est une entreprise qui souhaite s’inscrire localement et dans la durée », a affirmé M. Leullier à l’AFP.

L’économie de la culture sombre dans la crise et l’abnégation comme le démontre avec force la loi Création qui autorise le bénévolat de l’artiste dans le spectacle vivant. Cependant la circulaire reste en suspens, voir la fiche IRMA sur le cadre de la pratique amateur. On peut avoir l’impression que les gouvernements successifs démontent patiemment les réalisations antérieures. Ne parlons pas des arts plastiques dont la part dans le budget 2018 baisse encore. Le CNAC Le Magasin à Grenoble disparaît peu à peu, quasiment plus d’exposition et disparition de l’École du Magasin, seul projet pédagogique sur le commissariat d’exposition.

Ne devenons pas comme l’Espagne, l’Italie ou les États Unis qui ne sont même pas foutus d’avoir un ministère de la Culture, comme le remarque très justement Quincy Jones.

Heureusement le projet de « maison commune de la musique » repart, il y a du bon d’avoir un président libéral. Les professionnels de la musique restent suspendus à la remise du rapport de Roch-Olivier Maistre. Le PDG de Devialet a écrit une tribune sur le sujet fort intéressante : il y a consensus sur le projet. Aurélie Filipetti a avalé les 150 M € que Frédéric Mitterrand avait laissé s’accumuler pour le projet. On repart de zéro désormais. Il faut y arriver.

IMERSE une expérience totale audiovisuelle

Dans le cadre de YIA – Young International Art Fair au Carreau du Temple, IMERSE présente des artistes phares de la scène audiovisuelle au public de l’art contemporain. Imaginé par le duo The Shaders qui roule une bosse bien fournie depuis quelques lustres entre événements électros mainstream et des collectifs plus pointus comme Supernova Project, IMERSE est un pas vers la fusion de l’art et des nouvelles techno sous l’angle du live.

IMERSE (17)
Samedi 21 octobre 2017

Programme de l’Auditorium :

Monochrome, visual arts factory
16h – Conférence : la Réalité Virtuelle pour l’Art
17h – Galerie d’Art en Réalité Virtuelle : faites l’expérience de l’Art Immersif
https://www.monochrome.paris/

Live A/V – 19H à 23H30

Takami Nakamoto

Musicien basé à Paris, artiste visuel et ancien architecte, Takami Nakamoto crée des performances éthérées, des installations immersives et des environnements oniriques qui enveloppent le spectateur et pulvérisent toutes barrières fictives séparant le réel du virtuel.

Fraction présente « Vector Field »

Oeuvre introduite lors du Athens Digital Arts Festival 2017, Vector Field est “une nouvelle performance audio visuelles où l’artiste explore la manipulation en temps réel d’un flux vectoriel généré par le son, une ode à l’art de la Transformation”.

Fraction (Eric Raynaud) est un musicien, compositeur et producteur de musique électonique expérimentale français. Suivant la sortie de son premier EP SUPERPOSITION sur le label Infiné, il a élargi sa pratique en se focalisant sur les arts numériques, travaillant sur des scénographies trans-media.

The Shaders x MOD 303

The Shaders est un collectif d’artistes visuels basé à Paris et fondé en 2004. Leur travail questionne les perceptions communes du temps et de l’espace au travers de performances et installations immersives.

Mod303 est un duo de musique électronique français dont le travail s’inspire de sources telles que la synthèse analogique, les rythmes abstraits et sons expérimentaux, à la recherche d’émotions nostalgiques. Signé sur le label Archipel Musique Canada en 2014, le duo a reçu un succès critique après la publication de leur premier album “Court Métrage”, suivi de “modem Call” (2015) “Programming Language” (2016) et “Paris Plage” (2017).

La Trêve

Incubateur de jeune talents issus de différents domaines, la Trêve fait appel à la multidisciplinarité et aux émotions afin de créer des expériences totales.

Event Facebook

Adresse : Carreau du Temple, 4 rue Eugène Spuller, 75003 Paris

La musique sur les ondes, retour sur le débat de la PEW

Photo du débat à la Gaïté Lyrique sur la radio

Invité à animer par Fabrice Bonniot à la Paris Electronic Week sur le sujet du devenir des programmes musicaux hertziens et en ligne, j’ai recueilli en direct des propos intéressants de la part des intervenants. Le sujet de la rencontre aurait pu se contenter d’évoquer juste le devenir de la radio musicale à l’heure des plate formes de diffusion musicale. L’éditorial (le talk en language radio) devance en audience celle de la musique, il suffit de voir les audiences sur Médiamétrie. L’info est le premier motif d’écoute selon le CSA. Les chiffres sont clairs.

Source : Médiamétrie Lien vers le communiqué en cliquant

La musique est partout et tend à être payante, en tout cas c’est le voeux des ayant droits, les artistes et les producteurs en particulier… La radio a l’avantage d’être un média gratuit et super accessible vu le taux d’équipement des foyers. L’accès à de la musique de qualité, celle voulue par l’auditeur, est de plus en soumis soit à de la publicité, soit à un abonnement. À l’heure du web mobile (70% de l’audience globale web), le média radio en tant que diffuseur prescripteur de la musique, se repense à l’aune d’équations économiques et artistiques parfois compliquées. 12% de l’audience radio est mobile (Médiamétrie). Faut il ignorer l’évolution des usages comme Christopher Baldelli, président du directoire de RTL ? Celui ci affirme que la radio est « un média de masse, gratuit, individuel et non exclusif (on peut faire autre chose en l’écoutant) ». J’ajouterais que la radio est le média le plus immédiat à mettre en place, la radio a été utilisée après le passage des cyclones à Haïti ou dans les Antilles.

Quand on fait l’inventaire des audiences en France, le verdict est sans appel : le talk devance la musique dans les tympans (voir plus haut). L’Alliance Pour les Chiffres de la Presse et des Médias (APCM) révèle une autre photographie des usages très pertinente et surprenante. Vous noterez l’absence de la radio hertzienne dans le panel des média de cette association…

classement des 15 Marques de Radios digitales les plus diffusées mondialement cet été, avec en détail la part d’écoute France et Etranger Source sur l’image.

Le classement ACPM démontre le succès de pure player comme Radio Meuh, webradio des alpages ayant Laurent Garnier comme résident depuis des années. C’est un signe très prometteur pour les éditeurs indépendants, que Technopol avait défendus face aux ayant droits. Un accord avait été conclu en 2007 avec la SCPP pour les éditeurs électroniques grâce au travail collectif de Nicolas Guillaume – Lamarre, Louis Rouffineau (Vmix.fm) and co, voir le communiqué. Aujourd’hui la licence légale a été offerte grâce à la Loi Création, décriée dans ce blog pour le bénévolat de l’artiste interprète dans le spectacle vivant, le décret n’a toujours pas été pondu par le ministère de la Culture… Enfin le cadre réglementaire français reconnaît un phénomène qui existe depuis 1996 (date du simul casting de Radio FG), bravo !

Autre paradoxe français : la radio numérique terrestre ou DAB. Voulue par une partie des éditeurs, la RNT débarque avec 20 ans de retard, la 4G a pris de court le déploiement, qui a été freiné par les grosses antennes. La RNT offre par contre un confort d’écoute, la 4G sature, on le sait, la bande passante s’égosille en quelque sorte. La RNT pourrait donc sortir son épingle du jeu.

Les radios musicales doivent respecter les quotas de chansons francophones, que les éditeurs en ligne n’ont pas à souffrir, plusieurs stations viennent d’être sanctionnées par le CSA : Fun Radio, NRJ, Radio FG, Radio Nova, Oüi FM, Swigg (ex Ado), ECN (Mulhouse et Colmar) et Raje Nîmes (source).

Comparons les handicaps respectifs des deux média :

La radio hertzienne souffre de : coûts importants techniques de diffusion (émetteurs hertziens), handicap des quotas, redevances SACEM & SPRE (8% du CA publicitaire),

Mais : accès à un marché publicitaire réel, fonds d’aide pour les radios associatives, taux d’équipement quasi total des foyers,

Les webradios et podcasts souffrent de : grande concurrence, non reconnaissance par les annonceurs,

Mais : coûts techniques réduits, peu de redevances de droit.

Quasi 20 ans après ses débuts en France, la webradio est désormais reconnue par le droit et devient un enjeu. Toutes les webradios ne sont pas que musicales, Radiomarais est un exemple de programme de proximité.

Panel : Antoine Baduel, co fondateur & PDG de Radio FG, David Blot, animateur de Nova Club / Radio Nova, Koddi, co-fondateur de PWFM, Anders Sicre, président Le Mellotron, Philippe Thevenet, fondateur & Programmateur de Radio Meuh.

Podcast du débat à venir.