GHB crisis

Notre époque connaît plusieurs types de désastres sanitaires. Certains sont générés par notre hyper exploitation des ressources naturelles, tels les corticoïdes, d’autres par le moteur à explosion et d’autres encore par notre désir de fuite, de plaisir, voire d’auto destruction. Il est super triste de voir des jeunes mourir par la méchanceté / cupidité de tiers, comme cela vient d’arriver au fils d’une amie, qui avait 23 ans et qui n’était pas un habitué de ce genre de produit. Il suffit qu’un débile file du GBL / GHB dans une bouteille d’eau pour que la dose soit létale et que la personne qui l’absorbe soit victime d’un AVC. Dans le cas présent, au bout de deux semaines de coma, les médecins ont débranché la victime des faits survenus au Petit Bains , les séquelles dus au manque d’oxygène étaient irrémédiables.

C’était le 3e fait relatif au GHB identifié dans un club parisien depuis décembre. Le Collectif Action Nuit (groupement de plusieurs organisations professionnelles de la Nuit) a écrit aux ministres de la Santé et de l’Intérieur pour qu’une réponse sanitaire soit trouvée à un problème de santé publique. Fermer les lieux ne poussera que les usagers vers plus d’illégalité et encore moins de prévention, comme cela se passe gaiement avec le ChemSex, qui tuerait près de 40 individus en France chaque année selon une source journalistique. Combien de morts sur le dancefloor faudra t il pour que les autorités froncent un sourcil ? Là est la question.

L’article de Slate écrit par le journaliste Sofian Aissaoui a fait une vraie enquête de terrain et reprend au mieux nos principales interrogations.

Il faut croire qu’en 2018, il est de plus en plus dur d’avoir des réponses des politiques, même quand on agit au nom d’une organisation patronale.

Source : Plus Belle La Nuit association de réduction des risques basée à Marseille

Pour en savoir plus :

Fiche produit Drogues Info Service

Plastic Dreams

Dans les quelques bonnes nouvelles du moment, il y a la parution des photos d’Olivier Degorce par Pedro Winter (Headbangers Publishing) : Plastic Dreams.

En 1996, le couple Franck Perrin / Armelle Perrin de Crash Edition publie courageusement Normal People, qui a eu juste un succès d’estime avec sa collection de photos et quelques textes de journaleux (voir le mien ci dessous). Aujourd’hui c’est la grande classe, la class business pour ce recueil de photos qui sentent la « chépéritude » instantanée de grâce. On ne peut pas mieux rapporter ces moments de fête et la tronche des artistes, alors jeunes, certains ont disparu, comme GTO, partis trop vite. C’est presque devenu « Ex fan des sixties » la techno… On compte les stars et amis disparus désormais. On garde en esprit ces moments de fête dans des hangars, les interviews dans les deux studios de Radio FG (rue Rébéval avant 1995 et rue de Rivoli depuis) et la lumière dans les yeux des artistes et leurs amis.

Texte écrit pour l’édition de 1996, Normal People de M&M’S, Crash Éditions

La démarche d’Olivier est un punk (il en vient), il vole des moments aux sujets photographiés devant, à côté, par dessus et parfois par dessous (demandez lui sa collection de photos de culottes), il saisit de beaux moments.

Et c’est dans une sacrée continuité des expositions Global Tekno que Pedro Winter édite ce bel ouvrage. Pedro était d’ailleurs très présent sur le montage de Global Tekno I en 1995.

Quel bel ouvrage, hyper bien mis en page par le DA Nicolas Poillot.

Intw par Patrick Thevenin

Pour l’acheter

Trash 2000 is back

 

Dans les vapeurs de la fin des années 90, j’ai créé le pseudo de DJ Trash 2000 en guise de blague sur le passage à l’an 2000. Trash 2000 est même devenu Bug 3000 en 2000 lors de quelques DJ sets, suite au bug informatique qui marqua l’époque.

Trash 2000 a même été le mot de la fin du roman « Plus fort que moi » de Guillaume Dustan… Cela fut le début de notre amitié jusqu’à sa disparition en 2005. Désormais c’est mon pseudo quand je mixe pour le collectif Deviant Disco Paris, qui dispose désormais d’une résidence sur la webradio FG Chic.

Pour écouter FG Chic

War on Drugs in Paris ?

Petite réaction à chaud à la lecture d’un article du Parisien, qui fait une concurrence de dingue à la ligne éditoriale de Bernard de la Villardière. Le Parisien pond des articles qui sentent bon l’Angleterre des années Thatcher et Major 30 ans après la vague Acid House des années 1988 / 1990, Vice UK a résumé cette campagne d’opinion digne de la première série House Of Cards (l’anglaise, pas la ricaine).

L’article du 14 mars sur les quais de Seine

Il est donc question de la la consommation sur les quais vers la Cité de la Teuf, le vrai nom de la Cité de la Mode, que Sarkozy nommait comme « le truc vert de Delanoë ». Ce bâtiment audacieusement réhabilité par Jacob et Mc Farlane et exploité par la Caisse des Dépôts a totalement raté sa vocation, aucune boutique, aucun défilé régulier, juste l’Institut Français de la Mode, la meilleure école pour se lancer dans le business de la mode en France. Par contre, il y a juste cinq établissements festifs, deux sur le quai, Nuits Fauves et Garage, le Wanderlust en rdc niveau rue et deux rooftops, Café Or et Communion, et pas d’action sur le périmètre, lui même relié de fait à tous les établissements festifs et culturels du quai François Mauriac devant la BNF.

Cet article fait fi des actions d’information et de réduction des risques existantes et reflète l’état de l’opinion sur la question de consommation de drogues en milieu festif. Il est tout à fait possible de réduire les risques comme le fait le Garage avec la sécurité et de mener des actions de communication envers la clientèle. Paris a la chance de disposer de Fêtez Clairs, qui est un groupement d’actions concernées par la réduction des risques en milieu festif.

L’État ignore encore l’information sur les produits toxiques, comme si la santé des consommateurs n’avait aucune importance. C’est ridicule et désolant de voir que la guerre aux drogues permet au Parisien de choquer l’électeur FN qui sommeille en nous et d’omettre les actions positives sur le sujet.

La mise en place d’une amende pour la consommation de stupéfiants décidée par Macron et Collomb est une étape importante, tout comme le rapport des députés Pouillat et Reda sur la question.

Guillaume et William reviennent

C’est étrange un départ volontaire, cela laisse toujours les autres dans l’embarras. Moi aussi, comme rapporté en fin de biographie sur Guillaume Dustan aka William Baranes par Raffaël Enault, j’ai fait partie de ses amis à l’avoir croisé à l’automne 2004. Je tombe d’abord par hasard au Rex Club, je revenais de Shanghai un peu fatigué. On s’est revus pour une fondue savoyarde à Saint Michel (un quartier où je ne vais jamais, mais avec Guillaume ce n’était pas pareil et cela donnait un aspect estudiantin). On avait échafaudé des plans pour son retour en grâce dans l’opinion, un argumentaire sur les différents sujets sur lesquels il avait été attaqué. Je faisais son spin doctor, sans doute un reste des 17 ans à collaborer avec Henri Maurel. Je sentais que les mots l’effleuraient. À postériori, et à la lecture de la biographie / journal de Rafael Enault, il semble qu’il était déjà ailleurs.

La nouvelle de sa mort fut triste, très triste, un peu comme le départ de Sextoy.

Il était loin le temps des week ends à l’époque de CQFG (et non E.M@LE) hiver 1998 / 1999 où nous nous réfugions dans le grand comble de la maison de sa mère, Lisa. On chargeait le Godin, on s’évaporait en volutes diverses et se projetait dans un imaginaire. À ce moment, je travaillais 7/7 bouclant dimanche dans la nuit pour chroniquer en direct à l’antenne à 7h45 lundi matin. La radio, ça ne te lâche pas, la presse ça t’empêche de dormir. Nous avons du faire quelques week ends entre rédacteurs, amis et utopistes notoires avant que sa collaboration n’explose, d’abord parce que ses coups de tête étaient notoires, comme danser au milieu des ordinateurs alors que Gilles Beaujard et Ionna bouclaient la maquette… Le plus gros problème était financier et pas de son fait. La presse gratuite LGBTI repose sur une myriade de petits annonceurs locaux très exigeants et très mauvais payeurs. FG a arrêté les frais au bout de six mois. Henri a du rabattre ses prétentions quant à l’opinion gay et Antoine (Baduel) faire au mieux pour gérer une situation tendue financièrement.

Il faut relire sa prose, ses éclairs de génie. On peut être écrivain et polémiste, Hugo, Sand, Mauriac ont montré la voie.

Pourquoi cette couv’ sur Tinky Winky des Teletubbies ? L’équipe de la matinale de Radio FG d’alors, le trio Schmitto (Olivier Schmitt), Xavier Faltot et Thomas Plessis ont fait brillé l’antenne, ils ont flashé sur ce personnage détonnant violet avec un sac à main (on était alors en pleine phase « hand bag »). On se disait toute la journée « lala » en s’évaporant dans les couloirs de la station…

Article à l’occasion de Dustant Superstar de Raffaël Enault (Robert Laffont)

Que dire du livre ? C’est le premier ouvrage sur Guillaume / William, soyons honnêtes, ne vilipendons pas le travail d’un jeune auteur, qui a réussi son projet. C’est très bien que cela ne soit pas un ouvrage hermétique au jargon insondable, mais un outil de vulgarisation de la pensée de notre ami. Guillaume était lui même un vulgarisateur (d’où le Rayon chez Balland).

Pour se faire une idée de E.m@le Magazine / CQFG