Plus le temps passe, plus l’absence d’un être cher se constate au quotidien. On ne peut plus l’appeler à tout bout de champs, demander les conseils si précieux dans les moments délicats ou aller « en ville » (expression usitée par celles et ceux qui aiment la campagne…). Tout ce qu’on peut faire est de positiver et d’imaginer d’être à la hauteur en agissant comme cette personne aurait aimé. C’est pourquoi la dédicace de la nouvelle édition de l’Etrange Printemps a été proposée par l’équipe organisatrice de manière spontanée.
Les Croisières Électro, le musée virtuel et musical sur Seine produit par Technopol dans le cadre des Nuits Capitales, ont été une expérience des plus positives. Le projet a été mené rapidement (en moins de deux mois !) alors qu’une telle production requiert au moins six mois. Il faut se poser tant sur l’aspect artistique que sur les questions techniques. Néanmoins, grâce à l’enthousiasme d’Henri Maurel, Technopol a accepté de produire le projet proposé par Matthieu Jaussaud et initié par Laurent Queige, directeur de cabinet de Jean-Bernard Bros, adjoint au Maire de Paris en charge du Tourisme et des Médias Locaux.
Les Croisières Électro ont réuni les labels Tigersushi, Trax Magazine, Lola (ex Freak n’Chic) et Record Makers. Ma belle sœur (Jessica Diomède) a eu la bonne idée de motiver Record Makers, qui nous a offert un live de qualité, à savoir Turzi Live Experience, que vous pouvez rapidement apprécier en vidéo.
Romain Turzi réussit l’exploit de déplacer ses machines analogiques partout, même sur un bateau. La croisière fut d’une sérénité totale, un avant-goût du désert au beau milieu de la Seine…
Berlin collectionne les clichés, comme tout lieu chargé d’histoire. Il en est un qui se vérifie à chaque coin de rue, ou plutôt dans chaque parcelle de spot festif, c’est celui de la présence de jeunes frenchies se la collant plus ou moins. C’est le « nomadisme festif » souligné par la pétition Quand La Nuit Meurt En Sielnce et dont souffre cette bonne ville de Paris, qui n’a pas d’offre délirante pour les zozos hédonistes du week end. Les court séjours ici sont centrés autour du patrimoine et de l’art de vivre (le vin, le fromage, la bouffe, euh la gastronomie « à la fraaaaançaise »!).
Berlin collectionne bars, guinguettes « am Spree » (en bord de Spree, la rivière qui se subdivise en canaux dans la ville), parcs, « biergarten » et clubs bien évidemment. La ville a un maillage d’endroits nocturnes qui la rend incontournable sur l’échiquier européen de la scotchitude (Berghain, Watergate, Maria, Tresor, Golden Gate…), mais c’est plutôt une ambiance générale qui la distingue. Ces guinguettes en bord de l’eau, comme le Bar25 et le Club der Visionäre, les bars en général (mention spéciale à Madame Claude), ces épiceries de quartier (l’équivalent de nos fameux « rebeus ») où l’on chope des bières à 0,70 € que le vendeur vous dégoupille avec plaisir (ce n’est pas encore un réflexe parisien) sont, principalement, des invitations à passer du temps en extérieur et profiter de l’espace à plusieurs. Il n’y a pas la même quiétude d’un temps ralenti à Paris. La temporalité n’est pas la même. On est pressés et entassés à Paris, ville qui rigole sous cape de l’échec du clubbing business tel qu’on l’entend à Londres, Ibiza, Lisbonne, Miami ou même Shanghai. Cependant, selon un responsable de la Sacem Ile de France, les clubs parisiens se portent bien (c’est un autre débat, mais il faut le noter).
Le mythe du clubbing pas cher est battu en brèche, les droits d’entrée et les consommations sont moins chères qu’à Paris, la bière avoisine les 3€, mais les cocktails avoisinent les 7-8 €, et sans oublier les entrées de club qui dépassent les 10 € quand ceux ci offrent des plateaux de qualité. Il n’y a que le CDV (Visionäre) qui majore ses consommations d’un € pour les artistes. Mention spéciale pour ce lieu qui m’a permis d’écouter Mathew Dear acoudé au comptoir qui fait face à la DJ booth. Donc, l’expatrié français n’ayant que son RMI pour subsister ne sortira pas très longtemps. Le clubber français cru 2010, qui pense « sortir plus pour travailler moins », ne connaîtra pas d’extase prolongée, même si l’accessoire de fête local, le speed, est abordable (10 € le gramme selon des sources bien informées).
Les francos-berlinois se trouvent de plus en plus de l’autre côté du comptoir. Les artistes ont été nombreux à y vivre il y a quelques années, comme Miss Kittin et Agoria, mais ne sont pas restés, au contraire des artistes techno et house américains des années 80 et 90 qui se sont installé (Richie Hawtin) ou qui sont restés plusieurs années (Jeff Mills, Blake Baxter). Quelques lieux berlinois sont exploités par des expatriés, comme le HBC, Jacki Terrasse – Maria, qui peuvent décrire à leurs compatriotes les avantages et handicaps d’être exploitants, promoteurs ou limonadiers Outre-Rhin. Les contraintes administratives et règlementaires sont moindres qu’en France, les autorités sont volontaristes, les retombées touristiques sont trop importantes désormais, même si la flambée immobilière pénalise grandement l’accession des allemands peu aisés à se loger (phénomène que le Sud Ouest et la Normandie ont connu avec les anglais). Comme la concurrence est rude entre les établissements et que les artistes « tête d’affiche » voient leurs cachets s’envoler de manière proportionnée à la chute de leurs ventes de disque, l’équilibre économique n’est pas simple, et il n’y a pas fort à parier que les prix augmentent logiquement.
Les clubs berlinois font eux aussi une opération de promotion commune, comme Nuits Capitales à Paris. Samedi 11 septembre a lieu Berlin Clubnacht.
Quid du Berlin alternatif ? La pauvre « Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée » peut désormais aller gambader dans les rues rénovées de Kreuzberg ou de Prenzlauer Berg ou faire du shopping dans les boutiques tendances de la Rosa Luxembourg StraBe (un comble pour l’héroïne spartakiste…), Berlin devient la capitale de l’Allemagne réunifiée et d’un pays locomotive économique de la zone Euro. Berlin se boboïse, les immeubles croûlants qui jouxtaient des squats ou des bars ou clubs sont remplis d’habitants pétitionnant contre le bruit. Remarquez, ils ne font pas la grève de la faim, comme les riverains de la Mécanique Ondulatoire (CP_mecanique-ondulatoire), encore autre affaire à suivre.
Cadeau de Xanaé & Nicolas, interview du physio du Berghain.
Lancé mercredi 18 novembre 2009 par une belle conférence de presse sous les ors des salons de de l’Hôtel de Ville de Paris, le site Parisnightlife.fr est une commande à la Chambre Syndicale des Cabarets Artistiques et Discothèques (au motif que le syndicat réunit 200 lieux parisiens) de la Mairie de Paris. Ce site se veut le site d’information privilégié francophone et anglophone sur l’actualité de la nuit à Paris. Libération est très critique (comme d’hab’…). On en attendait pas moins.
Techniquement, ce site est un « php like », sans de pages nommées et de fonctions web 2.0, avec un contenu présenté sur fond noir, ce qui n’est pas pratique pour la lecture. Pas de page à l’url dédiée pour chaque établissement, je ne vois pas comment le référencement va se faire autrement que sur quelques pages. Le plus important est l’implication des lieux parisiens. L
L »absence du Maire de Paris, Bertrand Delanoë, et de toute personne du Cabinet, réduit quand même l’impact de cette initiative, à créditer à la délégation au Tourisme, conduit par Laurent Queige, directeur de cabinet de JB Bros, adjoint au Maire en charge du Tourisme (secteur ignoré, voire honni alors que c’est une des premières industries de notre « beau » pays). Alors que la pétition Quand La Nuit Se Meurt en Silence cartonne et est en train de structurer les lieux musicaux de la Capitale pour une meilleure prise en compte de leur importance dans la Cité, le silence du Maire est une déception supplémentaire : serait il devenu aussi conformiste que les bobos qui l’ont élu ?
Ceci dit, le site s’inscrit dans une vaste démarche de promotion des lieux de nuit qui relancera la demande de lieux festifs. Il n’en demeure pas moins que le Bobo n’aime peut être pas le clubber trotteur et encore moins les TAZ (Zones d’Autonomie Temporaire).
Fettar Awatef / Jérémy Biger / Alice Bourgeois / Patricia Corre / Axelle Le Dauphin / Pascal Lièvre / Dorothée Smith / Joao Vieira Torres
PERFORMANCE :
Kisses Cause Trouble
Entrée gratuite
Adresse : Rosa Bonheur
Parc des Buttes Chaumont
2, allée de la Cascade
75019 Paris
M° Botzaris ou Buttes Chaumont (Ligne 7 Bis)
Bus 48 (Palais Royal / Porte des Lilas)
Bus Noctiliens :
Rue de Belleville (Jourdain) N23
Avenue Jean Jaurès (Ourcq) N13, N41, N45 et N140
C’est une première Nuit Blanche pour Rosa Bonheur, donc je vous demande votre indulgence. Cela risque d’être drôle grâce à la bonne humeur que dégagent les gens chez nous, ce qui change de la morosité que constate le Parisien (je rebondirai sous peu sur cet article ici) dans les autres lieux.
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