Posted: avril 3rd, 2012 | Author: christophe | Filed under: Politique Culturelle | Tags: Bertrand Delanoe, laurent ruquier, Médiation, nuit, Paris | No Comments »
Conçus lors des États Généraux de la Nuit de la Ville de Paris en novembre 2010, les Pierrots de la Nuit ont été pensés comme un moyen d’apaiser les fêtards faisant du bruit sous les fenêtres des riverains (et donc électeurs) parisiens. C’est une initiative que Barcelone expérimente depuis des années.

Hormis le fait que je ferais un bond de 10m si un « ange du silence » venait à moi si j’étais dans un état éthylique, je ne suis pas convaincu du choix d’avoir créé des « brigades artistiques d’intervention nocturne » et ce pour plusieurs raisons.
D’abord pour le montant de l’aide versée par la Ville de Paris : 246 000 € versées par le Conseil de Paris en deux fois à AMUON, l’association en charge de cet audacieux système. Cette association de prestation de services met plus en avant la création artistique que l’action de médiation envers les riverains, les exploitants et les noctambules. Comment croire que « l’art dans la rue » puisse faire taire les fêtards ? C’est assez hypothétique. Un agent de sécu a plus d’autorité que des « anges du silence » envers des individus en état d’ébriété… J’ai peur pour ces angelots, Paris n’est pas la Suisse, la violence gratuite y sévit.
La lecture du dossier de presse ne rassure pas sur la viabilité du projet à long terme : l’économie de la structure et l’absence des riverains dans le dispositif. Leur avis n’est guère demandé, on aurait pu croire que les « Vivre Le Marais » et autres associations aient du moins la possibilité de faire appel aux services des anges en cas de tapage. Un service de hotline eût été intelligent pour intervenir dans les zones bruyantes. Quant à l’auto-financement du projet, même si l’action des Pierrots bénéficie aux établissements incapables de gérer le bruit à leur porte, ceux-ci vont ils supporter le coût de telles prestations ? Il n’y a pas trace d’une prospection envers les exploitants dans ce dossier. Quelque part, les « anges » constituent une forme de distorsion de concurrence. Cela pénalise les exploitants de lieu salariant des médiateurs et agents de sécurité qui réussissent à concilier l’exploitation de leur lieu et la tranquillité de leurs riverains sans aides publiques.
Lire Le Monde pour en savoir plus.
Autre constat amer : mieux vaut envoyer des Pierrots dans la rue qu’organiser la Techno Parade.
Avec 30 000 € de soutien par an, Bertrand Delanoë et en particulier son éternel adjoint à la Culture Christophe Girard démontrent encore une fois leur désintérêt à l’encontre de Technopol, qui attire 300 000 participants chaque année et s’efforce d’animer la scène électronique à Paris toute l’année par ses formations, ses débats et actions d’intérêt général. Finalement, un Pierrot vaut quatre Techno Parade. L’avenir nous dira si ce dispositif trouve sa place auprès des exploitants de lieu et des publics.
Suivre les Pierrots ici.
Les Pierrots deviennent célèbres et sont caricaturés dans une émission de Laurent Ruquier par deux comiques (pas très drôles en plus).
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Posted: novembre 6th, 2009 | Author: christophe | Filed under: Vie de la cité | Tags: La Loco, My Electro Kitchen, nuit, Paris, Plaque Or, Préfecture de Police de Paris, Quand La Nuit Se Meurt En Silence | No Comments »

La pétition / lettre ouverte demande :
1 – que la législation soit clarifiée, rééquilibrée et remise en adéquation avec la réalité des pratiques culturelles et sociales ;
2 – que les travaux d’isolation phonique des lieux de diffusion soient d’avantage soutenus par des aides publiques pour rendre leur mise en œuvre réaliste ;
3 – que soit prise en compte la voix du public des lieux de vie comme est prise en compte la voix des riverains ;
4 – que soit envisagé un zonage des quartiers festifs pour que soit accordé un statut juridique à ces identités historiques;
5 – que soit réfléchie la mise à disposition de lieux ou de friches pour l’organisation d’événements ponctuels ou l’installation d’infrastructures pérennes ;
6 – que soit réaffirmée en actes, et non seulement en paroles, l’importance pour la culture des lieux de diffusion de proximité ;
7 – que l’ensemble des acteurs institutionnels prennent conscience de l’importance de la vie nocturne (culturellement et économiquement) dans l’essence-même d’une capitale comme Paris et d’une région comme l’Ile-de-France.
Explications :
My Electro Kitchen et Plaqué Or, le disquaire electro kitsch des Halles et l’organisation de teuf tout en contre plaqué, à savoir Éric Labbé et Matthieu Jaussaud, alertent l’opinion publique et les décideurs politiques sur les graves conséquences des pressions que subissent actuellement les lieux de nuit et de diffusion culturelle dans la gestion des problèmes de voisinage et de nuisances sonores.
Ce n’est pas nouveau. Un véritable « bonnet de nuit » s’abat depuis des lustres sur la Capitale, Ville Lumière à jamais éteinte, au grand plaisir de la maréchaussée qui ne fait qu’appliquer la Loi et répondre aux demandes des justiciables, et avec la duplicité passive et induite de la Ville de Paris. La Ville n’a pas réuni le fameux Observatoire des Lieux de Vie et de Diffusion Culturelle depuis 2006, pourtant cette instance informelle a été créée par Christophe Girard comme un lieu de médiation entre les lieux, la Ville et la Préfecture de Police de Paris. Pourtant, la Ville a défendu le Batofar face à la Mairie du 13e et à la Préfecture, qui impliquait le fameux bateau dans une rixe produite à 150 mètres de son établissement… Pour information, la Ville soutient le lancement du site Parisnightlife, réalisé par la CSCAD. Lancement mercredi 18 novembre 2009.
Il y a des demandes qui ne peuvent faire l’unanimité, comme le soutien financier des travaux d’isolation, d’autant plus que certaines fermetures administratives sont plus dues au brouhaha et va et viens des consommateurs d’un lieu à l’extérieur d’un établissement qu’au bruit même d’une diffusion musicale amplifiée.
Quoi qu’il en soit Paris, et d’autres villes comme Nice, Marseille (deux villes sinistrées s’il en est), ne fait pas la différence face à d’autres capitales européennes. Même si Berlin est un vaste bureau du chômage d’artistes et de wanabees en tout genre où l’on mange des kebabs sous GHB (sic), l’attractivité festive de Paris est aussi excitante que le dynamisme d’une huître sous Valium. Paris, ville musée pour retraités chinois qui ne distingue pas la Joconde d’une croûte de la Place du Tertre ? Oui, sans aucun doute, mais il est encore temps de se retirer les deux doigts du c..
La Loco…
Quant à la Loco, l’agitation des salariés face à une faillite commerciale caractérisée, et peut être due à une mauvaise gestion, ne remplira pas les caisses de ce haut lieu du rock, de la new wave, de l’indus et de l’EBM. La manifestation samedi 31 octobre était gentillette, les mots d’ordre ne portaient guère et le soutien populaire n’était pas au rendez-vous. Je compatis, mais c’est tout ce que je peux faire. J’espère que des gens auront la bonne idée d’ouvrir de nouveaux lieux. Le problème est là : tout le monde a peur de se lancer dans un projet ou une entreprise.

Sondage Brain Magazine
Le Magazine en ligne Brain relate la pétition et a réalisé un petit sondage auprès de 104 personnes piochées au hasard du groupe Facebook. Il en ressort une sur représentation de l’électro, mais les graphiques réalisés sont très bien. Merci Crame (l’auteur de l’article).

La presse en parle :
Libération
Les Inrocks
Brain Magazine
Cap24
Slate
Le Monde
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Posted: novembre 24th, 2008 | Author: christophe | Filed under: Vie de la cité | Tags: économie Paris, bruit, clubs Paris, nuit, tabac, tourisme, Ville de Paris | No Comments »
Promotion touristique et voisinage ne font pas toujours bon ménage à Paris. Heureusement, ça bouge.

Alors que la fréquentation touristique de Paris Ile de France a baissé pour la première fois depuis des années, montrant quelques grosses faiblesses sur certaines cibles, en particulier les jeunes, la Ville de Paris s’engage dans le soutien d’une guide nuit permettant aux publics de mieux apprécier l’offre parisienne.
Malgré les esprits grincheux coutumiers, la scène « festive » parisienne est loin de l’immobilisme, l’agenda des bars, des clubs et des salles de concert est tellement rempli qu’il est quasi impossible de tout faire. De plus, aujourd’hui, l’offre des salles de musiques actuelles (SMAC et autres) franciliennes dépasse celle des lieux parisiens, comme l’affirment la Sacem qui perçoit plus de droits en Ile de France qu’à Paris intra muros (en exceptant néanmoins Bercy, le Zénith et l’Olympia).
L’annonce de Jean-Bernard Bros, adjoint au Maire de Paris en charge du Tourisme, tombe à pic. Les exploitants de bars et clubs ont du mal à encaisser l’interdiction de la cigarette et la crise économique, les chiffres parlent de même et démontrent une accélération des fermetures de lieux qu’il sera difficile de contrer.
Un pass nuit semble donc être une politique intelligente de stimulation des acteurs économiques d’un secteur légérement important (tourisme = première économie de Paris) et totalement dénigré par les élus qui n’y comprennent pas grand chose.
Avec le vote du Conseil de Paris lundi 24 novembre en faveur d’un partenariat entre la Ville de Paris et la Chambre Syndicale des Cabarets Artistiques et Discothèques, la Ville de Paris se décide enfin, après une étude sur la nuit diligentée par le Bureau des Temps et la Délégation au Tourisme qui a validé la place de la nuit dans l’emploi parisien, à lancer un « pass nuit » en mai 2009.
L’objectif est de promouvoir la nuit artistique, musicale et festive de Paris auprès des touristes, par deux types de supports :
1/ un plan guide bilingue annuel, diffusé à 200.000 exemplaires, permettant de cartographier les lieux et quartiers de la nuit parisienne et donnant un ensemble d’informations pratiques ;
2/ un site internet permettant de faire une recherche multi critères sur l’agenda artistique, musical et festif de la nuit parisienne.
Question : est ce que le « pass nuit » comprend un avantage financier pour ses détenteurs dans les lieux partenaires ? Réponse bientôt.

« Paris la Nuit »: sortons de la carte postale !
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