Archives de catégorie : MyLife

Kill me with your love ou les années Fréquence Gaie

« Poppers » était le générique de Double Face, une émission produite par Didier Varrod, animée par Michel Coquet, Jean-Luc Romero était également à la radio. Il y a des noms du monde des médias, de la musique, de la politique qui sont passés par Fréquence Gaie, Future Génération, devenue Radio FG dès 1990. Aujourd’hui Radio FG est un réseau multi local et international.

Cette « madeleine » LGBT pose la cruelle question de la mémoire. La négation du passé n’est pas une solution. Je pense à la déportation de Bernard Natan en 1942 (ancien PDG de Pathé*), qui ne doit pas exciter les actuels dirigeants de la société du Coq Français…

Comme dit Patrick Thévenin, la question des archives LGBT est désespérante. Je ne développerai pas ici les atermoiements de la question de la mandature Delanoë, qui a vu le naufrage d’un projet municipal, alors que la Ville de Lyon a juste réussi sur ce coup là ! Le sous secrétariat d’État aux Droits des Femmes n’avait t il pas aidé à remettre le fonds Simone de Beauvoir géré par la Bibliothèque municipale Marguerite Yourcenar ? Passons…

Aujourd’hui, il est encore temps de réunir la mémoire radiophonique des tapettes et des goudues des années 80.

Je ne remercierais jamais assez Geneviève Pastre, ancienne présidente de la radio, de son accueil à Lumigny lors d’une université d’été LGBT où je me suis fait quasi agresser verbalement par des « mili-tantes » énervées par la fin de Fréquence Gaie. J’étais venu avec Guillaume Dustan. On était les seuls journalistes présents… Et tout s’est bien passé.

Alors un grand merci à Patrick Thévenin d’avoir exhumé ce bijou, phare des Nuits Fauves disparues.

Alors qu’Anne Hidalgo mandate Jean-Luc Romero pour redynamiser le Tourisme LGBT, faisons aussi acte de mémoire et de partage.

* Voir l’excellent documentaire de Label Video « Bernard Natan, le fantôme de la rue Francoeur » (aujourd’hui le siège de la FEMIS), en savoir plus ici.

François Mitaine

Cet article est une bouteille à la mer pour la postérité (numérique) de François Mitaine, un ancien collaborateur de Radio FG dont j’appréciais les fulgurances, la philosophie teintée d’ancien Testament et ses emphases. C’était un personnage, un galeriste de la Rive Gauche (soit une espèce particulière), capable de disserter aussi bien sur de l’excellent (vin de) Bourgogne, la balançoire de Fabrice Hyber ou sur une statue baroque. François Mitaine nous a quitté dernièrement après s’être battu deux ans contre la maladie. Cet article vise à donner quelques repères sur la Toile à la postérité sur ce que tu as fait.

Il n’y a pas tant de gens que ça avec qui la vie devient un champs des possibles et avec qui l’Histoire devient une ardoise qui se réécrit. L’art de la conversation, quel plaisir inestimable !

François, tu nous as quitté sans crier gare. On s’est connus via Henri Maurel en 1993, tu animais le magazine d’art contemporain de Radio FG, l’Atelier, qui a vu défiler tous les grands noms et artistes émergents de l’époque. Tu as fait danser tout Paris avec ton cirque, une réponse plus arty et personnelle à Global Tekno, que tu avais aidé l’année précédente pour sa première édition. FG devenait une nébuleuse agissante avec ses rendez vous et ses surprises. Et ce fut une surprise de taille, il suffit de voir la programmation…

Tu nous as invité avec générosité. On a fait les fous au Cirque d’Hiver, et tu as offert une première scène de taille à Sextoy, qui devenait alors une figure.

Tu as aussi porté sur les fonds baptismaux de l’art contemporain et de la République la alors toute pimpante Techno Parade en 1998. C’est toi qui a eu un éclair de génie en invitant l’artiste Antonio Gallego à balancer du haut du Génie de la Bastille des mots d’amour républicains bleu blanc rouge. Tu as tout géré, sans rien demander à personne. On a tous halluciné.

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Retour à New York février 1996. La ville  s’offrait à nous depuis la suite (présidentielle) du Waldorff Astoria que tu avais louée pour vendre une pomme. Une petite pomme dans un petit tableau signée Cézanne. Tu avais mené grand train et organisé une expédition digne d’une délégation officielle à coup de Concorde, limo et champagne sur canapé. J’étais alors en pleine découverte du « special K » à l’hôtel 17 sur la 14e, je devais être encore dans un demi coma, entre la cuisine laboratoire d’une copine et le Tunnel où j’allais avec Jeffrey (ce qui me permettait d’entrer dans la cabine de Junior Vasquez) et là bim tu m’invites dans la suite présidentielle. Je garde un souvenir de tes ambitions de célébrité que tu alternais avec des virées trash.

Tu étais capable de parler d’humanité aussi bien dans un lieu interlope de Manhattan, comme au Lure en ce mois de février 1996, que de parler de la Bible à des bourgeoises et collectionneurs. Tu as rejoint Henri Maurel dans la galaxie de nos rêves. Karim s’occupe de tout désormais.

Discours Henri Maurel

Merci à Olivier Degorce pour les photos.

Les petits bateaux du Luxembourg

Retour en enfance sur un des spots les plus enchanteurs de la capitale, immuable dans le monde tourmenté que le nôtre.

Cosette y a croisé l’amour, d’autres s’entraînent aux régates sur le petit bassin.

 

Ghost Culture

Soir de première à la Boule Noire mardi 17 février 2015, un nouveau talent de la « boutique des talents » est à deux doigts de se jeter à l’eau. La salle mythique de la KABP ne résonne plus des sets House et garage de Patrick Vidal and co depuis 10 ans (demandez donc aux voisins pourquoi), mais une perle passe en boucle avant le concert, un illustre morceau de la plus belle deep house  new yorkaise des débuts 90s, Rudoulpho « Touch Me ». Quel hasard !

Ghost Culture, ou James Greenwood dans le civil, 24 ans vient de sortir son premier LP au titre éponyme sur le label Phantasy d’Erol Alkan (Connan Mokasin, Daniel Avery…). Ses premiers émois musicaux résonnent du son de clarinette entendu à l’âge de 7 ans. Dès ce moment, il n’aura de cesse de s’instruire pour devenir un artiste. D’abord connu comme ingénieur au service de musiciens pas trop férus de machines (ah la technologie !), il se lance comme musicien solo. Erol Alkan a eu du flair, ce grand « routmout » dégingandé a un charme suranné, comme un Oscar Wilde synthétique, Un Morrissey sans glaïeul,  qui compose des mélodies froides aux rythmiques assurées portées par sa voix. On dirait un David Sylvian qui aurait tronqué sa « Red Guitar » pour un Korg vintage.

Planté comme un ficus lyrata sur la scène, au beau milieu de lampes chinées dans quelque broc anglaise, l’artiste se démène gentiment derrière ses machines. On le sent timide, mais suffisamment assuré pour convaincre un public conquis d’avance. Le monde s’offre à lui. Passant de « Glacier » au tube « Giudecca » sans oublier le sémillant « Lucky », l’artiste arrive à offrir une expérience plus qu’honorable. À l’opposé d’un Martin Garrix ou autre rejeton protéïné de l’EDM, Ghost Culture nous redonne quelque confiance dans le devenir des musiques électroniques, ni lapidaire, ni emphatique.

Bravo aussi à Cléa Vincent qui officia en première partie avec brio. Non loin de Léonie Pernet, cette jeune artiste a du chien. À suivre.

Écrit avec Marine Bayon

Liens :
L’artiste
La Boutique des Talents


GHOST CULTURE – LUCKY – LIVE Ce soir (ou jamais !) par ce-soir-ou-jamais

Ghost-Culture