Archives de catégorie : Music

Organisateurs électros, manifestez vous !

 

Initiée en 2012 par l’association Technopol, l’enquête auprès des organisateurs électroniques continue avec un formulaire qui permet de se manifester. Vous continuez à vous enregistrer, alors continuons !

Les contacts récoltés permettront d’envoyer un mini questionnaire dans les mois à venir.

Cela pourra servir à une prochaine enquête.

Avec la création du FOUF pour Fédération des Organisateurs Unis dans la Fête des collectifs parisiens, la poursuite du travail de défense de Freeform et de Technopol, l’étude de la Sacem sur « Les musiques électroniques en France » l’organisation d’événements électroniques reste un enjeu de structuration.

Lien formulaire

Rencontre avec Jean-Yves Leloup

Co commissaire aux côtés de No Design, Jean Yves Leloup participe à l’exposition Electrosound* de la Fondation EDF (Paris VII),  qui s’avère être une des meilleures expositions jamais présentées en France sur le sujet des musiques électroniques.

Rompant avec la manie très française de présenter un sujet jugé « segmentant » ou « trop nouveau » et de manière « pédagogique » afin d’être « accessible » (donc d’une manière rigide et souvent sans humour), les concepteurs d’Electrosound, à qui Jean-Yves a apporté son expérience de critique musical, excellent à présenter cette musique, culture et mouvement.

C’est une occasion de rencontrer Jean-Yves Leloup pour en savoir plus sur Electrosound.

Pourquoi EDF a choisi une telle exposition ?

Le nouveau délégué de la Fondation a été marqué par les musiques électroniques. Si, de manière générale, les « baby bommers » restent aux commandes, ça commence donc à changer. On dépasse à peine la contemplation effrénée du Velvet Underground pour opter pour des phénomènes apparus il y a 30 ans, comme le hip hop né en 1979 et la house et la techno nées en 1986. Paris est devenue la capitale des musiques électros mais les élites évitent d’en parler. C’était plus facile dans les années 90 (cf. la série d’expositions Global Tekno). De plus, EDF a son musée, Electropolis à Mulhouse, qui a prêté des pièces visibles au rez de chaussée de la Fondation. EDF s’intéresse aux usages rendus possibles par l’électricité.

Quel est le propos de l’exposition ?

On a préféré décrire la folle créativité engendrée par la démocratisation des outils de création (MAO) ainsi que rapporter le phénomène de l’empowerment, c’est-à-dire la liberté de création. Cette liberté est le résultat d’un climat global favorable à une explosion des créations artistiques. On a opté pour la « nouvelle lutherie » à cause de la richesse des nouveaux instruments « Made InFrance » comme le Du-Touch de Dualo ou le Touché.

Vous avez innové en matière de scénographie, dis nous en plus.

On parle principalement de technologie et surtout des usages. On préfère qu’on s’amuse avec la musique plutôt d’être « agressé » par de grosses installations sonores (reproche qu’on a pu faire à Villette Numérique par exemple avec Granular Synthesis en 2002). On a également évité les « reliques » parce que les objets personnels sont durs à exposer. On a également créé des espaces immersifs interactifs au sous sol de la Fondation comme la Boombox et la « dark room » sur les nuits avec le photographe Jacob Khrist.

Y aura-t-il une suite à cette exposition ?

Quelle est la prochaine révolution musicale ? Selon Jean-Louis Frechin, commissaire de l’expo, dans un proche avenir, les musiciens auront de plus en plus la possibilité de créer leur propre instrument. Je suis curieux de découvrir ce que donnera cette nouvelle évolution de la lutherie.

Quels sont tes projets ?

J’ai travaillé pour le CNAP (Centre National des Arts Plastiques) sur le projet « Ecouteur », un dispositif d’écoute dans la continuité des Audiolab. J’interviens dans des écoles et universités, je fais des critiques et articles de fond pour Tsugi, je réalise des edits ambient de titres électro, de pop ou de chanson (Underground Resistance, Dire Strait ou récemment Acid Washed et Féloche avec Laure Milena) et je mixe à l’occasion, comme par exemple dans un chill-out en forme de montgolfière au 6B pour Alter-Paname.

* Exposition Electrosound à la Fondation EDF, 6 rue Récamier, Paris 7. M° Sèvres-Babylone.

Du 25 mai au 2 octobre 2016 tous les jours du mardi au dimanche de 12h à 19h (sauf jours fériés). Entrée libre

Regardez les entretiens vidéos avec des artistes, passionnant.

Couverture du catalogue. Lien vers l’éditeur sur l’image.

* Le catalogue de l’exposition présente l’histoire des musiques électroniques sous la direction de JY Leloup. Cet ouvrage est indispensable et très complet.

* La playlist de l’exposition

Qwartz 10

LES QWARTZ, PRIX INTERNATIONAUX DES MUSIQUES ET TECHNOLOGIES INNOVANTES, 10ème ÉDITION DANS LE CADRE DE BPIFRANCE INNO GENERATION, ont lieu mercredi 10 juin 2015 à l’occasion de Bpifrance Inno Generation, l’événement unique de 24h dédié à l’innovation.

Avec les artistes suivants : Antenne en Fer, Benjamin Minimum, Brett Longman, Christine Webster, Clara 3000, Dyskograf, Eye’n’Ear, Hughes Germain, Jean Benoit Dunckel & Jacques Perconte, Laurent Chambert, Laurent Perrier, Leafcutter John, Max Komori, Milosh Luczynski, Night Patrol, Nina Kardec, Oval, Parade, Pierre Henry, Sascha Funke, Scénocosme, Solar Sound System, Superpitcher, Sylvgheist Maelström, The Micronauts, The Penelopes et The Shaders.

Pour venir, demandez votre invitation par le lien suivant (cliquez sur INVITATION).

 

Eden un film sur l’échec

C’est avec une certaine circonspection que je suis allé voir le film Eden. Je supporte le film depuis l’été 2013 et je félicite Mia Hansen-Love et Charles Gilibert d’avoir réussi leur pari. Ce n’était pas gagné.

Le choix de la réalisatrice, Mia Hansen-Love, de traiter d’un sujet aussi personnel que le parcours de son frère. Sven Love : ex duo Cheers, ex DJ résident des mythiques soirées Respect à Paris et ailleurs dans le monde, ancien étudiant en littérature. Délicat car le film traite de l’échec dans un contexte parisien, festif et halluciné. Une certaine grâce habite le film, une grâce ralentie ou de contemplation que le rôle principal, Félix de Givry, illustre fort bien.

Eden n’est pas un film sur la musique, c’est un film introspectif qui se déroule dans un certain milieu parisien, entre Quartier Latin et le Brooklyn du PS1.

Nous avons cru y voir un film générationnel, il n’en est rien. C’est autre chose et surtout très personnel. Il y a des séquences historiques incroyables, comme la rave du Fort de Champigny, la Yes Party (même si le visuel n’a pas été retenu au montage), le studio de FG en 1995 à Rivoli, l’équipe Respect (is burning), etc. Petite parenthèse sur FG, ceux qui ont connu le studio de la rue Rébéval s’en souviennent, le choix de DJ Deep de sortir un album sous ce pseudo est étonnant. David Blot, qui est interprété dans le film, devrait se lancer dans le cinéma, son rôle de patron de boîte est crédible, tout comme l’apparition d’Arnaud Frisch (Silencio), qui donne une grande leçon de physionomie à son physio. Cette scène a du faire plaisir à des tonnes de gens, on a tous été refoulés d’un club. Évidemment, certains peuvent penser que Hervé, qui interprète un journaliste du collectif eDEN et sur FG et qui porte des lunettes, est inspiré de votre humble serviteur. Entre parenthèse, je serais donc un des rares rôles gay… Fichtre.

Les Daft Punk seraient les anges à la manière de Théorème de Pasolini. Ils incarnent des moments précis de l’existence du rôle principal et surtout la réussite. La dernière scène, qui se déroule au Silencio, est d’une véritable cruauté, mais tellement véridique.

Le lien avec le fanzine du Collectif eDEN (le vrai nom de l’association qui a édité le canard format pocket) est factuel et permet à ce vieux coucou de la presse musicale préhistorique (à cette époque on portait des chapeaux ronds de rave et pas encore des costumes de Bob l’Éponge) de faire gentiment son come back. C’est en discussion.

Le grand succès du film est son excellente BO, qui permet aux béotiens du genre garage de se faire un cours de rattrapage. Écoutez cette émission de France Inter qui invite Sven Love (lien). Félicitons Thomas et Guy-Manuel des Daft Punk d’avoir hautement soutenu le film en accordant l’utilisation de plusieurs de leurs titres. Sans eux, pas mal de choses n’auraient pas pu se déclencher.

D’autres belles surprises :

– le Silencio a commandé (entre autres) à M/M Paris une affiche originale sur le film.

– la belle expo de photos de tournage à la galerie du 12 rue du Mail et l’ouvrage idoine de Estelle Hanania (photographe) et Angie David (écrivaine) offerts par Red Bull Studio Paris, qui a soutenu avec brio l’épopée du film.

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Il y aura d’autres surprises.

Bernard Szajner, l’autre godfather

Le Centre Georges Pompidou, en l’occurrence Serge Laurent, a accepté la proposition de création d’InFiné et de Technopol pour en faire le concert d’ouverture de saison des Spectacles Vivants. Un concert exceptionnel par un artiste pionnier des musiques électroniques à l’occasion de la réédition d’un album mythique, « Visions of Dune », paru en 1979.

Évolution est la création dans le cadre de la nouvelle édition de la Paris Electronic Week due à l’artiste Bernard Szajner présentée jeudi 18 septembre. Créditons Carl Craig, si l’artiste de Detroit n’avait pas choisi le premier album de Bernard Szajner dans son « all time top ten », InFiné n’aurait pas démarché Bernard Szajner. Mais qui est donc Bernard Szajner ?

Bernard Szajner, un artiste pionnier aux talents multiples.

Compositeur ayant travaillé avec Pierre Henry, Olivier Messiaen, plasticien de renommée mondiale avec des expositions à Paris, Berlin, Londres, Chicago, etc., créateur d’instruments de musique contemporaine, Bernard Szajner a influencé nombre de « jeunes » musiciens et est souvent cité comme Brian Eno français… Né en 1943, Bernard Szajner a d’abord composé trois albums entre 1979 et 1983, dont une libre interprétation du film Dune. Également inventeur, Bernard Szajner fait partie des pionniers de la musique électronique qui créent eux mêmes les instruments permettant des sons innovants. Cette propension à l’innovation a conduit l’artiste à créer la harpe laser que Jean-Michel Jarre a popularisé par ses concerts événements et d’autres dispositifs, comme le show laser pour le spectacle Tommy des Who. Bernard Szajner a arrêté la musique en 1983 pour se concentrer sur les arts plastiques et numériques, la scénographie et le théâtre.

La création

Extrait de la note d’intention : « C’est l’affect même du spectateur/auditeur que se trouve soumis au travers de cette performance musicale et visuelle à des « vagues » qui viennent interférer, « jouer » avec cet affect… Une dimension supplémentaire de perception est donc rajoutée à ce qui – par ailleurs – ressemblerait à une performance « normale » pour la tirer vers une dimension hors du commun, sachant que – selon l’artiste – la beauté du processus, réside dans l’inégalité des perceptions : ceux qui sont plus sensibles aux événements « complexes » liés à l’osmose recevront la performance de manière plus « complète », plus enrichissante que ceux qui sont hermétiques à ces perceptions… Une invitation à « cultiver » ses perceptions, une invitation à « évoluer » ! »

Pour le concert, Bernard Szajner crée des démons, qui sont des interfaces instruments interactives musicales, inspirées de l’imaginaire japonais. L’artiste dépasse la notion d’instrument au sens classique du terme par son ingéniosité, ce qui est un talent exceptionnel. Le concert est aussi l’occasion d’un récit imaginé et interprété par l’artiste. Le concert sera également visuel avec les « démons » et les projections.

Visions of Dune

Alexandre Cazac, fondateur d’InFiné, a suscité la création pour éditer le premier album de Szajner, un album librement inspiré du film Dune. Classe. Laissons parler l’artiste (extrait du dossier de presse) : « En 1978, j’ai entrepris de « composer » de la musique. Le processus de création – pour moi – était très simple ; je devais « faire avec ce que j’avais» car je ne savais jouer d’aucun instrument… « Quand je n’ai pas de bleu, je mets du rouge » disait Picasso. Pour « composer », je disposais en tout et pour tout d’un séquencer Oberheim prêté pendant huit jours par un ami et un magnétophone à bandes magnétiques deux pistes Revox. J’ai appris à « manipuler les sons à l’oreille et à l’instinct» comme autant de sentiments et d’émotions… J’ai accumulé en huit jours des centaines de « boucles » issues du séquencer et puis une fois le séquencer parti… Un autre ami m’a prêté un magnétophone Akaï quatre pistes… J’ai transféré alors deux pistes du Revox sur les deux premières de l’Akaï, puis deux autres pistes en parallèle… parfois, le résultat me semblait satisfaisant et je le laissais tel quel, parfois cela ne me convenait pas et je « décalais » dans le temps une des boucles, j’écoutais, je re-décalais éventuellement, etc. J’étais déjà familiarisé avec les musiques « minimalistes et répétitives » ayant beaucoup écouté certains compositeurs comme Terry Riley (mais toujours incapable de « jouer » sur un clavier, comme un « vrai » musicien)… Puis je mixais les deux pistes et obtenais une nouvelle base sur laquelle je rajoutais d’autres sons ou d’autres boucles. Il ne fallait pas répéter ce processus trop souvent car à chaque nouveau transfert, du bruit de fond et du souffle venait se rajouter et endommageait la pureté originelle des sons… »

Un peu de musique par Andy Votel

Jeudi 18 septembre 2014 – 20h – Centre Georges Pompidou – Sur billetterie

InFine

Technopol

InFine Music – Z aka Bernard Szajner