Il est étrange de constater que la parution du dernier Spartacus Travel Index n’ait suscité aucune réaction d’aucun-e élu-e ou du si discret “ministère” du Tourisme. Cet index existe depuis 1970 et permet aux visiteurs LGBTIQ+ de choisir sa destination en fonction de critères objectifs, tels que l’homophobie, les lois en faveur des personnes LGBTIQ+ et friendly, etc. La France chute de 11 places dans le classement 2019 au motif des violences homophobes et le report de la loi portant sur la PMA… La France partage la 17e position avec quatre autres pays désormais. C’est dire que la situation devient préoccupante du point du vue des observateurs étrangers, mais ce n’est absolument pas le cas pour les acteurs français du tourisme, secteur qui constitue pourtant près de 7% du PIB. L’augmentation patente, ou du moins la vigilance accrue qu’on porte aux violences homophobes, traduit également une certaine insécurité même pour les citoyen-nes concerné-e-s.

Spartacus Gay Travel Index

Le tourisme est une des industries les plus dynamiques du pays, la France accueillant près de 60M de visiteurs annuels et la destination Paris Ile de France rien moins que 30M. Le tourisme n’en demeure pas moins une action interministérielle un peu floue de l’action de l’État, la compétence est partagée entre Bercy et le quai d’Orsay. C’est Jean-Baptiste Lemoyne qui a la délégation au ministère des Affaires Étrangères.

À propos de tourisme LGBTIQ+ , seule la Ville de Paris engage une série d’actions avec le rapport remis par le conseiller de Paris Jean-Luc Romero en juin 2017 à Anne Hidalgo. Ce rapport a 52 propositions aussi bien symboliques avec la sanctuarisation de IDAHO (International Day Against Homophobia) que mémorielles avec la question des Archives LGBTIQ+ ou vraiment touristiques avec la promotion de la destination auprès des publics cibles à l’étranger. On ne peut que regretter, qu’une fois de plus, Paris fasse cavalier seule.

Il y a donc un chantier très conséquent devant nous, pour nous acteurs du tourisme ou simples citoyens et élu-e-s. Sans imaginer un seul instant que LGBTIQ+ ne désigne uniquement un “marché”, tel qu’il a été si rêvé dans les années 90 et 00, la question du tourisme LGBTIQ+ devrait occuper les préoccupations de nombreuses instances, et pas que quelques villes qui font figure de militantes comme Nice (avec son Queernaval) ou Paris.

Aujourd’hui vendredi 17 mai 2019, la principale action issue du rapport est « Prix LGBTQI international de la Ville de Paris ». Il y a bien sûr l’appel à projet pour le centre d’archives LGBTQI proposé par Emmanuel Grégoire qui est en cours. J’y reviendrai plus tard…

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