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Dossier de presse nuit Paris 2017

Chaque année, un dossier de presse sur la nuit, rédigé en plusieurs langues, est mis à disposition de la presse internationale par l’Office de Tourisme et des Congrès de Paris.

Aujourd’hui, il est rédigé par Michel Mau et Christophe Vix-Gras.

Sur nos recommandations ce dossier est renommé « Party, Night & Day ».

La lettre de mission disponible ici.

Vous pouvez donner vos actualités 2017 par ce formulaire en ligne.

Attention le formulaire ne marche que sur un ordinateur.

Vous avez jusqu’à la fin de la première semaine de janvier 2017.

Nuit : Londres et Paris annoncent des mesures

Coup de théâtre : le maire conservateur de Londres, Boris Johnson, entend s’appuyer sur le principe « Agent of Change » pour répartir les investissements éventuels en cas de conflit d’usage entre riverains et exploitants de lieux. Ce principe reconnaît un droit d’antériorité aux exploitants de lieu et une obligation aux éventuels contestataires des activités incriminées de partager les efforts… Révolution ou est ce juste un principe de médiation propre au droit anglais ? Ce principe est appliqué à Melbourne et Montréal et a même fait l’objet d’une pétition en Angleterre. Le droit d’anglais, tissé de coutumes, met au centre l’agrément, la médiation et non la rigidité du texte. Quoi qu’il en soit, le plan de sauvetage des salles de concert de la Cirty Of London est de bon fort aloi :

  • création d’un poste de « maire de nuit » comme à Amsterdam,

  • création du London Music Development Board,

  • édition d’un guide de sauvegarde,

  • protection renforcée pour les quartiers historiques musicaux (Soho, Denmark Street…).

  • Etc.

Cliquez pour avoir le London’s Grassroots Musc Venues plan d’octobre 2015

La Mairie se dote d’une instance consultative et d’un Maire de Nuit, sorte d’échevin de la night comme à Amsterdam. Londres imite peut-être la Mairie de Paris, qui s’est lancée résolument dans la coconstruction d’une politique sur la nuit * avec toutes les parties présentes (dont les riverains), mais Londres le fait en partenariat avec une instance professionnelle nationale (Music Avenue Trust). Ce modèle londonien s’inspire de celui de Toronto au Canada, qui vient de sortir un ambitieux plan de soutien à l’industrie musicale : The Mastering of a Music City. Tous ces plans sont nécessaires, des emplois locaux et non délocalisables sont en jeu.

Laurent Fabius a présenté la feuille de route pour le tourisme nocturne

Il n’est pas possible de parler de nuit sans citer la démarche originale de notre ministre Laurent Fabius, insufflant énergie et méthode dans une direction du Tourisme alors traditionnellement confiée à des seconds couteaux et dépendant de Bercy. Révolution, le tourisme est au « quai ».

En ayant intégré le tourisme nocturne aux pôles d’excellence et demandé à Renaud Barillet (Réseau MAP, La Bellevilloise…) et Frantz Steinbach (CD1D, Felin…), tous les deux initiateurs des Pierrots de la Nuit, d’auditionner 400 professionnels, un rapport de 22 mesures a été présenté en octobre dernier.

Les mesures ont de la méthode :

  • repenser les fermetures administratives pour rétablir la confiance des investisseurs,
  • créer une clause d’antériorité pour protéger les établissements de recours abusifs
  • établir une convention liant Atout France et les principaux acteurs de la vie nocturne française
  • valoriser la nuit culturelle et festive avec la mise en place d’un outil dédié de type marque ou label
  • créer une identité de marque pour la nuit française et la décliner sur divers supports de communication
  • initier une campagne promotionnelle autour de la vie nocturne française
  • organiser un évènement emblématique pour promouvoir la vie nocturne française à l’international
  • encourager la création à Paris d’un site où la vie nocturne française pourrait être mise en valeur toute l’année
  • encourager la création de lieux de fête sur l’eau dans toutes les grandes villes traversées par un fleuve ou en bordure de lacs
  • créer un site internet multilingue pour promouvoir la diversité de l’offre nocturne (lieux et événements)
  • favoriser le financement de projets de tourisme de nuit (avec la BPI),
  • consolider les statistiques et données existantes autour de la vie nocturne.

Les mesures proposées vont dans le bon sens, mais auront du mal à se réaliser sereinement sans une mission inter-ministérielle Intérieur / Justice / Culture / Jeunesse et d’un paquet législatif supprimant quelques blocages historiques **.

Saluons au passage la proposition de loi de Sandrine Mazetier (députée de Paris et VP de l’Assemblée Nationale) sur une « urbanité réussie de jour comme de nuit » en 2012, qui mériterait de faire l’objet d’un groupe de travail dans les deux assemblées.  À ce jour, les deux grands projets de loi NOTRe et Création ne font pas état de réformes notables pour le secteur, à part évidemment l’article amendé par le gouvernement autorisant la pratique amateur de l’artiste (au grand dam de la CGT, organisation elle même aux prises avec ses contradictions ***…).

Donc, oui, Paris est aux prises dans la concurrence mondiale des destinations, il serait malvenu que ce sujet soit classé ou relégué au rang de nuisances comme aimeraient certains lobbys. Ce secteur a besoin de cadre et d’une politique d’innovation. La dizaine de mesures présentées par Frédéric Hocquard lors de la plénière du Conseil de Paris vont dans le bon sens et seront reprises ici quand la Mairie les communiquera.

* au grand dam du réseau de riverains "Vivre Paris, lisez ici leur analyse du Conseil de la Nuit réuni en plénière le 21 octobre 2015. Ce qui n'est pas le cas d'Action Barbès dont on peut louer la retenue et le sérieux : lire ici leur analyse des mesures du Conseil de la Nuit.
** autorisation de nuit révocable à tout moment privant le secteur de tout investissement conséquent, pouvoir discrétionnaire accordé au préfet l'autorisant à des fermetures administratives alors que la fermeture d'un commerce est judiciaire en Europe et obligation de la licence d'entrepreneur de spectacle pour la production de spectacle (aujourd'hui les entreprises UE en sont exemptées).
*** La CGT est impliquée dans le GIP Café Culture aux côtés du réseau Culture Bar Bars et de l'UMIH (lien). Il faudra faire un choix un jour…

Berlin, l’autre pays du fromage

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Berlin collectionne les clichés, comme tout lieu chargé d’histoire. Il en est un qui se vérifie à chaque coin de rue, ou plutôt dans chaque parcelle de spot festif, c’est celui de la présence de jeunes frenchies se la collant plus ou moins. C’est le « nomadisme festif » souligné par la pétition Quand La Nuit Meurt En Sielnce et dont souffre cette bonne ville de Paris, qui n’a pas d’offre délirante pour les zozos hédonistes du week end. Les court séjours ici sont centrés autour du patrimoine et de l’art de vivre (le vin, le fromage, la bouffe, euh la gastronomie « à la fraaaaançaise »!).

Berlin collectionne bars, guinguettes « am Spree » (en bord de Spree, la rivière qui se subdivise en canaux dans la ville), parcs, « biergarten » et clubs bien évidemment. La ville a un maillage d’endroits nocturnes qui la rend incontournable sur l’échiquier européen de la scotchitude (Berghain, Watergate, Maria, Tresor, Golden Gate…), mais c’est plutôt une ambiance générale qui la distingue. Ces guinguettes en bord de l’eau, comme le Bar25 et le Club der Visionäre, les bars en général (mention spéciale à Madame Claude), ces épiceries de quartier (l’équivalent de nos fameux « rebeus ») où l’on chope des bières à 0,70 € que le vendeur vous dégoupille avec plaisir (ce n’est pas encore un réflexe parisien) sont, principalement, des invitations à passer du temps en extérieur et profiter de l’espace à plusieurs. Il n’y a pas la même quiétude d’un temps ralenti à Paris. La temporalité n’est pas la même. On est pressés et entassés à Paris, ville qui rigole sous cape de l’échec du clubbing business tel qu’on l’entend à Londres, Ibiza, Lisbonne, Miami ou même Shanghai. Cependant, selon un responsable de la Sacem Ile de France, les clubs parisiens se portent bien (c’est un autre débat, mais il faut le noter).

Le mythe du clubbing pas cher est battu en brèche, les droits d’entrée et les consommations sont moins chères qu’à Paris, la bière avoisine les 3€, mais les cocktails avoisinent les 7-8 €, et sans oublier les entrées de club qui dépassent les 10 € quand ceux ci offrent des plateaux de qualité. Il n’y a que le CDV (Visionäre) qui majore ses consommations d’un € pour les artistes. Mention spéciale pour ce lieu qui m’a permis d’écouter Mathew Dear acoudé au comptoir qui fait face à la DJ booth. Donc, l’expatrié français n’ayant que son RMI pour subsister ne sortira pas très longtemps. Le clubber français cru 2010, qui pense « sortir plus pour travailler moins », ne connaîtra pas d’extase prolongée, même si l’accessoire de fête local, le speed, est abordable (10 € le gramme selon des sources bien informées).

Les francos-berlinois se trouvent de plus en plus de l’autre côté du comptoir. Les artistes ont été nombreux à y vivre il y a quelques années, comme Miss Kittin et Agoria, mais ne sont pas restés, au contraire des artistes techno et house américains des années 80 et 90 qui se sont installé (Richie Hawtin) ou qui sont restés plusieurs années (Jeff Mills, Blake Baxter). Quelques lieux berlinois sont exploités par des expatriés, comme le HBC, Jacki Terrasse – Maria, qui peuvent décrire à leurs compatriotes les avantages et handicaps d’être exploitants, promoteurs ou limonadiers Outre-Rhin. Les contraintes administratives et règlementaires sont moindres qu’en France, les autorités sont volontaristes, les retombées touristiques sont trop importantes désormais, même si la flambée immobilière pénalise grandement l’accession des allemands peu aisés à se loger (phénomène que le Sud Ouest et la Normandie ont connu avec les anglais). Comme la concurrence est rude entre les établissements et que les artistes « tête d’affiche » voient leurs cachets s’envoler de manière proportionnée à la chute de leurs ventes de disque, l’équilibre économique n’est pas simple, et il n’y a pas fort à parier que les prix augmentent logiquement.

Les clubs berlinois font eux aussi une opération de promotion commune, comme Nuits Capitales à Paris. Samedi 11 septembre a lieu Berlin Clubnacht.

Quid du Berlin alternatif ? La pauvre « Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée » peut désormais aller gambader dans les rues rénovées de Kreuzberg ou de Prenzlauer Berg ou faire du shopping dans les boutiques tendances de la Rosa Luxembourg StraBe (un comble pour l’héroïne spartakiste…), Berlin devient la capitale de l’Allemagne réunifiée et d’un pays locomotive économique de la zone Euro. Berlin se boboïse, les immeubles croûlants qui jouxtaient des squats ou des bars ou clubs sont remplis d’habitants pétitionnant contre le bruit. Remarquez, ils ne font pas la grève de la faim, comme les riverains de la Mécanique Ondulatoire (CP_mecanique-ondulatoire), encore autre affaire à suivre.

Cadeau de Xanaé & Nicolas, interview du physio du Berghain.

Paris aime la nuit

Promotion touristique et voisinage ne font pas toujours bon ménage à Paris. Heureusement, ça bouge.

Alors que la fréquentation touristique de Paris Ile de France a baissé pour la première fois depuis des années, montrant quelques grosses faiblesses sur certaines cibles, en particulier les jeunes, la Ville de Paris s’engage dans le soutien d’une guide nuit permettant aux publics de mieux apprécier l’offre parisienne.

Malgré les esprits grincheux coutumiers, la scène « festive » parisienne est loin de l’immobilisme, l’agenda des bars, des clubs et des salles de concert est tellement rempli qu’il est quasi impossible de tout faire. De plus, aujourd’hui, l’offre des salles de musiques actuelles (SMAC et autres) franciliennes dépasse celle des lieux parisiens, comme l’affirment la Sacem, qui perçoit plus de droits en Ile de France qu’à Paris intra muros (en exceptant néanmoins Bercy, le Zénith et l’Olympia). Étrange quand même !

L’annonce de Jean-Bernard Bros, adjoint au Maire de Paris en charge du Tourisme, tombe à pic. Les exploitants de bars et clubs ont du mal à encaisser l’interdiction de la cigarette et la crise économique, les chiffres parlent de même et démontrent une accélération des fermetures de lieux qu’il sera difficile de contrer.

Un pass nuit semble donc être une politique intelligente de stimulation des acteurs économiques d’un secteur légérement important (tourisme = première économie de Paris) et totalement dénigré par les élus qui n’y comprennent pas grand chose.

Avec le vote du Conseil de Paris lundi 24 novembre en faveur d’un partenariat entre la Ville de Paris et la Chambre Syndicale des Cabarets Artistiques et Discothèques, la Ville de Paris se décide enfin, après une étude sur la nuit diligentée par le Bureau des Temps et la Délégation au Tourisme qui a validé la place de la nuit dans l’emploi parisien, à lancer un « pass nuit » en mai 2009.

L’objectif est de promouvoir la nuit artistique, musicale et festive de Paris auprès des touristes, par deux types de supports :

1/ un plan guide bilingue annuel, diffusé à 200.000 exemplaires, permettant de cartographier les lieux et quartiers de la nuit parisienne et donnant un ensemble d’informations pratiques ;

2/ un site internet permettant de faire une recherche multi critères sur l’agenda artistique, musical et festif de la nuit parisienne.

Question : est ce que le « pass nuit » comprend un avantage financier pour ses détenteurs dans les lieux partenaires ? Réponse bientôt.

« Paris la Nuit »: sortons de la carte postale !