J’aurais eu du mal à imaginer me rendre au Centre LGBT il y a des années, malgré mes penchants agit-prop naturels. Une nouvelle politique anime le lieu, depuis l’arrivée d’Hervé Latapie (la Boîte à Frissons, Paris Gay Village), qui propose entre autres des rencontres avec des acteurs, dont pas mal sont des amis. Le Centre semble devenir un exemple de la « société des amis », chère à nos anciens Grecs.

Fin 2018, Jenny Bel Air est venue exprimer à Ciel Mon Dimanche avec sa gouaillle légendaire ses souvenirs et sa façon très personnelle d’exprimer les choses. Sacrée Jenny, elle a même émue la salle avec sa minute de silence, après qu’on ait ri à ses souvenirs piquants. Lisez ses livres, dont surtout Créature écrit avec François Jonquet pour apprécier le personnage.

Ciel Mon Dimanche! avec Jenny Bel Air animé par ma pomme

Dimanche 10 février 2019, c’était au tour de Patrick Cardon de confier quelques 40 ans de militantisme, d’éditions de livres rares et de cinéma. Les livres édités par les Cahiers Gay Kitsch Camp sont pour la plupart des rééditions érudites complètement foldingos. Une réunion avec des réfugiés avait lieu juste avant et a laissé place à la présentation de diapo de Patrick (en mode Nan Goldin donc). Une répétition de musiciens classiques avait lieu à l’étage, ce lieu bourdonne comme une ruche.

Revendiquant une follitude totale, issue de son penchant anarchiste, il se présenta aux élections municipales à Aix en Provence en 1977. En ce temps Aix était au top de la fête (et de la mafia) avec le Krypton, le fameux club de Gaetano Zampa, inauguré par James Brown en personne… Ce fut une occasion de présenter la géographie du FHAR (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) de Nice à Marseille et l’état d’esprit de l’époque, mais un sacré parcours jalonné de victoires comme son festival de cinéma Question de Genre, d’échecs comme les nombreuses vies de sa maison d’édition.

À la sortie de la rencontre, on apprend (scoop) la tenue d’une expo sur le cinéma LGBT à l’Hôtel de Ville en marge de la Quinzaine des Fiertés par Alain Burosse, Didier Roth-Bettoni et un un-e 3e larron(ne). Comme dit l’autre, il se passe des choses.

Il faut écouter son intervention dans la Marche de l’Histoire de France Inter

Patrick Cardon expliquant le choix du logo de ses éditions : deux rats qui se sucent la queue.

Ces rendez vous se font avec les Archives LGBT, qui, malgré une absence de local, s’est attribuer une subvention de la Ville de Paris et une autre de la DILCRAH, qui soutient le projet de mémoire radiophonique LGBT, présenté sur ce blog. Donc à suivre.

Publié par christophe

Associé de Rosa Bonheur - Consultant artistique, communication & web - Chargé de mission à Technopol - Techno Parade

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