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Une discothèque municipale, un prêtre, Booba et un mort

La ville de Saint Raphaël n’est pas Ibiza, ni même le Cap d’Agde avec sa fameuse île des loisirs et des clubs en plein air. C’est une ville qui s’est fait remarquer dernièrement par un fait divers malheureux dont seuls Var Matin et le Canard Enchaïné se sont fait l’écho.

L’édile local, le député-maire LR Georges Ginesta, a transformé un site technique de la mairie en discothèque pour un investissement de 5,5 M€. Le Colisée fut inauguré en grande pompe le 28 mai dernier (voir Var Matin) sous la bénédiction du curé. La fête serait elle devenue un enjeu si stratégique que ça dans ce département ? Le Var est plutôt connu pour les refus d’autorisation, comme Funky Family et Amne’Zic Festival en 2014.

En fin de soirée, après un concert de Booba, un jeune de 20 ans a trouvé la mort et 11 personnes ont été blessées samedi 29 août 2015 vers 5h30 par des agresseurs toujours en fuite, malgré les 49 caméras installées dans ce havre de paix et de fête (voir ici).

Une marche blanche a été organisée en mémoire de la victime, Ichem Guerrich, samedi 5 septembre, au départ du Colisée.

La démarche de l’édile local de promouvoir des loisirs en toute sécurité sous les auspices de l’eau bénite se voit contrariée par la réalité de l’exploitation du lieu, dont les comptes soulèvent des inquiétudes. La confusion est à son comble et illustre la difficile transparence des élus locaux. Dans quelle mesure une mairie peut se substituer à ce point aux acteurs économiques ?

Non loin de là, après sa victoire aux élections municipales de 2014 et son élection au Sénat, David Rachline fait de son mieux pour placer la ville de Fréjus sur la carte de la nuit. Il ne veut pas n’importe quelle fête, il veut sa « fête » avec ses amis et prestataires prioritaires (voir Marianne), la Patrouille de l’événement. Le festival Funky Family a fait les frais de son favoritisme et a placé la ville sur la « cartocrise« , malgré le soutien de Technopol.

Ce genre d’affaire n’est pas nouveau, Aix En Provence a eu l’affaire du Krypton, en lien avec la « french connection », qui a coûté son son siège au maire d’alors, le mari de Maryse Joissains, actuellement maire de la ville. Vibrez donc à la voix de Danièle Gilbert lors de l’inauguration du club en 1980…


Le « Krypton » : Discothèque des 80’s-(aix-en… par <a

Pour suivre avec intérêt ce haut fait de la vie nocturne, consultez le blog de Pierre Gout.

Summer Of Love 2014 ?

Weather-Bourget1988, les Anglais gravent dans le sable d’Ibiza les sillons d’une nouvelle pop culture à coup de beats, DJs, clubs sous les étoiles, full moon parties, etc. 2014, Paris fait la fête et offre une large place à la culture électro.

On dirait que la météo en Ile de France est fâchée contre la rafale de festivals électros des mois de juin et juillet. La saison a d’abord commencé par Marvellous Festival, puis a suivi le Weather Festival orchestré par Surprize début juin. L’offre était énorme : une fête pour 40 000 personnes au Bourget avec une programmation exigeante et tout ce qu’il faut pour contenter le clubber biberonné au Rex Club, une soirée inaugurale avec UR à l’IMA accueillie par Jack Lang, une fête de fin sur l’Île Seguin sous chapiteau avec un plateau de qualité encore une fois remarquable, etc. Après plus de dix ans d’activité et avoir réinventé la nuit parisienne le jour sur leur barge avec Concrete, les deux activistes Aurélien et Adrien peuvent s’enorgueillir d’avoir réussi un énorme pari : satisfecit général avec 35000 entrées, pas de problème particulier à signaler. Il n’y a pas eu d’annulation de dernière minute, juste un changement de site sur le plein air qui a quitté Bobigny pour Boulogne-Billancourt (ce qui a contrarié The Tribes qui devait se produire sur le même site) et surtout pas de raz de marée de commentaires négatifs sur Facebook comme cela a tendance à pleuvoir quand ça se passe mal désormais quand le public n’est pas content, comme ici avec une page résolument énervée contre un organisateur.

Ont suivi The Tribes à la Cité du Cinéma, Lost In A Moment / Haïku au Bourget, Macki Music Festival à Carrières sur Seine, My Electro Family à Mantes la Jolie et la liste des « open air » et sauteries en tout genre est longue.

Cette petite tempête dans le monde merveilleux de l’organisation d’événement aura au moins fait comprendre que le public peut traverser vraiment le périphérique et qu’un équilibre peut exister entre producteurs et exploitants de lieux, qui eux aussi, connaissent une sacrée embellie. Plus de 50% de nouveaux lieux en 2013 par rapport à 2012 selon la préfecture de Police de Paris, quelques lieux clubbing sont annoncés pour la rentrée des classes : un nouveau lieu en face du Showcase par le même exploitant, la clique Sonotown ouvre un lieu rue de Clichy… C’est la fête !

La fête est peut-être gâchée par la fâcheuse tendance des maires, plus ou moins FN, du département du Var à annuler tout ce qui peut ressembler à des rassemblements licencieux et dérangeants pour leur nouvel ordre moral. Les festivals Amne’Zik au Luc et Funky Fest à Fréjus ont été annulés sur décision des maires. Tidal Wave à Néoules à fait les frais de la pression de la préfecture sur le maire, qui n' »a pas autorisé la manifestation. Par ailleurs, le festival Family Piknik est l’objet de l’ire du nouveau maire (ex PS) de Montpellier, comme le démontre ses déclarations aux Inrocks. Technopol monte au créneau, lire le communiqué ici.

Paris et un peu sa région danse pendant que le Sud se prend les pieds dans le tapis (de danse). Évidemment, cela ne concerne ni Saint Tropez où Paris Hilton empoche des cachets mirifiques au Nikki Beach et ni Marseille où rien ne se passe, malgré le travail de certains à éveiller les consciences locales (spéciale dédicace à Lionel Corsini aka DJ Oil). Rendez vous à la prochaine Techno Parade samedi 13 septembre 2014.