Archives par étiquette : Techno Parade

Manifester & danser pour ses idées

Aujourd’hui samedi 24 septembre 2016, Paris danse sous le soleil. Après la Marche des Fiertés, c’est au tour de la Techno Parade de réveiller le pavé parisien. Malgré les attaques multiples contre nos libertés depuis Charlie Hebdo, on manifeste et danse encore en France. Cela veut dire que cela a du sens. Danser = vivre ! Les deux manifestations ont des points communs et se complètent. Explications.

Une Marche des Fiertés qui a du sens mais qui manque de son

La Marche des Fiertés offrit un panorama des plus engagés, du cortège des trans énervées du STRASS au char des folles étudiantes écolos en peau de mouton au véhicule militaire des cuirettes de l’ASMF, les LGBTI étaient dans la rue. C’était certes dommage qu’au lendemain de l’attentat homophobe à Orlando, une plus grande manifestation de personnalités ne se soit pas exprimée à l’encontre de possibles autres victimes de l’homophobie rampante que nous connaissons à tous les étages de la société.

C’est pourquoi, je tente de lancer une collecte de fond au profit de la lutte contre l’homophobie avec le SNEG & Co, l’Inter LGBT et Radio FG sont OK. Ça avance !

Revenons à nos moutons. Ce qui est bien est que le défilé ait lieu, mais il manque de démarche artistique et d’ambition. Aucun établissement LGBTI n’est visible sur le parcours (même pas Rosa Bonheur qui soutient Lesbotruck), il y a un hic. Ce hic devrait s’estomper si une collaboration vertueuse peut se créer entre les membres du SNEG et les associations du SNEG & Co. Allez, on y croit, rendez vous en 2017.

Choc de la Marche, ce char était en fait celui du tournage du film sur Act Up Paris par les réalisateurs

Choc de la Marche, ce char était en fait celui du tournage d’un film sur Act Up Paris !

Pour un diaporama plus complet, consultez celui de Yagg.

Une Techno Parade pleine de sons mais qui manque de sens



Il fait beau en ce jour de Techno Parade. Elle défile encore avec ses dix chars hardcore, techno, EDM, breton, hollandais et de BDE. C’est un exploit du à la ténacité de Technopol et des pouvoirs publics, qui ont joué le jeu pour que la fête de rue existe et fasse danser Paris. Le dispositif de sécurité mis en place par la Préfecture de Police est efficace, cela réduit le #bingedrinking grâce aux fouilles et cela rassure tout le monde.

Les chars se sont aligné sur le quai haut François Mitterrand (un symbole) face à un Musée du Louvre rayonnant dans ce soleil d’été indien. Deux chars hardcore illustrent l’ancrage dans la culture techno, dont celui du festival Hardshock de Hollande. Bravo au char Breton qui porte brillamment la coiffe bigoudene.

Seuls les ministres Audrey Azoulay et Jack Lang ont fait le déplacement pour soutenir la manifestation et Technopol. La déclaration de la ministre de la Culture & de la Communication est appréciable et affirme le soutien du ministère à l’éco système électronique, qui fera l’objet d’une étude spécifique soutenue par la Sacem et Technopol présentée au Mama le 12 octobre prochain.

La manifestation aurait pu être le moment d’une annonce politique concernant la Jeunesse, thème du quinquennat actuel, sur les « rassemblements festifs ». Ayant tenté d’annuler auprès du Conseil d’État le décret issu de l’amendement Mariani (intégré à la loi Sécurité Quotidienne adopté entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2002), Technopol aurait en toute logique accueilli positivement l’annonce d’un assouplissement de la réglementation en cours de révision actuellement par Freeform (voir ici). Les propos du préfet de l’Aude illustrent le travail de médiation indispensable. Près de 4000 rassemblements ont lieu chaque année selon Freeform sans que la réglementation soit appliquée… Pour les organisateurs électroniques pros, la situation reste parfois délicate, comme l’a démontré les difficultés encontrées par Alter Paname lors de leur événement à Villepintes le 1§ septembre dernier. Sur ce sujet, la conférence sur les collectifs lors de la Paris Electronic Week réalisée par Technopol à la Gaïté Lyrique en amont de la parade est très intéressante. Otto 10 déclare ne rien organiser à Paris, c’est trop compliqué. On peut constater que la Seine Saint-Denis n’est pas simple non plus.

Il y a encore du travail sur le terrain

Il y a encore du travail sur le terrain

On n’arrête pas un peuple qui danse et qui vote.

Une Ecole des DJ paradisiaque

Sur invitation de Pascal Tassy, directeur de l’École des DJ / UCPA, j’ai fait une intervention sur la Techno Parade jeudi 16 juin dernier à l’École des DJ du Normandoux (près de Poitiers) créée par l’UCPA avec le soutien de l’UMIH (1er syndicat en France pour les CHRD). L’intervention portait sur deux sujets : la Techno Parade et les nuits parisiennes. Il était question de faire un témoignage utile pour la quarantaine d’apprentis de l’École pour leur future carrière.

Avec le diaporama extrait de la rubrique historique de technoparade.fr, les apprentis ont écouté avec attention les raisons de la création de la « manifestation festive & revendicative », le mode opératoire en matière technique et administrative et la présentation du Guide du Chariste de l’édition 2016. Les apprentis ont été nombreux à savoir comment réaliser son propre char. Il semblerait que la production d’un char « École des DJs » suscite de l’intérêt et serait un projet excitant pour les quatre promotions des écoles, en effet il y a deux sites pour l’école, Lyon (site historique) et le Normandoux.

La présentation des nuits parisiennes a été illustrée par la présentation réalisée pour la table ronde sur le dynamisme de la scène électronique en Ile de France avec le RIF en septembre 2014. Ce document montre la diversité des « employeurs » potentiels des futurs DJs. Une carrière de DJ se gère désormais au long cours. Avoir des gigs et des résidences à Paris est un rêve pour les apprentis. L’intervention a aussi permis de décrire le support qu’offre le réseau Technopol à ses adhérents et aux DJs en voie de professionnalisation.

Cette intervention a démontré une fois de plus l’intérêt que suscite la Techno Parade encore aujourd’hui dans l’imaginaire collectif. L’école est installée au cœur du domaine hôtelier du Normandoux dirigé par Laurent Lutse, en charge de la Nuit à l’UMIH, qui a vu le potentiel pédagogique d’une telle localisation. L’école est dans un écrin de verdure, les apprentis profitent d’un cadre idéal pour décrocher leur diplôme. C’est presque le paradis.

Article repris par Technopol

House Nation by HM

En 2006, Technopol avait eu la bonne idée de célébrer les 20 ans de la House.

On prenait comme référence la sortie de « Love can’t turn around’ du cultissime Farley Jackmaster Funk, dont le talent n’aura pas dépassé un single.

Le texte figura dans le journal de la Techno Parade 2006.


Au commencement fut la Motown de Detroit. mythique label soul, expression politique et artistique du Black Power. Cette prolifique production des années 70 (Temptations, Supremes,  etc.) avait du mal à se faire connaître en France alors en plein triomphe du Rock US et du post yé-yé. A l’occasion d’une expatriation en Afrique au début des années 70, j’eus le privilège d’une rencontre clé. Une de ces rencontres qui décide un peu de votre vie future, une incroyable plongée émotionnelle et sensuelle dans les sons, les couleurs et les mythes de la soul music dans laquelle baignaient alors mes étudiants, et qui ne fit qu’une bouchée de mes niaiseries de jeunesse. Si, auparavant Bach, les églises et la radio déjà (tard sur Radio France…) avaient ouvert la voie à un amour toujours intense des musiques, peu « actuelles » et plus « éternelles », votre obligé était, il faut le dire, encore un peu innocent côté zique. La Motown s’est chargée de le dépuceler sans façon et depuis ça n’a pas arrêté… Mon arrivée définitive à Paris m’a permis de vivre les derniers feux du Palace et les premiers sets de Laurent Garnier. Nouveau déclic, nouvelle décharge émotionnelle. Danse, transe, dance… Le compte fut bon, le corps avait pris définitivement le dessus et hop, tous en rave ! Pas encore de DJs à chaque coin de rue mais c’était bien le début d’une autre histoire. La France avait également tourné la page avec Mitterrand. Et déjà pointait l’heure du monde électro. Je suis alors littéralement tombé dedans. Comme d’autres sirotent leur potion magique, j’ai tété de la House et dansé, dansé, dansé jusqu’à l’aube au Manhattan, à la Luna, au Boy, au Queen à ses débuts, à l’An Fer de Dijon et sur bien d’autres interlopes dance floors. Il fallut trouver du grain à moudre sur une (radio) FG devenue entre-temps muette. Alors ouvrons, ouvrons grand  la cage aux oiseaux ! Une nouvelle saga a débuté en 1992, il y quinze ans déjà au temps des Mozinor, de l’Hôpital Ephémère, l’Abbaye du Montcel, des Love Parade, des Boréalis, bref, que du bonheur ! En 1998, il y eut la place de la Nation pour la première Techno Parade, puis en 2006, la Bastille pour la Marche des Fiertés. Entre temps, on a créé la French Touch de toutes pièces… Mais, voyons, vous ne vous arrêterez donc jamais ? Et pourquoi donc, je vous le demande ? Love is in the house, music is our nation. Let’s dance !

Let’s dance, luv & happiness.

Henri Maurel

TribuneHM_TP2006

Bilan de la Techno Parade

Forte de son succès, Technopol engage dès à présent l’organisation de la Techno Parade 2011 tout en poursuivant son programme d’actions de fond : développement des stages de formation professionnelles & artistiques, animation des groupes de travail thématiques (Techno Polarités), projet de développement du premier site internet professionnel de ressources dédié à la musique électronique en France et création d’un réseau des festivals émergents. Voilà ce qui est le plus important dans le communiqué bilan de la Parade qui a été pondu cette semaine et dispo ici : CP Bilan TP 2010.

On ne fait pas cette foutue parade pour se faire reluire, on croit encore à ce que la fête transcende les différences et anime un peu cette capitale morose, où les gens vont en club et ne dansent pas sur la piste. Je ne comprendrai jamais pourquoi on peut aller en club et ne pas danser, sauf quand on est un intellectuel aussi taré et brillant qu’Alain Pacadis.

L’actualité est désormais centrée sur les Nuits Capitales. Cette réponse par la pratique festive à la théorie de la pétition Quand La Nuit Meurt En Silence verra ses détails dévoilés sous peu sur le site d’information. La création d’une opération de promotion sectorielle, du genre la Fête du Cinéma ou Un ticket pour deux, n’est pas une mince affaire. Croyez moi… (et cela reste toujours une utopie – maj janvier 2016)…