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Les Inrocks n’iront pas au Louvre et tout le monde boit l’apéro

L’actualité parisienne, comme à la Belle Époque, recèle plein de faits divers et de mini scandales qui n’en disent pas long sur la turpitude de notre époque. Dernier fait en date dans le paysage culturel bobo culture : l’annulation du festoch des Inrocks prévu au Louvre le 18 juin avec un plateau digne du plus grand intérêt, comme l’a révélé le Point. Il s’agirait en fait d’une pression du président de Solidays, festival francilien récoltant des fonds pour la lutte contre le VIH, qui serait à l’origine de la demande par Carla Bruni et Frédéric Mitterrand sur Henri Loyrette, président directeur du Louvre. Mais il y a aussi une lecture plus politicienne, le propriétaire des Inrocks, Mathieu Pigasse, se présentant comme un soutien très actif du Parti Socialiste et comme à un éventuel présidentiable, aurait été victime des foudres élyséennes. Comme le contrat de location du lieu n’avait pas été signé, la non signature a été simple et aura coûté plus de 100 000 € aux Inrocks.

À côté de ses déboires, la tendance de certains à boire en public commence à être un sujet de débat dans les chaumières et les médias. La mode des apéros géants se répand dans le pays et se substitue au vieux teknival, trop rural, trop compliqué à monter. Lisez l’article du Nouvel Obs. Maintenant, tu postes un événement sur Facebook à partir d’un faux profil créé à partir d’un faux compte mail, tu joues sur la concurrence clochemerlesque dans les régions (Rennes est plus fort que Nantes !) et tu as de fortes chances de réunir pas mal de tes copains et d’inconnus prêts à se la mettre avec toi.

Les politiques s’en mêlent et même s’ils ne pensent pas à énième une « loi de circonstance », aussi débile que le phénomène qu’il veut contraindre, la tentation semble grande. Certes, il y a peut être un vide juridique sur la responsabilité de l’internaute à l’ère de Facebook, mais l’encadrement légal en France des libertés individuelles et des manifestations dépasse l’entendement, même si c’est fait au nom de notre protection. À force de trop vouloir notre bien, on veut se faire du mal, tout simplement pour réagir à la sinistrose ambiante : une crise qui ne dit pas son nom et un climat catastrophique (bonjour l’été froid à cause du volcan).

La secrétaire d’Etat au Numérique Nathalie Kosciusko-Morizet prône « le même genre de politique » que celle adoptée vis-à-vis des « rave parties » dans les années 90, a t elle déclaré sur Europe 1. Qu’attendre d’un tel projet ? L’amendement Mariani a réussi en tout point, comme me l’avait confié en 2003 Emmanuelle Mignon quand elle conseillait alors un ministre de l’Intérieur présidentiable. Il n’y a plus de teknivals, juste quelques free parties éparses désormais. Bouter la fête hors de l’espace public, après avoir été jetée des débits de boisson, reviendrait à quoi ? On cherche encore.