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Rencontre avec Jean-Yves Leloup

Co commissaire aux côtés de No Design, Jean Yves Leloup participe à l’exposition Electrosound* de la Fondation EDF (Paris VII),  qui s’avère être une des meilleures expositions jamais présentées en France sur le sujet des musiques électroniques.

Rompant avec la manie très française de présenter un sujet jugé « segmentant » ou « trop nouveau » et de manière « pédagogique » afin d’être « accessible » (donc d’une manière rigide et souvent sans humour), les concepteurs d’Electrosound, à qui Jean-Yves a apporté son expérience de critique musical, excellent à présenter cette musique, culture et mouvement.

C’est une occasion de rencontrer Jean-Yves Leloup pour en savoir plus sur Electrosound.

Pourquoi EDF a choisi une telle exposition ?

Le nouveau délégué de la Fondation a été marqué par les musiques électroniques. Si, de manière générale, les « baby bommers » restent aux commandes, ça commence donc à changer. On dépasse à peine la contemplation effrénée du Velvet Underground pour opter pour des phénomènes apparus il y a 30 ans, comme le hip hop né en 1979 et la house et la techno nées en 1986. Paris est devenue la capitale des musiques électros mais les élites évitent d’en parler. C’était plus facile dans les années 90 (cf. la série d’expositions Global Tekno). De plus, EDF a son musée, Electropolis à Mulhouse, qui a prêté des pièces visibles au rez de chaussée de la Fondation. EDF s’intéresse aux usages rendus possibles par l’électricité.

Quel est le propos de l’exposition ?

On a préféré décrire la folle créativité engendrée par la démocratisation des outils de création (MAO) ainsi que rapporter le phénomène de l’empowerment, c’est-à-dire la liberté de création. Cette liberté est le résultat d’un climat global favorable à une explosion des créations artistiques. On a opté pour la « nouvelle lutherie » à cause de la richesse des nouveaux instruments « Made InFrance » comme le Du-Touch de Dualo ou le Touché.

Vous avez innové en matière de scénographie, dis nous en plus.

On parle principalement de technologie et surtout des usages. On préfère qu’on s’amuse avec la musique plutôt d’être « agressé » par de grosses installations sonores (reproche qu’on a pu faire à Villette Numérique par exemple avec Granular Synthesis en 2002). On a également évité les « reliques » parce que les objets personnels sont durs à exposer. On a également créé des espaces immersifs interactifs au sous sol de la Fondation comme la Boombox et la « dark room » sur les nuits avec le photographe Jacob Khrist.

Y aura-t-il une suite à cette exposition ?

Quelle est la prochaine révolution musicale ? Selon Jean-Louis Frechin, commissaire de l’expo, dans un proche avenir, les musiciens auront de plus en plus la possibilité de créer leur propre instrument. Je suis curieux de découvrir ce que donnera cette nouvelle évolution de la lutherie.

Quels sont tes projets ?

J’ai travaillé pour le CNAP (Centre National des Arts Plastiques) sur le projet « Ecouteur », un dispositif d’écoute dans la continuité des Audiolab. J’interviens dans des écoles et universités, je fais des critiques et articles de fond pour Tsugi, je réalise des edits ambient de titres électro, de pop ou de chanson (Underground Resistance, Dire Strait ou récemment Acid Washed et Féloche avec Laure Milena) et je mixe à l’occasion, comme par exemple dans un chill-out en forme de montgolfière au 6B pour Alter-Paname.

* Exposition Electrosound à la Fondation EDF, 6 rue Récamier, Paris 7. M° Sèvres-Babylone.

Du 25 mai au 2 octobre 2016 tous les jours du mardi au dimanche de 12h à 19h (sauf jours fériés). Entrée libre

Regardez les entretiens vidéos avec des artistes, passionnant.

Couverture du catalogue. Lien vers l’éditeur sur l’image.

* Le catalogue de l’exposition présente l’histoire des musiques électroniques sous la direction de JY Leloup. Cet ouvrage est indispensable et très complet.

* La playlist de l’exposition

Expo French Touch

Une affiche qui fit la ruine d’un producteur, mais quelle soirée !

Décidément, la French Touch est une marmite encore en ébullition attirant un public curieux et plutôt jeune. Inquiet de voir des brontosaures comme moi arpenter les allées de l’exposition que les Arts Décoratifs dédie à la séquence 1993/2000 de la production électronique française, j’étais plutôt rassuré de voir des têtes inconnues et d’autres plus communes : Loïc Prigent (ayant célébré le retour de la rave sur Canal Plus et déclenché les foudres préfectorales en Seine Saint Denis), Cyrille Lascaud, Alexandre Moggi et Olivier Degorce de M&M’s, Jean-Benoît Dunckel, Olivier Boscovitch, La Shampouineuse… Le vernissage était presque une fête de famille.

Amélie Gastaud, la conservatrice en charge de l’exposition, a préféré une présentation par label, reconnaissant ainsi le lien explicite entre musique et image. Tout passait par là, les labels se dépensaient en créativité, même si des bataillons de pochettes et de flyers peuvent dormir désormais au fond des décharges tellement je ne veux pas les revoir. La scénographie réalisée par 1024, dont on peut voir au Social Club la déco « futuristico Tron », est légère. Le choix d’avoir offert l’allée centrale aux photos de M&M’s est excellente (cela rappelle trop Global Tekno).

Contacté par la commissaire d’expo, j’ai écrit un texte sur le flyer pour le (beau) catalogue (extrait ici). Une suite plus fouillée est à méditer pour ce blog ou pour un autre ouvrage. Cela donne envie de relancer le « flyorama », rubrique avortée de ce blog.

Il est dommage de ne pas avoir pu crédité Nicolas Foucher de la photo de couverture d’eDEN 5.

Photo Nicolas Foucher – DA par M/M Paris

Exposition aux Arts Décoratifs, 107 rue de Rivoli, 75001 Paris, jusqu’au 31 mars 2013.