O Venezia, Venaga, Venusia

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La 53e édition de la Biennale de Venise de l’Art a lieu dans une ambiance « Titanic » : ville qui s’enfonce dans son décor suranné suscitant une ambiance fin de siècle, pavillons nationaux à l’Arsenal et aux Giardini à la « petite semaine » pour la critique, parcours artistiques (le Off) plus intéressant dans la ville, ouverture sensationnelle de la Punta della Dogana… Une fois de plus, le grand « circus » de l’art a bien marché, même si la crise a réduit les cocktails et tempéré les extravagances qu’on aurait aimées revoir. Cependant, la « petite musique » de Nino Rota reste dans nos coeurs : « O Venezia, Venaga, Venusia ».

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Venezia, Punta della dogana

Pinault’s Art System

Il est vrai que le magnifique site en forme de triangle de la Douane de Mer, concédée par la Commune de Venise à la Fondation Pinault, réaménagé comme une cellule de moine Gucci par Tadao Ando (le même qui devait concevoir le site de l’Ile Seguin), ne présente que des pièces conséquentes d’artistes ayant une côté certaine ou qui sont en train d’accéder au top 20 des artistes contemporains jet set. On en prend plein la figure, mais on n’est pas hyper convaincu d’avoir compris le sens de la sélection au final. Ce nouveau site s’ajoute au Palazzo Grassi, qui fit parler de lui quand le collectionneur préféra finalement la « Sérénissime » à l’Ile Seguin de Boulogne-Billancourt (Hauts de Seine). Il est remarquable qu’un tel collectionneur français et européen s’investisse autant de la sorte, cependant quel dommage de n’y voir aucun artiste hexagonal ! Hou Anru affirme qu’il y a l’artiste Chinois vivant en France préféré de de Villepin. C’est une démonstration que les Français ne peuvent égaler les Anglais, eux qui ont soutenu les YBA (Young Britis Artist) dans les 90 (cf. Saatchi & Saatchi Collection). C’eût été un coup de booster que le « Grand Soir » de Claude Lévêque aurait eu grand besoin, quoi qu’on pense de cette installation. La création de cet artiste, que j’apprécie depuis longtemps, déçoit. Ce n’est pas encore pour aujourd’hui le « Grand Soir » ni pour l’artiste et ni pour les « masses laborieuses » par ailleurs. Et pour revenir sur la Fondation François Pinault, le constat d’un véritable éco système mis en place par l’industriel, mécène, collectionneur et marchand d’art (Christie’s) s’impose en arpentant les nobles et augustes salles des deux sites de la Fondation. Il y aurait là une « force de l’art » diablement plus efficace que la triennale en question créée par la Délégation aux arts plastiques du Ministère de la Culture. Les deux démarches devraient se complèter, car la politique culturelle existe pour pallier les insuffisances du marché et de la société.

Visuel de M/M pour le Padiglione Internet de Miltos Manetas

Quelques bonnes surprises

Le pavillon estonien met en avant sous forme documentaire les heurts entre russophones et estoniens. En trois vidéos, on voit l’artiste remplacer par une jolie copie dorée la statue soviétique, enlevée puis replacée par l’État estonien dans un quartier russe, et créer un mini scandale. Le pavillon thaïlandais présente de façon kitsch & trash les attraits touristico-sexuels de ce beau pays, l’installation est une agence de voyage où le visiteur peut commander son séjour… Le « pavillon Internet », ou padiglione Internet, de Miltos Manetas, artiste, peintre et grand gourou du web, est illustré par un visuel de M/M Paris. Manetas fait une pirouette humoristique sur ce média absent des programmations artistiques, il est vrai qu’il est assez surprenant que l’omni présent web soit aussi peu source d’inspiration ou technique de création.

André Rouillé, de son pupitre de Paris Art, n’aime pas la Biennale et le dit dans cet édito.

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