La culture selon François Hollande

La place de la culture dans l’actuelle campagne présidentielle est marginale au vu des enjeux économiques, géo-politiques et sociaux qui s’abattent sur l’hexagone. Il y a quelques mois la dette du pays monopolisait tout. Entre temps, un certain Toulousain a attiré l’attention générale pour faire oublier le lourd bilan du président sortant et décrédibiliser le candidat socialiste sur la question de la sécurité. Un grand classique de manipulation que le président sortant réussit sans mal à mener.

Dans un discours au Cirque d’Hiver le 18 mars 2012, François Hollande a déclaré que « Bertrand Delanoë, présent parmi nous, est exemplaire en matière culturelle ». Certains acteurs culturels ne pensent pas la même chose que le candidat socialiste, lisez la tribune de David Langlois-Mallet pour en savoir plus sur la « municipalisation » de la politique culturelle parisienne.

Que dire au concessionnaire d’un restaurant au 104 qui fait en moyenne 4 couverts en moyenne le jeudi soir ?

Certes il a fait une mauvaise affaire et il ne fallait pas croire la promesse d’une « rue animée » promise par l’édile parisien lors de son inauguration… Cela démontre le four en terme de fréquentation globale. Le Nouvel Obs, jamais en mal de servir la soupe à ses camarades et amis, en vient même à faire le service après vente sur le succès du 104 (lire ici).

Live experimental lors de Presence Électronique
Les Qwartz étaient au 104 du 29 au 31 mars 2012

De son côté, la Gaïté Lyrique offre des expos décevantes, son rayonnement international est marginal au vu de son cahier des charges et son auto-financement doit être très délicat. Le Louxor, malgré un chantier de rénovation énorme entrepris depuis plusieurs années, s’écroule, il est assis sur une cathédrale de cavités ! Que dire de la Cité de la Mode et du Design ? Ce bâtiment qui devait être livré il y a 6 ans tient sur la promesse que les marques de mode et de luxe se ruent à Austerlitz ouvrir des boutiques les plus fashion de la terre. Une greffe du Baron, de la boutique Pigalle et autres phénomènes para hipster est en cours. La Philharmonie de Paris est le bouquet de Noël : ce joujou à 400 millions d’euro indispensable à la tranquillité de M Pierre Boulez ne pèsera pas du tout dans les finances. Les 2500 places de cette salle créeront une augmentation des cachets des artistes selon les professionnels et risquent de ne pas être remplies. Peut-être que la Salle Pleyel devra être fermée pour compenser… En tout cas, MM Delanoë et Sarkozy se réjouissent ainsi de laisser une trace éternelle dans l’histoire monumentale de Paris. Vive l’Art !

François Hollande excite les convoitises sur le maroquin du ministère de la Culture. Le Maire de Paris, Aurélie Filipetti, Jérôme Clément et Jean-Jacques Queyranne, entre autres, sont en lice.

Dans une tribune récente, M Queyranne, président de la Région Rhônes-Alpes, et qui a un meilleur bilan que l’édile parisien, donne quelques pistes pour l’avenir. Les 25 régions gérées par des coalitions de gauche a fait que ces collectivités territoriales ont développé leur action culturelle très largement. Dans ce texte, M Queyranne fait sauter les DRAC, ce qui peut être une solution à leur immobilisme et manque de moyen… Cependant, les agents de la fonction publique territoriale courent le risque d’être aussi touchés par le même mal que les agents de la fonction publique : immobilisme, manque de moyen et de compétence face à la technicité des industries et pratiques culturelles contemporaines.

Une petite vidéo politico-potache de Guillaume Fedou

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2 commentaires

  1. Pour ce qui concerne les compétences des agents des collectivités territoriales, c’est méconnaître l’action des structures régionales pour le livre qui ont une connaissance particulièrement fine de leur territoire en matière de librairie et d’édition et, aussi, d’auteurs. C’est aussi méconnaître l’action des Régions en matière de cinéma, notamment Ile-de-France, Aquitaine, Centre et PACA, qui sont je crois exemplaires.
    En revanche, en ce qui concerne les musiques actuelles, je m’avoue incompétent.
    Mais il existe, en Région, dans les structures ou les agences, des professionnels qui sont, je le crois, aptes à occuper, dans le cadre de contrat de projets, les fonctions autrefois dévolues aux DRAC avant qu’on ne les massacre au nom de la « rationalisation » de l’action publique.

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