Conseil pour la Création Artistique

Discours installant le Conseil pour la Création Artistique
Discours installant le Conseil pour la Création Artistique

Nicolas Sarkozy et la culture : un sujet qui peut fâcher à plusieurs titres.

La droite n’aime pas la Culture, avec un grand « Q » ou un grand « C » (au choix), et la Culture n’aime pas la droite. Pourtant, l’échec du projet « Malraux-Lang », terme que j’emploie pour résumer ce grand projet initié par Charles de Gaulle en 1959 avec le passage du Secrétariat des Beaux Arts au Ministère de la Culture est patent. Il y a là aussi une réforme urgente à faire. Le PS et l’UMP sont sûrement d’accord, mais les remèdes à la maladie différent.

Source : fredericmartel.com
Source : fredericmartel.com

Sans parler du financement des annexes 8 et 10 de l’Unedic, concernant les secteurs de la communication/audiovisuelle et du spectacle vivant, le secteur culturel subventionné, l’intervention de l’État dans la création artistique de manière globale, aujourd’hui dépassée par celles des collectivités territoriales, sont autant de sujets qui fâchent tous les acteurs culturels.

Pour le moment, il y a statu quo qui repose encore sur le déficit chronique du budget de l’État et sur le financement par les autres secteurs d’activité (Unedic concernant l’intermittence). Je dirais qu’on mène grand train, malgré les apparences, avec l’explosion de la dette publique chronique de notre pays. C’est une hypothèque en forme d’épée de Damoclès.

Lundi 2 Février 2009, Nicolas Sarkozy nomme un Conseil auprès de lui pour faire des propositions, et non pas un rapport (« surtout pas » dit il) sur la Création Artistique. C’est la « Commission Karmitz » *, du nom de Marin Karmitz, président du Conseil, et qui cause encore quelque émoi chez les « marquis de la Culture ».

Il y a eu déjà de nombreux rapports sur la question, qui n’ont rien donné. Cela n’a rien à voir avec les études qui doivent éclairer l’action gouvernementale, le Département des Études et de la Prospective fait un travail indispensable en la matière.

Après lecture du discours (voir la vidéo), il en sort quelques orientations notables:

– La crise n’altère pas le besoin de Culture:

« J’observe que la crise n’altère pas le besoin de culture, elle le renforce. »

– Protection du droit d’auteur face à Internet:

« Je ne laisserai pas piller les droits d’auteur, parce que derrière les droits d’auteur, derrière la protection de l’œuvre artistique, il y a tout le processus de la création qui est en jeu. »

– Internet est un formidable outil de partage de la Culture:

« Internet pourra devenir enfin un fantastique lieu de création et d’échange, et non une jungle sauvage où il serait permis de piller les œuvres des créateurs. »

– L’éducation artistique dans les lycées et universités:

Comment voulez-vous élargir le public, si dès l’école, dès le lycée et à l’Université, il n’y a pas un lieu pour leur donner la possibilité de découvrir ce qui fera une vie d’adulte épanouie ?

– Aide aux artistes :
« S’il choisit d’aider la création, l’État ne peut pas se retrancher derrière une neutralité commode en estimant que tout est équivalent ».

Pour un réformiste patenté comme N Sarkozy ne pas envisager une nouvelle propriété intellectuelle à l’heure d’Internet est fort dommage.
Cependant, vu le constat négatif que les experts font sur la « Long Tail » de Chris Anderson, comme le note Daniel Kaplan (FING), il est quand même plus prudent de garder le système actuel tout en l’aménageant à la marge et initier un nouveau modèle économique pour les ayant droits. Sarkozy n’est pas contre les artistes qui mettent à disposition gratuitement leurs oeuvres, le Creative Commons est donc reconnu au sommet de l’État !

Quant au « brief » présidentiel, on sent une démarche de révision qui ne peut que faire hurler tout le secteur culturel. Le livre de Frédéric Martel sur la politique culturelle US est un bon bréviaire pour réfléchir à une autre forme de financement de la culture en général et à la place de l’État et des collectivités territoriales dans l’économie culturelle.

Il n’y a pas de date et de process encore définis pour le Conseil pour la Création Artistique.

* Message Grégory Papin : en effet, le fils de Marin n’est pas dans le Conseil. On cherche encore…

Le dossier complet sur le site du Ministère de la Culture.

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Publié par christophe

Associé de Rosa Bonheur - Consultant artistique, communication & web - Chargé de mission à Technopol - Techno Parade

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1 commentaire

  1. merci de ce résumé de cette rencontre si…inquiétante ?

    Notre président affirme que grâce a son travail, « Internet pourra devenir enfin un fantastique lieu de création et d’échange »

    On voit bien là que ce surhomme sans peurs se donne un ambitieux but….
    peut être eût’il fallut se rendre compte qu’avant l’ultra-marchandisation et la proche ultra-judiciarisation, internet ETAIT un fantastique lieu de création et d’échanges…et que, s’il y a une seule mission qui requiert à la fois talent, intelligence et modernisme, ce serait de travailler pour qu’internet RESTE un fantastique lieu de création et d’échange …

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