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Sur le front de la night

Quoi de neuf sur le front de l’hédonisme suintant et de la créativité à paname ? Une pétition qui dépote et qui pousse des pouvoirs publics atteints parfois d’œdèmes fessiers à force de faire les ronds de cuir et à écouter Dalida en boucle (ça, c’est une dédicace à Notre Dame de Paris ;)) et toujours quelques établissements culturels en faillite (le 104) et l’annonce constante de la création d’une Symphonie de Paris tant attendue par notre célérite et attachant Pierre Boulez, jeune homme fringant s’il en est, capable de convaincre les édiles de jeter notre argent dans une merveilleux nid de poule à 400M€.

L’événement est le succès de la pétition Quand La Nuit Meurt en Silence, qui a largement été médiatisée. Le New York Times résume bien la situation en narrant les mésaventures du Zero Zero, que je trouve être le meilleur spot de Paris (gens + musique + bière = succès garanti). Le lieu échappe à une énième fermeture administrative si tout va bien (on prie Sainte Rita encore à cette heure !).

Vue des stickers par http://ramona.typepad.fr/ramona/

La pétition a provoqué une forte énergie fédératrice des professionnels et du public autour des métiers de la nuit, sur les nuisances sonores et elle a mis en lumière une législation mal adaptée, mais aussi les carences, dans une ville comme Paris, du soutien à la nuit par les pouvoirs publics comme enjeux de politique locale et d’attractivité touristique.

À ce sujet, on peut parcourir l’étude sur l’attractivité nocturne de Paris réalisée par l’École de Guerre Économique sur demande de la Chambre Syndicale des Cabarets Artistiques et Discothèques (CSCAD, syndicat le plus représentatif des lieux nocturnes parisiens). Bonne lecture de chevet pour nos amis politiques en panne d’idées sur une des premières industries du pays.

La pétition permet ainsi d’ouvrir un débat de société: le vivre ensemble ! Même la nuit, on peut vivre et travailler ensemble, car, même si tous les chats sont gris, près de 40% des travailleuses-eurs parisiens poussent les wagonnets au fond de la mine entre 20h et 4h du matin… Les signatures (presque 15 000) s’arrêtent ce 31 Janvier 2010 à minuit. N’hésitez pas à faire encore et encore tourner !

Le projet de la pétition est de se porter candidate à la réalisation des États Généraux de la Nuit, séminaire professionnel pour valider une concertation sur des réformes de règlements obsolètes ou mal/pas appliqués et réunir tout le petit monde de la night dans des ateliers thématiques. Le débat dépasse la commune de Paris (105 km2), certaines réformes portent sur des articles de lois s’appliquant à tout le monde (norme de bruit, catégories sur les Établissements Recevant du Public, etc.).

Pour le moment, seule la Ville de Paris a annoncé une journée de séminaire de l’Observatoire des Lieux de Vie et de Diffusion Culturelle, créé à l’occasion de la Charte des Lieux de la Ville en 2004. Ces ateliers de travaillant verront la participation de la Préfecture de Police de Paris, qui est vraiment à la hauteur des enjeux et représente un État muet sur la question.

Notre Ministre de la Culture (& de la Communication) n’a eu qu’une parole blasée et déplacée à France 3 : « ce n’est pas parce que quelques bobos ne savent pas où aller qu’il faut s’inquiéter ! ». Dommage de sa part… Exit aussi la Région Ile de France dont les candidats auront à répondre en vidéo au questionnaire de la pétition.

Et pour ne pas terminer sur note triste, je vous propose de revivre ce grand moment de délicieuse musique revisitée par les Disques En Rotin (label mythique niçois) mis en image par Brice Dellsperger et interprété, entre autres, par Jean-Luc Verna.

Réunion Publique d’Information DFF

Logo Drupal France

Vendredi 20 mars 2009 à 19h, toutes les « shops » Drupal sont conviées à la Cantine, que ce soit les free lances ou les entreprises pour devenir adhérent de l’association Drupal France & Francophonie et partager avec tout le monde un ordre du jour bien chargé.

Ordre du Jour :

– Présentation de l’association:
rappel des objectifs,
présentation du bureau actuel,
liaison avec l’annuaire,
diffusion des statuts

– Enregistrement des adhésions

– Présentation des groupes de travail

– Annonce des prochains évènements:
DrupalCamp à Lyon 28 Mars à Lyon,
DrupalCon à Paris en septembre à Paris.

Les personnes intéressées par le développement de Drupal comme CMS le plus adapté aux contraintes du web actuel et aux valeurs du Libre comme vecteur de l’innovation sont les bienvenues.

Un contact pour en savoir plus (Jean Baptiste Ingold 06 24 78 29 22), deux sites, le groupe France sur Drupal.org et le site créé par Damien Tournoud, président de l’association et le groupe Facebook.

Daniel Caux nous a quittés

Daniel Caux nous a quittés samedi 12 juillet avec un « sourire en coin », nous disent ses proches. Il était adhérent de l’association Technopol depuis la création de la Techno Parade en 1998 et a mené toute sa vie un intense travail de défrichage des musiques les plus avant-gardistes et insoupçonnées, des « musiques du monde » et du mouvement minimaliste américain.

Sa page Wikipedia est un monument, qu’on ne peut résumer sans rapporter toute l’humanité qui l’habitait à chaque instant. Il était philosophe et ne restait pas dans sa tour d’ivoire. Il allait au-devant des autres et passait du temps à discuter avec chacun de nous, comme si c’était la première ou la dernière.

Sans des êtres comme Daniel Caux, la culture resterait une vue de l’esprit et jamais les musiques électroniques n’auraient gagné aussi vite dans notre beau pays, si conservateur sous ses fausses allures révolutionnaires, une quelconque respectabilité.

Dès les années 60, après une première carrière de peintre à l’époque d’Yves Klein, Daniel Caux se lance dans une carrière journalistique (Combat, Le Monde, Nouvel Obs, Art Press…) avant de programmer des concerts évènements dans des lieux artistiques. En plus de 30 ans de programmation, Daniel Caux a permis aux frenchies de découvrir Sun Ra, La Monte Young, Terry Riley, Steve Reich, Philipp Glass, Moondog dans les années 60 et 70, avant d’explorer les musiques du Maghreb. En 2000, il programma une installation sonore de Richie Hawtin dans le cadre de l’exposition évènement La Beauté en Avignon. Il fut directeur musical jusqu’en 2002 de France Culture.

Sa dernière exposition a été consacrée à La Nouvelle-Orléans lors des Journées du Patrimoine de septembre 2006, il réussit à montrer une immense maquette de La Nouvelle-Orléans de l’époque héroïque reconstituée au 1/87 par deux « fous » passionnés par la musique des origines, qui, abandonnée dans un hangar, avait failli passer à l’as.

Il avait offert une prose magnifique pour le Techno Parade Magazine et avait participé à cette parade, comme à la dernière. Depuis le char de tête, Daniel était content de voir les hordes de gamins danser, sans le savoir, sur une musique minimaliste, futuriste et synthétisant à ses yeux, comme aux nôtres, toute une humanité qui n’a pas peur de l’avenir.

Mes pensées vont particulièrement à sa femme, Jacqueline, qui a récemment réalisé un excellent documentaire, « The Cycles of the Mental Machine », sur Detroit et son lien avec les musiques noires, soul et techno.

De Body & Soul à Unighted !

Comment imaginer univers plus contraires que Body & Soul et Unighted ? C’est dans les extrêmes que le monde électronique connaît ses aspects les plus singuliers et c’est par là même qu’aucune homogénéité ne peut exister.

Body & Soul, un concept de soirée que François K, Danny Krivit et Joe Clausell ont ressuscité sur demande d’Arty Farty à la dernière édition du festival les Nuits Sonores, et qui a été pour les amateurs de soulfull un excellent moment. Toute la mystique House était offerte dans le cadre magnifique et futuriste de la piscine du Rhône : du reggae, du disco, du r’n’b, du hip hop, de la deep house, de la house, de la minimale, du rock, etc. mixés et projetés dans les oreilles d’une assistance ultra réceptive. La photo ci dessous montre bien l’ambiance, on y voit le DJ Frank Roger (deuxième personne à partir de la gauche et qui est une de nos valeurs sûres en matière de soulfull en France) s’esbaudir sur le mini piano de Jean Marc…

Donc, voilà, la Piscine du Rhônes est devenu le temps d’une après midi un espace expiatoire de la noirceur du monde grâce à 3 DJs inspirés. Il fallait voir Joe Clausell en trance avec son keffieh sur la tête, il tournait afro beat sur ses sélections de deep house, virevoltant assez garage, avant que Danny parte disco et funk pour que François mette une claque avec un track définitif comme Jaguar ou Ame.

Il en était tout autre au Stade de France avec Unighted by Cathy Guetta, qui a ouvert la soirée à 22h samedi 5 juillet 2008 en débarquant en hélicoptère dans l’arène surchauffée. Comment comparer l’incomparable ? David Guetta explique la démarche artistique dans le numéro d’avril de DJ Mag qui consiste à mélanger des genres différents en un même line up, de la house à la techno en passant par la trance, et promouvoir cette dernière en France. Transformer le Stade de France en discothèque est un véritable exploit, la qualité du son n’était peut être pas au rendez vous pour les clubbers du parterre (le son était pas mal du tout à la tribune officielle !) mais le spectacle vidéo et la fréquentation étaient largement au rendez vous. C’était surtout la première fois qu’un stade était utilisé pour une telle manifestation et en tout cas une des plus grandes capacités jamais atteintes en France pour un évènement électro payant. Le public était constitué de jeunes venus en groupe de toute la France, on était très loin d’un public strictement clubbing ou tecktonic et plus proche de la liesse populaire.

Le pari a été tenu et ce succès est bénéfique pour la scène électronique, même si cela va encore plus distinguer les grosses machines des projets plus qualitatifs et intimistes, mais sans les grosses machines, comment peut on avoir des projets plus pointus ? C’est bien avec l’avènement des free parties et teknivals que la France a été écartée du marché du clubbing et des festivals pendant des années. La fête libre a son rôle, un rôle plus social et idéologique qu’artistique, même si aujourd’hui des artistes de qualité comme Popof se font une nouvelle vie (pour notre plus grand plaisir quand même !). Mais la gratuité a anéanti les espoirs de projets ambitieux avec des artistes internationaux. Unighted remet la pendule à l’heure, merci Cathy !

Je ne suis pas resté toute la nuit, donc je ne peux vous résumer les moments forts des mixes des DJs. Chapeau à Martin Solveig qui a brillamment terminé son mix en chantant lui même un de ces titres. Il faudrait vraiment qu’il développe son live, cela transformerait un peu sa carrière. Je suis tombé sur la video du début de set de Joachim Garraud, qui sait comment parler à la foule.

Prochain rendez vous samedi 4 juillet 2009.