L’IRMA, cette instance née du Centre d’Information du Rock (CIR), publie quelques interviews de dinosaures de la techno, dont je fais partie, sur la Techno Parade et les Rendez-Vous Electroniques.
Pendant ce temps là, David Guetta est devenu le Cerrone des années 2000, car « ça fracasse » !
Ceci dit, David Guetta est un des très rares artistes à avoir été numéro 1 en UK plusieurs fois et a être monté notablement dans les charts US. Sa musique est pop, c’est de la dance musique au sens large du terme, mais quand il mixe, il vire facilement techno.
A l’heure des dispositifs les plus modernes qui permettent de partager sur le web tout et rien de ce qu’on fait, de ce qu’on aime avec ses « amis », il existait une époque où la musique ne se réduisait pas à quelques octets sur un disque dur ou une mémoire Flash. Le cadre du film de Good Morning England est celui d’une Angleterre avant sa déconfiture des années 70, anti libérale et qui interdit les musiques des contre cultures. C’est l’histoire des radios pirates qui émettaient depuis des bateaux en haute mer, comme la célèbre Radio Caroline, et qui inondaient des millions de foyers britanniques (et peut être quelques chanceux français au passage ?).
Bonne musique, comédie rafraîchissante (et un peu facile), mais un bon moment de potacherie, qui n’est pas sans rappeler les pitreries des Suédois de Pirate Bay, qui peuvent très bien partir soit dans l’espace ou dans les mers pour continuer de mettre à disposition sur leurs serveurs toute la musique et les films que les gens aiment.
Les amateurs de fête électroniques et de musique d’avant-garde connaissent peut-être WLA / We Love Art. Fondée en 2004 par Marie Sabot et Eva-Marie Pinon, la structure est conduite par le binôme Marie Sabot et Alexandre Jaillon, ex rédacteur en chef de Trax Magazine. WLA est désormais une société d’organisation de fête et d’évènementiels pour des marques (il faut bien vivre !), et qui se structure avec une équipe dédiée pour aboutir à un festival reflétant les choix de WLA et offrir aux franciliens une forme de festival contemporaine et ambitieuse. On ne peut créer un festival sans prendre en compte ni la crise économique actuelle et sans réflèchir à la catastrophe écologique en cours. Penser à l’environnement ne devrait pas être un luxe pourtant.
Cela fait quelques mois que je collabore avec WLA sur la création du premier festival musiques actuelles et durable en Ile de France : une sélection internationale de lives de qualité, une grosse teuf électro, une scénographie proche du land art, un espace dédié aux associations engagées dans l’environnement, une salle de projection de documentaires et un engagement de réduction de l’impact et de promotion des gestes eco-citoyens. Vaste programme. C’est dans la continuité de l’engagement durable de la Techno Parade en 2007, sur une bonne idée de la directrice Sophie Bernard, et qui m’a permis de les nombreuses contraintes d’une éco production dans le spectacle vivant. C’est une remise en cause totale de la façon de faire.
L’idée du festival était de disposer du Parc Floral de Vincennes pendant trois jours. Cependant, un « bloquage » interne à la Direction des Parcs & Jardins de la Ville de Paris a été rapidement la cause d’un retard tel que le festival est déplacé à 2010. Des solutions techniques existaient pour réaliser le festival malgré les travaux de la halle Eiffel.
We Love Art est une des rares entités suffisamment structurée et passionnée pour envisager de créer un vrai festival francilien. Et pour en démontrer l’impact, voici une vidéo sur We Love Sonique, qui a vu le premier plateau M-nus réalisé en France. Mnus est le label de Richie Hawtin (qui compense ses émissions de CO2) et avait toujours refusé de faire une date en France à cause de la mauvaise réputation des Français. On est suspects d’être bordélique. Il n’a pas tort notre ami Plastikman et Mr Beatport.
Encore Mrs Blythe touch, même si c’est « manga girl » qui lui a fait découvrir cette perle rare de « goth tronic » tout à fait réjouissante, loin des considérations de la Star’Ac.
Cela donne un bon coup dans les oreilles et donne envie de pogoter comme on faisait dans les années…80.
Din A Tod est un groupe teuton du meilleur acabit, mon dieu Deutsche Amerikanische Freundschaft ist da ! Il y a comme un retour bien cold dans la musique, même si les Goths ont toujours été là depuis plus de 20 ans, et je cite IAMX comme autre référence actuelle.
Il y a comme un intérêt certain autour de la jeune artiste La Roux, que David Navas, auteur du blog Dying To Be Dancing et dont on peut voir la photo par Olivier Zahm (Purple Magazine), a identifié comme une artiste à suivre de près. Encore du buzz anglo saxon, certes. Démonstration au Point Éphémère jeudi 23 avril où elle se produisait avec The Juan Mac Lean (DFA) et Who Made Who. Programmée en fin de plateau, comme un bouquet de Noël, la salle remplie de club kidz de la 2e et 3e génération, La Roux a donné un vrai petit concert de synth pop qui n’existerait pas sans les apports d’Erasure, Depeche Mode et de culture rave. Pas encore très à l’aise sur scène, malgré une liste de dates conséquentes sur son MySpace, La Roux, accompagnée d’une acolyte au clavier et de son producteur aux machines, se dandine comme une Kim Wild 20 ans après. C’est très new wave avec des rythmiques qui partent dans le break beat. Elle a un album de prêt, qui sort mi juin chez Polydor (les majors existent encore !), et agite comme il faut sa belle mèche rousse, qui lui a donné son nom.
La veille à Los Angeles, Pedro Winter alias Busy P (Headbangers Records) fêtait son anniversaire. Comme cela se passe partout dans le monde, et même pendant le soulèvement populaire réprimé en Moldavie, des individus bien inspirés partagent ce qu’il voit et filment la soirée. Pendant que LaRoux agite sa mèche à visage découvert en espérant être célèbre, Thomas Bangalter a passé le plus clair de sa carrière artistique à se cacher le visage pour avoir la satisfaction suprême d’être connu pour son talent sans être reconnu. Grâce aux caméras vidéos embarquées, personne ne peut rester anonyme (la prochaine grosse tendance : l’anonymat) et Rue89 le rapporte avec perspicacité dans ses pages.
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