Archives de catégorie : Politique Culturelle

Embrouilles techno ?

Alors que Concrete célèbre une autorisation d’ouverture mensuelle accordée par la Préfecture de Police (voir l’exclu donnée à Trax), d’autres rament pour se faire entendre, ce que nie pas Aurélien Dubois, le boss de Surprize (Concrete, Weather, CSCAD / UMIH, Technopol…), qui clame même dans le Trax 200 consacré à la peur du Front National : « Il faudrait une structure qui regroupe tous les acteurs du milieu ». Question : à quoi sert Technopol – Techno Parade ???

Pendant ce temps, les teufeurs poussent leurs wagonnets au fond de la mine et avancent méthodiquement dans la pure tradition autonomiste et responsable de la Techno et sans crier gare.

Le communiqué envoyé ce genre à la presse est claire : « laissez nous danser ! ». Quand on voit qu’une préfecture publie des photos constatant l’extrême propreté d’un terrain utilisé pour une fête, on ne peut que constater que de l’eau sous les ponts, mais pas sous celui de Technopol, censé défendre les intérêts de tous les acteurs, amateurs, semi pros et pros…

Donc en cette veille printanière, on ira défendre l’utopie techno lors d’une manifestive à Paris, Marseille, Berlin, Dresde ou Montréal. Allez, danseurs de tous les pays, unissez vous !

Le communiqué en cliquant sur l’image

Il faudrait également revenir sur l’excellente étude sur les musiques électroniques de la SACEM, qui ne fait pas l’impasse sur les femmes comme French Waves (sic et re sic), projet transmedia bien réalisé par le jeune Julian Starke de Pains Surprise destiné à la nouvelle élite mondiale.

La Sacem, qui avait reconnu à l’artiste sociétaire un douzième des droits d’exécution publique versés par l’organisateur de la séance où il se produit en accord avec Technopol en 1997, reprend le fil du dialogue 20 ans plus tard grâce à l’entregent de Jean-Noël Tronc. La conférence dans le cadre du Mama était pas mal du tout. Les deux rapporteurs ont bien travaillé, même si les statisticiens de la Sacem ont du jouer les apprentis sorciers pour affirmer que la part de l’électro dans le biz de la Sacem reprèsente 416 M €. Il faudrait y ajouter la partie discographique et streaming pour y voir plus clair. Toutes les études et enquêtes menées pour Technopol pendant mes 14 ans de loyaux services ont démontré une énorme disparité de chiffre d’affaires, de statut juridique et de projet entre les acteurs électroniques. Cela en fait tout l’intérêt. Après tout on ne parle pas de VRP en machines outils…

Notre beau pays a 400 fromages et autant de collectifs électroniques

A l’heure où notre cher Ministère de la Culture déboulonne la présomption de salariat en accordant le bénévolat de l’artiste dans le spectacle vivant (merci la loi la plus damnée du quinquennat de Hollande dite « Création »),

A l’heure où l’article issu du député le plus poutinien de la classe politique (Thierry Mariani), le fameux article 53 de LSQ voté entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2002, continue de ne pas être appliqué,

a l’heure où la politique culturelle va bientôt se résumer au « chapeau » et au « fait du prince », les musiques électroniques peuvent n’être qu’un artefact de plus.

Heureusement, il nous reste la musique. Comme dit si bien Manu Dibango « la musique, on en parle pas, on l’écoute ! ».

Mis à jour mercredi 15 mars 2017

Morosité ambiante à Paris ?

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Un article du Parisien en date du X rapporte la morosité des lieux de nuit parisiens. Alors que la Ville de Paris rechigne à animer l’Observatoire des Lieux de Vie et de Diffusion Culturelle, pourtant cité dans la présentation du PassNuit Parisnightlife, qui va être lancé prochainement, la Préfecture de Police de Paris semble persécuter les exploitants d’après ce fameux article.

Organisateurs électros, manifestez vous !

 

Initiée en 2012 par l’association Technopol, l’enquête auprès des organisateurs électroniques continue avec un formulaire qui permet de se manifester. Vous continuez à vous enregistrer, alors continuons !

Les contacts récoltés permettront d’envoyer un mini questionnaire dans les mois à venir.

Cela pourra servir à une prochaine enquête.

Avec la création du FOUF pour Fédération des Organisateurs Unis dans la Fête des collectifs parisiens, la poursuite du travail de défense de Freeform et de Technopol, l’étude de la Sacem sur « Les musiques électroniques en France » l’organisation d’événements électroniques reste un enjeu de structuration.

Lien formulaire

Manifester & danser pour ses idées

Aujourd’hui samedi 24 septembre 2016, Paris danse sous le soleil. Après la Marche des Fiertés, c’est au tour de la Techno Parade de réveiller le pavé parisien. Malgré les attaques multiples contre nos libertés depuis Charlie Hebdo, on manifeste et danse encore en France. Cela veut dire que cela a du sens. Danser = vivre ! Les deux manifestations ont des points communs et se complètent. Explications.

Une Marche des Fiertés qui a du sens mais qui manque de son

La Marche des Fiertés offrit un panorama des plus engagés, du cortège des trans énervées du STRASS au char des folles étudiantes écolos en peau de mouton au véhicule militaire des cuirettes de l’ASMF, les LGBTI étaient dans la rue. C’était certes dommage qu’au lendemain de l’attentat homophobe à Orlando, une plus grande manifestation de personnalités ne se soit pas exprimée à l’encontre de possibles autres victimes de l’homophobie rampante que nous connaissons à tous les étages de la société.

C’est pourquoi, je tente de lancer une collecte de fond au profit de la lutte contre l’homophobie avec le SNEG & Co, l’Inter LGBT et Radio FG sont OK. Ça avance !

Revenons à nos moutons. Ce qui est bien est que le défilé ait lieu, mais il manque de démarche artistique et d’ambition. Aucun établissement LGBTI n’est visible sur le parcours (même pas Rosa Bonheur qui soutient Lesbotruck), il y a un hic. Ce hic devrait s’estomper si une collaboration vertueuse peut se créer entre les membres du SNEG et les associations du SNEG & Co. Allez, on y croit, rendez vous en 2017.

Choc de la Marche, ce char était en fait celui du tournage du film sur Act Up Paris par les réalisateurs

Choc de la Marche, ce char était en fait celui du tournage d’un film sur Act Up Paris !

Pour un diaporama plus complet, consultez celui de Yagg.

Une Techno Parade pleine de sons mais qui manque de sens



Il fait beau en ce jour de Techno Parade. Elle défile encore avec ses dix chars hardcore, techno, EDM, breton, hollandais et de BDE. C’est un exploit du à la ténacité de Technopol et des pouvoirs publics, qui ont joué le jeu pour que la fête de rue existe et fasse danser Paris. Le dispositif de sécurité mis en place par la Préfecture de Police est efficace, cela réduit le #bingedrinking grâce aux fouilles et cela rassure tout le monde.

Les chars se sont aligné sur le quai haut François Mitterrand (un symbole) face à un Musée du Louvre rayonnant dans ce soleil d’été indien. Deux chars hardcore illustrent l’ancrage dans la culture techno, dont celui du festival Hardshock de Hollande. Bravo au char Breton qui porte brillamment la coiffe bigoudene.

Seuls les ministres Audrey Azoulay et Jack Lang ont fait le déplacement pour soutenir la manifestation et Technopol. La déclaration de la ministre de la Culture & de la Communication est appréciable et affirme le soutien du ministère à l’éco système électronique, qui fera l’objet d’une étude spécifique soutenue par la Sacem et Technopol présentée au Mama le 12 octobre prochain.

La manifestation aurait pu être le moment d’une annonce politique concernant la Jeunesse, thème du quinquennat actuel, sur les « rassemblements festifs ». Ayant tenté d’annuler auprès du Conseil d’État le décret issu de l’amendement Mariani (intégré à la loi Sécurité Quotidienne adopté entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2002), Technopol aurait en toute logique accueilli positivement l’annonce d’un assouplissement de la réglementation en cours de révision actuellement par Freeform (voir ici). Les propos du préfet de l’Aude illustrent le travail de médiation indispensable. Près de 4000 rassemblements ont lieu chaque année selon Freeform sans que la réglementation soit appliquée… Pour les organisateurs électroniques pros, la situation reste parfois délicate, comme l’a démontré les difficultés encontrées par Alter Paname lors de leur événement à Villepintes le 1§ septembre dernier. Sur ce sujet, la conférence sur les collectifs lors de la Paris Electronic Week réalisée par Technopol à la Gaïté Lyrique en amont de la parade est très intéressante. Otto 10 déclare ne rien organiser à Paris, c’est trop compliqué. On peut constater que la Seine Saint-Denis n’est pas simple non plus.

Il y a encore du travail sur le terrain

Il y a encore du travail sur le terrain

On n’arrête pas un peuple qui danse et qui vote.

Une Ecole des DJ paradisiaque

Sur invitation de Pascal Tassy, directeur de l’École des DJ / UCPA, j’ai fait une intervention sur la Techno Parade jeudi 16 juin dernier à l’École des DJ du Normandoux (près de Poitiers) créée par l’UCPA avec le soutien de l’UMIH (1er syndicat en France pour les CHRD). L’intervention portait sur deux sujets : la Techno Parade et les nuits parisiennes. Il était question de faire un témoignage utile pour la quarantaine d’apprentis de l’École pour leur future carrière.

Avec le diaporama extrait de la rubrique historique de technoparade.fr, les apprentis ont écouté avec attention les raisons de la création de la « manifestation festive & revendicative », le mode opératoire en matière technique et administrative et la présentation du Guide du Chariste de l’édition 2016. Les apprentis ont été nombreux à savoir comment réaliser son propre char. Il semblerait que la production d’un char « École des DJs » suscite de l’intérêt et serait un projet excitant pour les quatre promotions des écoles, en effet il y a deux sites pour l’école, Lyon (site historique) et le Normandoux.

La présentation des nuits parisiennes a été illustrée par la présentation réalisée pour la table ronde sur le dynamisme de la scène électronique en Ile de France avec le RIF en septembre 2014. Ce document montre la diversité des « employeurs » potentiels des futurs DJs. Une carrière de DJ se gère désormais au long cours. Avoir des gigs et des résidences à Paris est un rêve pour les apprentis. L’intervention a aussi permis de décrire le support qu’offre le réseau Technopol à ses adhérents et aux DJs en voie de professionnalisation.

Cette intervention a démontré une fois de plus l’intérêt que suscite la Techno Parade encore aujourd’hui dans l’imaginaire collectif. L’école est installée au cœur du domaine hôtelier du Normandoux dirigé par Laurent Lutse, en charge de la Nuit à l’UMIH, qui a vu le potentiel pédagogique d’une telle localisation. L’école est dans un écrin de verdure, les apprentis profitent d’un cadre idéal pour décrocher leur diplôme. C’est presque le paradis.

Article repris par Technopol