** Pierre qui roule n’amasse pas mousse ! **

La blague du portefeuille & la ringardise de la Gay Pride

Posted: juillet 2nd, 2010 | Author: christophe | Filed under: Vie de la cité | 4 Comments »

Dernièrement, je me suis fait un peu allumé lors du débat organisé par les associations LGBT d’HEC et Sciences Po sur le thème « La Gay Pride est-elle devenue ringarde ? » qui réunissait d’éminents spécialistes de la chose, dont l’excellent Louis-Georges Tin que j’écouterai des heures (notons l’absence remarquée de Christophe Girard qui n’en rate pas une). J’ai eu une analyse culturelle de la manifestation, comme l’a fait remarqué une jeune fille dans la salle, comme je pourrai la faire pour la Techno Parade. Il est bien évident que nous, nous les LGBT et autres créatures insensées, avons besoin d’une manifestation de revendication et de visibilité. Il n’en est plus du tout le cas pour la Techno Parade, qui cherche son sens et un public festif et moins agressif, mais cette question mériterait un plateau TV, plusieurs posts ici même et une analyse quantique. Lisez ici cet article sur la Gay Pride de Sébastien Létard. Revenons à la Gay Pride (marque déposée), non à la Marche des Fiertés LGBT…

Elle trouve tout son sens quand un journaliste, prétendument anarchiste et libéré des conventions, en lutte contre son lectorat (le Monsieur travaille de la plume au Figaro), pond un article qui sent la 3e mi temps, celle qui voit glisser le savon dans les douches ou le porte feuille au Rosa Bonheur. Lisez par vous même. Et cela prend encore du sens quand un bolos vous renvoie dans votre « quartier » parce que votre petit copain a sauté sur vos genoux sur la terrasse d’un café de quartier. Nous sommes en 2010, en France, et la Marche des Fiertés n’est pas prête de perdre son sens, malheureusement, et on ne parle pas du reste du monde… L’identité ne serait pas le fruit de l’insulte, comme l’a écrit Didier Eribon ?


La fin des afters ?

Posted: mars 18th, 2010 | Author: christophe | Filed under: Vie de la cité | Tags: , , | 1 Comment »

Martine Boutron (RIP) flanquée de son mari et d'un ami, Le Privilege (Le Palace), Paris. (c) Roxanne Lewit, 1982

À l’occasion d’une tribune d’Éric Labbé et Matthieu Jaussaud parue dans Libération jeudi 11 mars 2010, il est bon de s’interroger sur l’after, cette matinée dansante qui a été une vraie organisation fut un temps, celui des années 90.

Le Privilège, le club plus privé en dessous du Palace, ouvert au début des années 80, a été un des premiers « afters » de paname, en plus d’être restaurant (où VGE avait mis les pieds lors de la campagne présidentielle de 1981). Ce lieu a été magique pour pleins de clubbers qui n’en portaient pas le nom. Auparavant, à la limite mangeait on une soupe aux oignons au petit matin aux Halles avant de se coucher ou de repartir au turbin.

Les années 90 ont vu le zénith des afters, qui ont explosé avec la techno, et dont le lieu ultime fut le Bar LIve à Lattes, et qui a vécu de 2000 au 15 mars 2009.

Alors que les clubs berlinois ouvrent souvent 36 heures, voire 48 heures, comme le font remarquer nos deux tribuns pétitionnaires, la France succombe, comme au XIXe siècle, aux pressions hygiénistes et moralisatrices, choses qui n’ont pas de parti car toute la société préfère penser à ta place (Guillaume Dustan se battait contre l’impossibilité de disposer de son corps). Donc, on ne peut pas danser le matin après 7 heures, mais il est possible de danser ailleurs, chez soi ou dans les bistrots où la diffusion musicale n’est pas encore la chasse gardée des ligues de vertu.


Consensus sur la night en Ile de France ?

Posted: mars 1st, 2010 | Author: christophe | Filed under: Politique Culturelle, Vie de la cité | Tags: , , , , | No Comments »

La pétition Quand La Nuit Meurt En Silence a pris un tournant politique avec l’envoi d’un questionnaire aux principaux candidats des élections régionales en Ile de France : Front de Gauche, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Socialiste/MRC/PRG/MUP, Modem & UMP/NC. C’est le moment des promesses qui ne valent pas très chères et les candidats ne s’en privent pas, une fois de plus. Les questions sont assez simples, et demandent les engagements du candidat pour améliorer les choses tant pour les exploitants que pour les publics des lieux nocturnes. Les exploitants, étant des citoyens comme tout le monde (et pas toujours des amateurs de Scarface en costards blancs, etc.), peuvent peser, comme d’autres lobbys (osons le mot pour une fois), sur le cours des élections et faire valoir leur poids électoral (hypothétique : la fête n’est pas un objet politique…).

Toutes les listes sont, en gros, favorables à :

- Étendre les horaires des transports en commun

- Défendre les lieux culturels et nocturnes

- Créer un conseil permanent des acteurs de la Culture en Ile de France ou mieux aider les artistes (V Pécresse)

Les plus dogmatiques, et droits dans leur botte (en caoutchouc recyclé), sont peut-être Europe Écologie dont les réponses sentent bon l’équité et la tentation de la décroissance : « penser la vie culturelle nocturne comme en concurrence avec d’autres capitales ou villes européennes nous paraît être une chimère qu’on poursuit et qu’on ne rattrape jamais. » Europe Écologie propose un pass transport unique à 65 €, fort décrié par JP Huchon, un système de « discomobiles » relayés par le web et la 3G pour animer des espaces modestes et des minibus type « taxis brousses » pour les déplacements nocturnes et à la demande. Le NPA est quant à lui tout à fait contre des aides publiques à des personnes morales privées et justifie son choix dans les priorités. L’économie du tourisme et de la culture ne figurent pas dans celles ci. On avait compris.

Le plus concret reste Jean-Paul Huchon qui propose une action pour promouvoir le tourisme festif (label « Paris by night »), de démarrer les transports à 4h du matin (cela profite autant à ceux qui sortent tard que ceux qui travaillent tôt) et de créer une « instance régionale de représentations des professions de la Culture » (tiens, aucun lobby culturel n’a pesé sur les élections…).

Les réponses les plus fantasques sont peut être dues à Valérie Pécresse qui veut construire un atelier d’artiste supplémentaire par département (qu’est ce que cela changera ?), créer une plate forme web pour « booster leurs (aux artistes) talents », rappelle le rôle du Noctilien et construire « un grand lieu de diffusion de la culture en Ile de France » (n’y aurait il pas assez de « pierre » dans la politique culturelle et d’argents gâchés en fonctionnement ?).

Les autres réponses ne sont pas toujours dénuées d’intérêt, comme la création de « quartiers musiques » par le candidat Modem Alain Dolium, qui stigmatise le fait que les Franciliens veulent quitter la Région, ou l’élaboration d’un vrai statut du bar musical par le Front de Gauche ainsi que la remise en cause du pouvoir discrétionnaire du Préfet sur les autorisations de nuit (bonne idée !).

Il y a donc des candidats qui s’engagent beaucoup, surtout qui n’ont aucune chance de gagner, un candidat qui modère ses engagements (JP Huchon) et la candidate de l’UMP qui semble apprécier les artistes. Les acteurs de la pétition assument le fait de ne pas avoir posé les questions à tous les candidats, dont le Front National.

CONSULTEZ LES RÉPONSES IN EXTENSO ICI


Video de la conférence de presse

Posted: novembre 23rd, 2009 | Author: christophe | Filed under: Vie de la cité | Tags: , | No Comments »

Logo Controverse

Grâce à la Controverse, la captation de la conférence de presse a pu être possible et démarre une vie dans le cyberspace. D’autres rendez-vous sont programmés, comme une émission de radio en public sur Radio Campus Paris.

Et maintenant la vidéo courte :


Quand la nuit meurt en silence

Posted: novembre 6th, 2009 | Author: christophe | Filed under: Vie de la cité | Tags: , , , , , , | No Comments »

quandlanuit_visuel

La pétition / lettre ouverte demande :

1 – que la législation soit clarifiée, rééquilibrée et remise en adéquation avec la réalité des pratiques culturelles et sociales ;
2 – que les travaux d’isolation phonique des lieux de diffusion soient d’avantage soutenus par des aides publiques pour rendre leur mise en œuvre réaliste ;
3 – que soit prise en compte la voix du public des lieux de vie comme est prise en compte la voix des riverains ;
4 – que soit envisagé un zonage des quartiers festifs pour que soit accordé un statut juridique à ces identités historiques;
5 – que soit réfléchie la mise à disposition de lieux ou de friches pour l’organisation d’événements ponctuels ou l’installation d’infrastructures pérennes ;
6 – que soit réaffirmée en actes, et non seulement en paroles, l’importance pour la culture des lieux de diffusion de proximité ;
7 – que l’ensemble des acteurs institutionnels prennent conscience de l’importance de la vie nocturne (culturellement et économiquement) dans l’essence-même d’une capitale comme Paris et d’une région comme l’Ile-de-France.

Explications :

My Electro Kitchen et Plaqué Or, le disquaire electro kitsch des Halles et l’organisation de teuf tout en contre plaqué, à savoir Éric Labbé et Matthieu Jaussaud, alertent l’opinion publique et les décideurs politiques sur les graves conséquences des pressions que subissent actuellement les lieux de nuit et de diffusion culturelle dans la gestion des problèmes de voisinage et de nuisances sonores.

Ce n’est pas nouveau. Un véritable « bonnet de nuit » s’abat depuis des lustres sur la Capitale, Ville Lumière à jamais éteinte, au grand plaisir de la maréchaussée qui ne fait qu’appliquer la Loi et répondre aux demandes des justiciables, et avec la duplicité passive et induite de la Ville de Paris. La Ville n’a pas réuni le fameux Observatoire des Lieux de Vie et de Diffusion Culturelle depuis 2006, pourtant cette instance informelle a été créée par Christophe Girard comme un lieu de médiation entre les lieux, la Ville et la Préfecture de Police de Paris. Pourtant, la Ville a défendu le Batofar face à la Mairie du 13e et à la Préfecture, qui impliquait le fameux bateau dans une rixe produite à 150 mètres de son établissement… Pour information, la Ville soutient le lancement du site Parisnightlife, réalisé par la CSCAD. Lancement mercredi 18 novembre 2009.

Il y a des demandes qui ne peuvent faire l’unanimité, comme le soutien financier des travaux d’isolation, d’autant plus que certaines fermetures administratives sont plus dues au brouhaha et va et viens des consommateurs d’un lieu à l’extérieur d’un établissement qu’au bruit même d’une diffusion musicale amplifiée.

Quoi qu’il en soit Paris, et d’autres villes comme Nice, Marseille (deux villes sinistrées s’il en est), ne fait pas la différence face à d’autres capitales européennes. Même si Berlin est un vaste bureau du chômage d’artistes et de wanabees en tout genre où l’on mange des kebabs sous GHB (sic), l’attractivité festive de Paris est aussi excitante que le dynamisme d’une huître sous Valium. Paris, ville musée pour retraités chinois qui ne distingue pas la Joconde d’une croûte de la Place du Tertre ? Oui, sans aucun doute, mais il est encore temps de se retirer les deux doigts du c..

La Loco…

Quant à la Loco, l’agitation des salariés face à une faillite commerciale caractérisée, et peut être due à une mauvaise gestion, ne remplira pas les caisses de ce haut lieu du rock, de la new wave, de l’indus et de l’EBM. La manifestation samedi 31 octobre était gentillette, les mots d’ordre ne portaient guère et le soutien populaire n’était pas au rendez-vous. Je compatis, mais c’est tout ce que je peux faire. J’espère que des gens auront la bonne idée d’ouvrir de nouveaux lieux. Le problème est là : tout le monde a peur de se lancer dans un projet ou une entreprise.

Sondage Brain Magazine

Le Magazine en ligne Brain relate la pétition et a réalisé un petit sondage auprès de 104 personnes piochées au hasard du groupe Facebook. Il en ressort une sur représentation de l’électro, mais les graphiques réalisés sont très bien. Merci Crame (l’auteur de l’article).

La presse en parle :

Libération

Les Inrocks

Brain Magazine

Cap24

Slate

Le Monde


Facebook

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La jeunesse est elle encore une valeur d’avenir ?

Posted: août 1st, 2009 | Author: christophe | Filed under: Vie de la cité | Tags: , , | 1 Comment »

rotterdam

Le point de vue de Fabrice Bonniot, ami et secrétaire général de Thnopol, suite au lancement de « Rotterdam, capitale de la jeunesse 2009 ».

Question un brin paradoxale à laquelle on serait tenté d’instinct de répondre par l’affirmative. Pourtant, comment pouvoir être sûr de la réponse dans une époque qui devient chaque jour un peu plus conservatrice ? Deux éléments relayés par les média nous font douter. D’abord, d’un point de vue structurel, le vieillissement des populations européennes en cours tend à faire évoluer les centres d’intérêt vers davantage de confort, voire de conformisme. Ensuite, conjoncturellement, la crise économique actuelle incite les individus et les gouvernements à rechercher davantage de protection, voire de protectionnisme. Tout cela ne sent pas vraiment l’altérité et le questionnement qui sont les caractéristiques d’un esprit « jeune ».

Depuis plus de 10 ans, Technopol produit une Parade de rue musicale et festive qui est devenue le second évènement jeune après la Fête de la Musique. La jeunesse est donc un sujet qui nous (adhérents de Technopol et tecnoïdes patentés) concerne tant dans son mode opératoire que dans ses formes d’expression.

C’est à Paris en 1998 qu’est née la Techno Parade après avoir observé ce qui se passait outre-Rhin au croisement de la création musicale électronique et de la transformation éphémère de l’espace public. Création et transformation, les deux piliers qui, à Berlin puis à Paris, ont révélé les tenants de la Parade, qu’elle soit « Love » ou bien « Techno ». Ce qui comptait, c’est qu’elle soit un spectacle de rue qui challenge pendant quelques heures la ville et ses habitants à travers la découverte et la communion musicale, la reconnaissance de modes d’expression novateurs et la réappropriation du territoire urbain dans la lignée des Situationnistes.

Si les revendications initiales de la Parade, qu’elles soient Love ou bien Techno, semblent s’être un peu dissoutes depuis dans la volonté essentielle de faire la Fête, pour autant il ne s’agit pas de regarder dans le rétroviseur à la manière de « c’était
mieux avant… », mais plutôt de s’interroger sur ce qui peut advenir après…

Après ?… Après avoir regardé vers Berlin il y a plus de 10 ans déjà, il est peut-être temps aujourd’hui d’ôter ses œillères culturelles et d’oser regarder vers d’autres territoires moins médiatiques où la « jeunesse » pose ses marques. Il y a une ville
« jeune » en Europe dont on parle peu et qui pourtant mériterait qu’on s’y intéresse de plus près. Cette ville, c’est Rotterdam. A priori, on s’étonne. En quoi la ville portuaire la plus colossale au monde (ou peut-être la seconde après Shanghai) susciterait notre excitation ? Faut-il être étudiant en architecture pour se pâmer devant les structures osées de Rem Koolhas ? Un trip indispensable aux seuls militants de la cause verte qui voient en Rotterdam l’esprit de la ville éco-citoyenne ? Non. Rotterdam est avant tout cela un réservoir d’énergie qui stimule ceux qui y pénètrent, au-delà de leurs préjugés. A Technopol, nous nous en étions déjà un peu doutés quand en 2007 nous avons décidé de monter un partenariat européen pour associer plusieurs Parades de musiques électroniques, auquel la FFWD Dance Parade de Rotterdam s’est jointe dès le début avec un plaisir non dissimulé.

2009. Une année importante pour Rotterdam qui se décide à afficher ce qu’elle est fondamentalement : une ville jeune et ouverte sur le monde. Un chiffre déjà  : un tiers de la population a moins de 28 ans. Et, un second ; 174 nationalités y
cohabitent ! Deux chiffres qui donnent le coup d’envoi d’un projet évènementiel majeur pour la ville : « Rotterdam, Capitale de la jeunesse en 2009 ». Comment cela ! Vous n’étiez pas au courant qu’il y avait une nouvelle capitale de la jeunesse pour douze mois en Europe ? Normal. Cela n’est pas le fruit d’une décision votée par une institution de l’Union Européenne, mais simplement une initiative lancée par la ville et appuyée par le Forum de la Jeunesse Européenne. YOUR WORLD, c’est le nom de ce projet qui rassemble plusieurs festivals et évènement urbains, petits et grands, sous une même bannière jusqu’à la fin de l’été.

YOUR WORLD, c’est un monde jeune créé et en partie géré par des jeunes qui ont été associés à sa programmation évènementielle. En outre, YOUR LAB, un des ateliers de YOUR WORLD permet à 20 d’entre eux chaque trimestre de monter leur propre projet avec un budget de 2.500 Euros. La participation est en effet une des clés culturelles de Rotterdam. Rien que dans le domaine du DJing, c’est l’effervescence collective. « Ici tout le monde veut apprendre à mixer » nous indique
Mare Straetmans, le directeur de OFF CORSO, un des principaux clubs de la ville qui programme des professionnels renommés au son commercial, tout comme de jeunes talents totalement inconnus. Le lien commun entre les deux ? La grande majorité de ces artistes provient de Rotterdam. « Parce que Rotterdam est une ville d’ouvriers. On travaille dur ici. Les DJs locaux connaissent bien les goûts du public. Ils se donnent sans compter pour offrir une expérience originale qui va au-delà des 2 heures du mix standard qu’un DJ star international se contente souvent de faire. »

L’offre de clubbing à Rotterdam est riche, malgré la proximité avec Amsterdam, car il y a une vraie demande populaire. Trois clubs majeurs sont concentrés dans le centre-ville : OFF CORSO, CATWALK et WATT, sans compter les autres clubs un peu
plus éloignés. En septembre dernier, CLUB CRUISE, un évènement proposé par la ville a rassemblé plusieurs milliers de clubbers (alors que Rotterdam ne compte que 500.000 habitants). Mais CLUB CRUISE, c’est quoi ? Pour y répondre, on pourrait dire que CLUB CRUISE est au clubbing ce que la Fête du Cinéma est au 7ème art en France. Il suffit d’acheter une entrée dans un club et hop, à vous l’accès à toutes les soirées de tous les clubs de la ville le temps d’une soirée ! L’émulation entre les clubs se fait sur la diversité musicale et l’originalité de la programmation. A l’image des deux gros évènements à l’affiche de YOUR WORLD : le festival MOTEL MOZAIQUE qui pour sa huitième édition continue de faire le grand
écart entre les courants alternatifs, et NEW SKOOL RULES, un nouveau projet qui se veut la plus grande rencontre européenne des professionnels du Hip-hop et du R’nB en Europe (un peu à l’image de la MIAMI WINTER CONFERENCE pour les musiques Club).

Diversité et originalité qui sont bien le reflet des métissages locaux. YOUR WORLD, c’est un monde ouvert aux jeunes mais c’est aussi un monde ouvert sur le Monde. Si Paris et Londres sont déjà fort cosmopolites, ce n’est rien en regard de Rotterdam
qui marrie toutes les teintes de peau et de musique au gré des sound-systems. Rotterdam a choisi d’intégrer son environnement multiethnique dans le processus créatif loin de tout cloisonnement ghettoïsant.

La question de l’environnement n’est bien-sûr pas que socioculturelle à Rotterdam. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, alors qu’elle a été très largement détruite par les bombardements en 1945, et qu’il fallait presque tout reconstruire, ses dirigeants ont décidé de donner la priorité à la circulation des marchandises et des hommes avec la création de grandes artères et de vastes plateformes d’échanges. Circulation fluidifiée, à l’image de l’interaction permanente entre les navires
internationaux et les grues du port qui s’affairent à charger et décharger ce qui génère la source économique essentielle de la cité. L’interaction était d’ailleurs le thème de l’édition 2007 du D.E.A.F., le Dutch Electronic Arts Festival qui tous les
deux ans depuis 1995 présente le résultat des travaux du V2 « Institute for unstable medias » autour de l’art, des médias et des technologies à travers une programmation excitante d’ateliers, de séminaires, d’expositions et de performances. L’espace urbain transformé en espace de jeu ? Initié en 2007 sous forme de débat, le concept a été repris par YOUR WORLD qui cet été organisera une compétition de gamers sur des kilomètres de tentes disposées entre Coolsingel et le Pont Erasmus. Un immense réseau éphémère outdoor. L’environnement public traité comme une surface de jeu pour une nuit seulement. Ou comme un bien dont chacun se sentirait un peu responsable en devenant de temps à autre un « green guerillero », un perturbateur des nombreuses friches industrielles qui traversent la ville en fabriquant des « bombes vertes ». Armé d’un ballon gonflable que vous aurez rempli d’un mélange de graines, d’engrais, d’eau et de terreau, il vous suffira de choisir le champ de combat approprié pour y lancer votre grenade verte qui quelques semaines plus tard, selon les aléas météorologiques, aura laissé place ici et là autour des algecos et autres plots de béton à, par exemple, de jolis géraniums rouges.

Ainsi, l’environnement public n’est jamais vraiment figé à Rotterdam. De nouveaux édifices aux formes fantaisistes ou futuristes poussent régulièrement aux côtés d’une église ou d’un quartier historique. Des performances vocales ou théâtrales
insolites s’installent subitement pour quelques heures sur les plateaux d’un immeuble en cours de construction. Un silo agricole en plein cœur de la ville se transforme en contest Hip-hop/Break-dance pour un week-end… C’est l’esprit même du Rotterdamer, qui aime la nouveauté et le recyclage de l’existant. Tout passe, tout se transforme… On a un vague souvenir d’une leçon de philo sur Héraclite et on se dit qu’aujourd’hui, il pourrait vivre à Rotterdam. Le vieux grec à la barbe fleurie aimerait sans doute cet esprit « young-minded » où ce n’est pas tant la jeunesse calendaire qui stimule les initiatives que l’adéquation naturelle des citoyens aux flux énergétiques qui parcourent notre planète. On peut s’en convaincre en observant un peu amusés, les clubbers du WATT sautiller sur le dance-floor « à développement durable » qui recycle leurs vibrations en électricité. Mais on peut aussi longer en bateau les hauts murs de containers multicolores sur les quais du port pour se prendre à rêver d’une ville dynamique tel un enfant qui redistribue ses briques de lego au gré de ses envies démiurgiques. Rotterdam, une ville « instable », structurée par ses activités bien plus que par ses lieux, à l’image d’un esprit jeune qui ne prend rien pour acquis et continue de construire avec le monde tout en encourageant ses propres talents.

En 2010, Turin sera la capitale de la Jeunesse. Le choix de la capitale pour 2011 sera officialisé le 9 mai 2009. On sera bien inspiré d’observer ce que l’initiative lancée par Rotterdam encourage ailleurs pour, peut-être, avec un peu de courage oser
adopter un esprit plus « jeune » chez nous aussi.

Fabrice Bonniot, 2009.


APPEL DU 27 JUIN POUR L’EGALITE, LE RESPECT ET LA CULTURE

Posted: juin 25th, 2009 | Author: christophe | Filed under: Vie de la cité | No Comments »

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À L’INITIATIVE D’ÉLUS DE LA MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE DE PARIS, DE SARKOZYSTES DE GAUCHE, DE RESPONSABLES ASSOCIATIFS ET DE SYMPATHISANTS DE L’ACTION DE NICOLAS SARKOZY.

À l’occasion de la Marche des Fiertés de Paris, samedi 27 juin 2009.

> Exigeons l’égalité de droits entre les individus quelle que soit leur orientation sexuelle. Approfondissons le Pacs et soutenons la position de la France prise à l’initiative du Président de la République aux Nations Unies.

> Engageons-nous contre les discriminations et les violences homophobes, transphobes, etc. dans le Monde en rejoignant l’initiative du créateur José Lévy,  « ENTRÉE PAYANTE ». Cette initiative rappelle que 77 pays pratiquent la discrimination légale et 7 pays punissent de mort les homosexuels.

> Demandons la reprise du soutien effectif de la Ville de Paris au projet abandonné de Fondation de la Mémoire des Homosexualités et proposons la médiation du collectif signant cet appe.

Groupe Facebook

Premiers signataires :

Thierry Coudert, Conseiller de Paris et Président de la Diagonale,
Henri Maurel, Fondateur, Président d’Honneur de Radio FG,
Delphine Burkli, Conseillère d’Arrondissement,
Christian Honoré, Conseiller d’Arrondissement,
Roxane Le Corte, Conseillère d’Arrondissement,
Murielle Schor, Conseillère d’Arrondissement,
Christophe Vix-Gras, ex Président de Technopol – Techno Parade,
Emmanuel Blanc, membre fondateur de Gay Lib,
Fabrice Bonniot, producteur cinéma,
Jean-Marc Bellet Daguin,
Guillaume Arnaud,

Liste non exhaustive.

Pour contribuer à la liste, veuillez écrire à appel27juin (at) vixgras (point) com

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